Bruxelles (Parlement européen), 04 nov 2026 (SPS) La militante sahraouie des droits de l'homme et présidente de l'instance sahraouie contre l'occupation marocaine (ISACOM), Aminatou Haidar, a affirmé mardi que la question du Sahara occidental constitue un "test décisif" de l'engagement de la communauté internationale à respecter le droit des peuples à l'autodétermination.
Dans ce contexte, Mme Haidar a tenu à rappeler que la dignité et les droits nationaux du peuple sahraoui "ne sont en aucun cas négociables".
S'exprimant devant le Parlement européen à l'occasion de la projection du documentaire Aminatou — qui retrace sa grève de la faim menée à Lanzarote en 2009 pour protester contre son expulsion forcée de la ville occupée d'El Aaiun, Mme Haidar a passé en revue son parcours personnel, qui illustre "les souffrances de tout un peuple confronté à l'occupation, à l'exil et à la répression".
S'agissant des violations dans les territoires occupés, elle a dressé un bilan accablant des violations commises dans les territoires sahraouis occupés, citant les détentions arbitraires, les disparitions forcées, les actes de torture, les restrictions systématiques imposées aux militants des droits de l'homme, aux journalistes et aux observateurs internationaux.
Le pillage persistant des ressources naturelles et l'expansion continue des colonies de peuplement, a ajouté la militante sahraouie dans son témoignage.
Abordant le volet géopolitique, Mme Haidar a mis en garde contre les répercussions des récents développements liés à la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).
Elle a qualifié le non-renouvellement de son mandat de «développement grave», rejetant catégoriquement toute solution de règlement qui contournerait le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Elle a également lancé un appel à l'Union européenne, afin d'assumer ses responsabilités juridiques et politiques pour mettre fin à toute forme de soutien susceptible de perpétuer les violations.
Mme Haidar a enfin appelé le PE à exercer des pressions diplomatiques sur le Maroc, afin de garantir l'accès sans entrave des mécanismes internationaux de surveillance des droits de l'homme aux territoires occupés. (SPS)