Justice européenne : Le Front POLISARIO, premier mouvement de libération à faire annuler des accords commerciaux internationaux
Chahid El Hafed, 25 jul 2026 (SPS) Le peuple sahraoui mérite une reconnaissance internationale pour son rôle déterminant dans la défense de l'état de droit international et européen, a déclaré samedi Emmanuel Devers, conseiller juridique du Front POLISARIO devant les juridictions européennes.
S'exprimant lors d'une conférence internationale organisée à Chahid El Hafed par le Groupe de travail aux ressources naturelles, l'avocat a souligné que les actions en justice menées par le POLISARIO contre l'exploitation illégale des ressources du Sahara occidental ont fait de lui le premier mouvement de libération nationale à obtenir des arrêts historiques annulant des accords commerciaux internationaux devant les plus hautes cours de l'Union européenne.
Rendant hommage à la vision des anciens dirigeants sahraouis, Mohamed Abdelaziz et Mhamed Khaddad, ainsi qu'à son père Gilles Devers, l'intervenant a rappelé que l'offensive juridique initiée en 2012 relevait à l'époque d'un pari audacieux face aux institutions de l'UE.
Cette stratégie persévérante a néanmoins porté ses fruits dès l'arrêt fondateur de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) en 2016, lequel a acté le statut distinct et séparé du Sahara occidental vis-à-vis du Maroc, réfutant toute prétention de souveraineté marocaine sur le territoire et posant les jalons d'une jurisprudence sans précédent.
Consolidées par les jugements successifs de 2018, 2021 et 2024, ces victoires judiciaires ont définitivement entériné la capacité juridique du Front POLISARIO à représenter légitimement le peuple sahraoui devant les tribunaux européens.
Selon M. Devers, ces décisions constituent non seulement une protection essentielle des richesses sahraouies, mais établissent également un précédent jurisprudentiel d'une portée universelle pour tous les peuples luttant contre la spoliation de leurs ressources naturelles à travers le monde.
Le conseiller juridique a enfin fustigé l'attitude de la Commission européenne et du Maroc, dénonçant leurs tentatives de prolonger artificiellement l'application d'accords frappés de nullité par la justice.
Il a affirmé que ces contournements et manœuvres juridiques répétés traduisent une défaite juridique implicite pour Rabat et constituent l'aveu le plus flagrant de son absence de souveraineté effective sur le territoire du Sahara occidental. (SPS)