Madrid, 17 jan 2026 (SPS) Un nouvel accord entre l'UE et le Maroc incluant le Sahara occidental sera "non seulement juridiquement fragile, mais aussi politiquement irresponsable", a averti la plateforme "N'oubliez pas le Sahara occidental", soulignant qu'"aucune manœuvre juridique ne saurait contourner le principe fondamental établi" par la Cour de justice de l'Union (CJUE), celui de l'absence de souveraineté du Maroc sur ce territoire, classé non autonome par l'ONU depuis 1963.
"La question fondamentale demeure sans réponse : l'Union européenne est-elle prête à assumer les conséquences de ses propres décisions, ou continuera-t-elle de chercher à les contourner ? Tant qu'une réponse claire n'aura pas été apportée, tout nouvel accord avec le Maroc concernant le Sahara occidental sera non seulement juridiquement fragile, mais aussi politiquement irresponsable", a-t-elle écrit en réaction à l'annonce de l'ouverture prochaine de négociations entre l'UE et le Maroc sur un nouvel accord de pêche.
Selon cette plateforme, le feu vert donné, mercredi dernier, par les Etats membres de l'UE à la Commission européenne pour entamer des négociations avec le Maroc en vue d'un nouvel accord de pêche, malgré l'invalidation par la justice européenne des précédents accords conclus avec Rabat, "ouvre la voie à un scénario de risques politiques et juridiques élevés".
"Tout nouvel accord incluant, directement ou indirectement, les eaux du Sahara occidental sans le consentement exprès du peuple sahraoui fera l'objet de nouveaux recours juridiques, vraisemblablement avec la même issue", a-t-elle affirmé.
Elle s'est appuyée, à ce titre, sur l'expérience des dix dernières années qui a démontré qu'"’aucune manœuvre juridique ne saurait contourner le principe fondamental établi par la CJUE : la souveraineté sur le Sahara occidental n'appartient pas au Maroc".
En 2024, la haute juridiction européenne a invalidé les accords de pêche et agricole liant l'UE au Maroc, jugeant que ces accords violaient les droits à l'autodétermination et au consentement du peuple du Sahara occidental.
Dans ses arrêts, la CJUE a réaffirmé un précédent établi depuis 2016 : le Sahara occidental est un territoire "distinct et séparé" du Maroc et aucun accord ne peut s'étendre à ce territoire sans le consentement du peuple sahraoui, représenté par le Front Polisario.
La plateforme a expliqué, en effet, que la réouverture des négociations sur la pêche avec le Maroc n'est "pas une question technique ou sectorielle".
"Elle affecte directement le statut du Sahara occidental, les droits de sa population et le rôle de l'UE en tant qu'acteur se proclamant défenseur de l'ordre international fondé sur des règles", a-t-elle ajouté.
Cette plateforme a estimé que des décisions comme celle-ci "fragilisent davantage la position européenne et renforcent l'impression d'une application à deux vitesses du droit international".
Pour elle, cette nouvelle initiative, "confirme une tendance de plus en plus marquée à Bruxelles : clarté juridique contre ambiguïté politique, voire contradiction pure et simple". (SPS)