PARIS 28.9.2026 (SPS) — Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes a réaffirmé, à l’issue de sa septième rencontre européenne tenue du 25 au 27 septembre à Paris, son soutien au peuple sahraoui, appelant les organisations syndicales européennes à transformer leur solidarité en « action syndicale, organisation et dénonciation ».
La rencontre a réuni des organisations syndicales de plusieurs pays européens, notamment d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce, de Grande-Bretagne, d’Ukraine et de France, ainsi que des organisations présentes au Brésil, au Sénégal et en Iran. Les représentants de TIE-Allemagne n’ont, pour leur part, pas pu participer à la réunion, étant engagés au même moment dans l’assemblée générale de leur réseau international.
Dans une déclaration consacrée au Sahara occidental, le Réseau exprime sa « solidarité de classe » avec le Peuple Sahraoui, et plus particulièrement avec les travailleurs et travailleuses Sahraouis confrontés, selon le texte, depuis des décennies à « l’occupation, à la répression et au déni de leurs droits ».
Pour les organisations signataires, la question du Sahara occidental revêt également une dimension sociale et syndicale. Elles estiment que la liberté syndicale ne peut être garantie lorsque des personnes qui s’organisent pour défendre les droits de leur peuple et de leur classe sont « persécutées, menacées ou réprimées ». La déclaration appelle ainsi le mouvement ouvrier européen à dénoncer la répression visant les syndicalistes, militants et organisations Sahraouis.
Le Réseau appelle également les syndicats européens à s’opposer à toute tentative de normalisation de la situation au Sahara Occidental et affirme que les intérêts économiques des entreprises et des institutions ne doivent pas primer sur les droits des travailleurs sahraouis. Il demande aussi que l’exploitation des ressources du territoire ne se fasse pas « en marge de la volonté de sa population ».
Dans sa déclaration, le Réseau formule plusieurs appels à l’adresse des organisations syndicales européennes. Il les invite notamment à dénoncer publiquement la répression contre les syndicalistes et travailleurs Sahraouis, à défendre les droits d’association, de réunion et de manifestation ainsi que la liberté syndicale au Sahara Occidental, et à inscrire la solidarité avec le peuple Sahraoui dans l’action syndicale quotidienne et sur les lieux de travail.
Le texte préconise également l’établissement de relations directes et solidaires avec les organisations syndicales et de travailleurs Sahraouis, ainsi que la dénonciation de la participation d’entreprises européennes à des activités économiques qui contribueraient, selon le Réseau, à consolider l’occupation et l’exploitation des ressources du territoire.
Les organisations syndicales réunies à Paris demandent par ailleurs au gouvernement espagnol et aux institutions européennes d’« assumer leurs responsabilités » et de ne plus considérer la question Sahraouie comme une question secondaire.
Dans la dernière partie de la déclaration, le Réseau souligne que la solidarité syndicale ne devrait pas se limiter aux périodes où un conflit bénéficie d’une forte couverture médiatique. Elle devrait, selon lui, faire partie intégrante de la pratique syndicale et d’une conception internationaliste du mouvement ouvrier.
La déclaration établit ainsi un lien entre la question Sahraouie et les enjeux de l’exploitation, de la répression et des inégalités. « Lorsqu’un travailleur est réprimé pour s’être organisé », affirme le texte, le mouvement syndical doit défendre les droits de ceux et celles « qui travaillent et luttent ».
À l’issue de leur rencontre, les organisations membres du Réseau européen de solidarité et de luttes réaffirment enfin leur engagement envers le peuple Sahraoui et ses travailleurs et travailleuses, autour de quatre revendications : la liberté syndicale, les droits des travailleurs Sahraouis, le droit du peuple Sahraoui à décider de son avenir et une solidarité internationaliste se traduisant par « l’organisation et la lutte ».