Le MRAP dénonce une répression "accrue" en pleine visite de Sébastien Lecornu

jeu 16/07/2026 - 17:10

 

Paris, 16 jul 2026 ( SPS ) Alors que le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, effectue un déplacement stratégique à Rabat accompagné d'une dizaine de ministres pour sceller des accords sécuritaires et économiques, la réalité des libertés publiques au Maroc est brutalement rappelée à l'ordre du jour. 

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) tire la sonnette d'alarme suite à l'arrestation, le 12 juillet dernier à Tanger, du journaliste indépendant franco-marocain Ali Lmrabet, déjà contraint à l'exil en Espagne depuis 2015.

Cette interpellation illustre, selon l'organisation, le recours systématique à l'arsenal judiciaire pour museler les voix discordantes, en contradiction flagrante avec les engagements constitutionnels du Royaume.

Au cœur du dispositif de censure, le Code pénal marocain — et particulièrement son article 275 — sert d'instrument pour neutraliser toute critique envers la monarchie ou toute contestation de la position officielle sur la question du Sahara occidental. 

Le MRAP rappelle à cet égard que, malgré le contrôle effectif de Rabat sur le territoire, l'Organisation des Nations Unies maintient le Sahara occidental sur la liste des territoires non autonomes. De plus, l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 1975 a clairement établi l'absence de tout lien de souveraineté territoriale historique entre le Royaume du Maroc et ce territoire, rendant la pénalisation de ce débat contraire au droit international.

Cette politique de verrouillage de l'expression publique touche de plein fouet les journalistes et les universitaires, qu'ils soient marocains, binationaux ou sahraouis. 

Le cas de l'historien Maâti Monjib, interdit de quitter le territoire national, ou encore la condamnation de la militante Zineb El Kharroubi, s'ajoutent à une liste de professionnels des médias poussés à l'exil ou incarcérés. 

Le MRAP souligne le double discours de la diplomatie marocaine, très active à l'ONU sur les questions de sécurité des journalistes, mais engagée en interne dans une répression sévère qui n'épargne aucun dissident politique.

Face à la dégradation de la situation, symbolisée par la grève de la faim entamée depuis 39 jours par le militant sahraoui Naâma Asfari pour exiger le respect des décisions des mécanismes onusiens, le MRAP exhorte le gouvernement français à réagir.

Le mouvement de défense des droits humains appelle instamment Sébastien Lecornu et sa délégation à ne pas sacrifier les valeurs fondamentales sur l'autel des intérêts économiques et sécuritaires. 

Il demande l'intégration immédiate d'un volet contraignant dédié aux droits humains et à la libération des prisonniers d'opinion dans le cadre du dialogue bilatéral franco-marocain. (SPS)

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