Neuf prisonniers politiques Sahraouis reprennent leur bataille pour la dignité

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mer 23/09/2026 - 21:48

PARIS, 23 sept 2026 (SPS) – Neuf prisonniers Sahraouis du groupe de Gdeim Izik, dont le militant des droits humains Naâma Asfari, ont entamé mercredi une nouvelle grève de la faim illimitée dans plusieurs prisons marocaines, pour réclamer le respect de leurs droits et l’application des engagements pris à leur égard, a indiqué l’Association française des Amis de la RASD dans un communiqué publié à Paris.

Selon l’association, Naâma Asfari et ses huit camarades, détenus dans les établissements pénitentiaires de Kénitra, Tiflet et Aït Melloul, ont décidé de reprendre leur mouvement de protestation après l’absence, selon elle, de mise en œuvre des engagements annoncés à l’issue de la précédente grève de la faim.

Cette nouvelle action intervient après les 46 jours de grève observés par Naâma Asfari entre juin et juillet 2026. Il avait suspendu son mouvement le 24 juillet dernier, dans le cadre d’un dialogue engagé avec la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), faisant notamment état d’engagements concernant son transfert et celui de ses camarades vers des établissements plus proches de leurs familles.

L’Association des Amis de la RASD affirme toutefois qu’aucun de ces engagements n’a été concrétisé au 23 septembre, notamment en ce qui concerne le rapprochement des prisonniers de leurs familles et leurs conditions de visite et de communication.

Elle fait également état de restrictions concernant l’accès aux soins, aux visites, au téléphone et au courrier, dénonçant ce qu’elle qualifie de « leurre » dans la gestion du dialogue engagé avec l’administration pénitentiaire marocaine.

Les prisonniers Sahraouis inscrivent leur nouvelle mobilisation dans la poursuite de leur « bataille pour la dignité », selon le communiqué, et réaffirment leur rejet de l’occupation du Sahara Occidental, ainsi que leur revendication du droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

« Nous engageons une nouvelle grève de la faim dans le cadre de la poursuite de notre bataille pour la dignité », déclarent les détenus dans le message rapporté par l’association, appelant également à la poursuite de la mobilisation en faveur de leurs droits.

L’Association française des Amis de la RASD rappelle, dans ce contexte, les avis et recommandations de mécanismes des Nations unies concernant la situation des prisonniers du groupe de Gdeim Izik. Elle cite notamment l’avis rendu en 2023 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, ainsi que les décisions du Comité des Nations unies contre la torture concernant Naâma Asfari et d’autres prisonniers Sahraouis.

L’association rappelle également qu’en 2016, le Comité contre la torture avait conclu à des violations de la Convention contre la torture dans le cas de Naâma Asfari, en lien avec les conditions de son arrestation et de sa détention.

L’AARASD a exprimé sa solidarité avec les grévistes et appelle la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et les mécanismes internationaux compétents à intervenir pour que les droits des détenus soient respectés.

Elle estime que la reprise de cette grève de la faim intervient dans un contexte où la question des prisonniers Sahraouis demeure étroitement liée, selon elle, à la question plus large du conflit du Sahara Occidental et à l’exercice du droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

L’Association des Amis de la RASD affirme enfin que la mobilisation autour des prisonniers sahraouis s’est poursuivie au cours des derniers mois en Europe et dans d’autres régions, avec le soutien d’organisations de défense des droits humains et de militants solidaires de la cause sahraouie.

La nouvelle grève de la faim des neuf détenus intervient ainsi après plusieurs semaines de mobilisation autour de la situation de Naâma Asfari et de ses camarades, remettant au premier plan la question de leurs conditions de détention et des engagements annoncés à l’issue de la précédente grève.

SPS

 

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