New York (Nations Unies), 29 oct 2026 (SPS) Le représentant du Front Polisario auprès des Nations Unies et coordinateur avec la MINURSO, Sidi Mohamed Omar, a affirmé, mercredi à New York, que les cinq dernières décennies ont démontré sans équivoque l’attachement indéfectible du peuple sahraoui à son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.
S'exprimant lors d'un séminaire de haut niveau sur le Sahara occidental au siège de l'ONU, M. Omar a rappelé que le statut du territoire en tant que territoire non autonome, reconnu par les Nations Unies depuis 1963, établit le cadre juridique international de sa décolonisation, conformément à la résolution 1514 (1960) de l'Assemblée générale et aux autres résolutions pertinentes.
Le diplomate sahraoui a mis en garde contre les efforts déployés par certaines puissances, notamment les États-Unis et la France, pour remodeler le processus de paix en marginalisant le cadre juridique de la décolonisation, avertissant qu'une telle démarche risque de saper le droit international et le droit imprescriptible du peuple sahraoui à décider librement de son avenir.
Commentant le projet de résolution américain sur la MINURSO examiné par le Conseil de sécurité, il a dénoncé un texte constituant «une grave violation du droit international», comportant des dispositions susceptibles de légitimer l'occupation marocaine et de porter atteinte au droit à l'autodétermination.
Il a réaffirmé que ce projet, à moins d'être soumis à des modifications substantielles et significatives, ne saurait servir de base aux discussions, avertissant que le Front Polisario n'aurait d'autre choix que de se retirer du processus de paix si le texte était adopté en l'état.
Réaffirmant l'engagement constant du Front Polisario en faveur d'une paix juste, durable et définitive, M. Omar a exhorté les acteurs internationaux à user de leur influence de manière constructive pour préserver le processus onusien et la stabilité régionale.
Il a rappelé à cet égard que la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité réaffirmait qu'un règlement politique doit être conforme à la Charte des Nations Unies et accepté par les deux parties (Front Polisario et le Maroc), devant garantir l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
S'agissant des pourparlers facilités par l'ONU et les États-Unis avec la participation de l'Algérie et de la Mauritanie en qualité de pays observateurs, le représentant a estimé qu'il était prématuré d'en dresser le bilan, tout en pointant du doigt les sérieux obstacles dressés sur la voie des négociations et le manque de volonté politique manifesté par le Maroc.
Le diplomate sahraoui a rappelé que le plan de règlement ONU-OUA de 1991, accepté par les deux parties, demeure la base pratique et mutuellement convenue pour parachever la décolonisation du territoire, insistant sur le fait qu'une solution pacifique exige de garantir au peuple sahraoui la liberté pleine et démocratique de choisir son destin :
«L’autodétermination signifie que les personnes concernées prennent elles-mêmes la décision, plutôt que de laisser une autre partie décider à leur place», a-t-il conclu.(SPS)