Chahid El-Hafedh, 03 nov 2026 (SPS) Les investissements et manœuvres diplomatiques déployés par le Maroc depuis plus de deux décennies pour entraver le droit incontestable du peuple sahraoui à l’autodétermination se sont heurtés à un échec cuisant suite au veto apposé par la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU, a affirmé Mohamed Salem Ould Salek, ministre conseiller aux Affaires diplomatiques à la Présidence et chef de la Commission des relations extérieures auprès du secrétariat national du Front Polisario.
S'exprimant lors d'une interview accordée à la télévision nationale sahraouie, Ould Salek a qualifié les récents développements au sein de l'enceinte onusienne de «victoire majeure pour le peuple sahraoui, la région, l'Afrique et la communauté internationale», soulignant que cette issue réaffirme avec force les principes fondamentaux du droit international et de la Charte des Nations Unies.
Selon M. Ould Salek, la position ferme de Moscou est venue contrecarrer un projet de résolution d'initiative américaine qui menaçait de dévoyer le mandat initial de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).
Lors des délibérations, la diplomatie russe a clairement signifié qu'elle préférait mettre un terme à la présence de la mission plutôt que de la voir opérer en violation des résolutions antérieures de l'ONU et servir de caution à un fait accompli colonial.
Le ministre sahraoui s'est également félicité de la posture de la Chine, rappelant que Beijing a fermement réitéré devant le Conseil qu'aucune instance internationale n'est habilitée à octroyer la souveraineté d'un État sur un territoire tiers, avertissant qu'une telle dérive constituerait un dangereux précédent pour la sécurité et la stabilité mondiales.
Reprenant l'historique du conflit, M. Ould Salek a rappelé que l'acceptation initiale du plan de règlement ONU-OUA par le feu roi Hassan II découlait d'une réalité militaire et diplomatique incontournable, démontrant l'impossibilité pour Rabat d'imposer sa souveraineté par les armes sur le Sahara occidental.
Il a toutefois dénoncé le rôle obstructif joué ultérieurement par le «Groupe des amis du Sahara occidental», dont la protection accordée au Maroc a paralysé la MINURSO dans l'accomplissement de ses trois missions clés : l'organisation du référendum, la protection des droits de l'homme et la cessation du pillage des ressources naturelles.
Démentant catégoriquement les allégations marocaines prétextant un accord préalable avec la Russie, le responsable sahraoui a précisé que la décision de Moscou s'est faite en toute indépendance, réduisant à néant les efforts de normalisation, les incitations financières et le lobbying intensif engagés par le Maroc pour légitimer son occupation.
Réfutant toute notion d'«impasse politique», Mohamed Salem Ould Salek a conclu en affirmant que ce revers diplomatique pour le Maroc insuffle une dynamique nouvelle à la lutte légitime du peuple sahraoui pour son indépendance.
Il a enfin dressé un parallèle direct entre la politique expansionniste marocaine et les régimes coloniaux du passé en Algérie, en Afrique du Sud, en Rhodésie ou au Vietnam, soulignant que l'Histoire a déjà condamné de telles entreprises à l'échec. (SPS)