Ivry-sur-Seine (France), 09 oct 2026 (SPS) Le Conseil municipal d’Ivry-sur-Seine a réaffirmé, jeudi soir, son soutien à la cause du peuple sahraoui et aux prisonniers politiques sahraouis, exprimant sa solidarité avec NaâmaAsfari, citoyen d’honneur de la ville et détenu politique sahraoui dans les prisons marocaines.
Présenté par le maire d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou, au nom de la majorité municipale «Front populaire ivryen», cette solidarité intervient en soutient à la grève de la faim menée par Naâma Asfari et huit autres prisonniers Sahraouis du groupe de Gdeim Izik, qui réclament le respect de leurs droits fondamentaux et l’application des engagements pris par l’administration pénitentiaire marocaine.
Le texte de l'initiative a été soumis au vote du Conseil municipal, avec une voix contre, une abstention et trois élus n’ayant pas pris part au vote.
Par cette initiative, la municipalité réaffirme son attachement au droit international, aux résolutions des Nations unies et au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Elle renouvelle également son soutien à la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO), dont le mandat s’inscrit dans la recherche d’une solution durable au conflit.
Le Conseil municipal demande la libération des prisonniers politiques sahraouis détenues arbitrairement en raison de l’exercice pacifique de leurs libertés fondamentales, dont Naâma Asfari, emprisonné au Maroc depuis novembre 2010 et condamné à trente ans de réclusion.
Il convient de rappeller que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, dans son avis n° 23/2023 du 27 mars 2023, a conclu au caractère arbitraire de sa détention et recommandé sa libération immédiate.

La municipalité exprime également sa vive inquiétude face à la dégradation des conditions de détention des prisonniers politiques Sahraouis, notamment en ce qui concerne l’accès aux soins, les visites familiales et les communications avec leurs proches.
Elle souligne que la nouvelle grève de la faim intervient après une précédente mobilisation de 46 jours menée par Naâma Asfari, suspendue à la suite d’un dialogue avec l’administration pénitentiaire marocaine qui avait fait naître des engagements restés sans suite.
Le texte dénonce par ailleurs le transfert de force de NaâmaAsfari vers la prison de Marrakech, le 30 septembre dernier, huit jours après le début de sa grève de la faim, estimant que cette mesure pourrait viser à disperser les détenus et à affaiblir leur mobilisation.
Le Conseil municipal exhorte les autorités compétentes à garantir aux prisonniers politiques Sahraouis des conditions de détention respectueuses de leur dignité et de leurs droits fondamentaux. Il demande également que le droit de visite de Claude Mangin-Asfari, épouse de Naâma Asfari, soit respecté.
En outre, les élus appellent à la poursuite des efforts en faveur d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au Sahara Occidental, conformément au droit international et aux résolutions des Nations unies, afin de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination.

Enfin, le Conseil municipal enjoint au maire d’Ivry-sur-Seine de se rendre sur le lieu de détention de Naâma Asfari afin de témoigner de la solidarité de la ville et de s’enquérir de sa situation ainsi que de ses conditions de détention.
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de l’engagement solidaire de la ville d’Ivry-sur-Seine envers le peuple Sahraoui, notamment à travers le protocole d’amitié conclu avec la daïra de Mijek en novembre 2023 et l’attribution du titre de citoyen d’honneur à Naâma Asfari en 2016.(SPS)