Perpignan, 28 mai 2026 (SPS) – Le Collectif catalan « Liberté Sahraoui.es », regroupant plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives des Pyrénées-Orientales et de France, a organisé jeudi matin une conférence de presse au Café de la Paix à Perpignan pour dénoncer les activités du groupe agroalimentaire AZURA au Sahara Occidental occupé.
Lors de cette rencontre, les intervenants ont accusé la société AZURA, implantée à Saint-Charles International à Perpignan, de produire et d’importer des tomates cerises cultivées dans la région de Dakhla, au Sahara Occidental occupé par le Maroc, tout en les présentant comme provenant du « sud du Maroc ».
Le collectif a rappelé que « Dakhla est au Sahara occidental, pas au Maroc », soulignant que le territoire Sahraoui est inscrit par l’ONU sur la liste des territoires non autonomes depuis 1963 et qu’il possède un statut « distinct et séparé » du Maroc selon plusieurs décisions de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Les organisateurs ont notamment invoqué les arrêts rendus le 4 octobre 2024 par la CJUE, qui stipulent que toute activité économique concernant les ressources du Sahara Occidental doit obtenir « le consentement libre et authentique du Peuple Sahraoui ». Ils ont également rappelé que la juridiction européenne avait jugé que les produits agricoles provenant du Sahara occidental doivent être étiquetés comme tels et ne peuvent bénéficier des accords commerciaux conclus entre l’Union européenne et le Maroc.
Le collectif a annoncé le lancement d’une pétition publique demandant à AZURA de mettre ses pratiques commerciales en conformité avec le droit international et européen. Parmi les revendications figurent l’arrêt de toute communication assimilant le Sahara Occidental au Maroc, un étiquetage transparent indiquant l’origine Sahraouie des produits, ainsi que la suspension des activités économiques menées sans le consentement du Peuple Sahraoui.
Les intervenants ont également dénoncé ce qu’ils qualifient de « concurrence déloyale » envers les producteurs européens, évoquant des conditions de production reposant sur une main-d’œuvre sous-payée et sur une exploitation intensive des ressources hydriques dans les territoires occupés.
La conférence de presse a aussi mis en cause d’autres entreprises opérant depuis Perpignan et impliquées, selon le collectif, dans l’importation de produits agricoles issus du Sahara Occidental, notamment SOFRUCE et SOPROFEL-IDYL.
Le collectif a enfin salué les actions judiciaires engagées par la Confédération paysanne et la Coordination espagnole des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs (COAG), estimant que les récentes décisions européennes constituent « des avancées importantes vers la reconnaissance du droit du Peuple Sahraoui à l’autodétermination ».
Participaient à cette initiative plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives, parmi lesquelles le Nouveau Parti Anticapitaliste, le Parti communiste français, Les Écologistes, la Ligue des droits de l’Homme, l’Association France Palestine Solidarité, SUD-Solidaires, la CNT, le MRAP, SURVIE, la Confédération paysanne et l’Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique.