Boumerdes, 15 août 2026 (SPS) Les témoignages vivants de militants politiques sahraouis, anciens détenus dans les prisons marocaines, ont révélé les souffrances et les violations dont ils ont été victimes pendant leur détention, ainsi que les pressions exercées sur leurs familles et l'interdiction des visites familiales imposée par l'occupant.
En marge de la 14e édition de l’université d’été des cadres du Front du Polisario et de la République sahraouie, dont les activités ont commencé mercredi dernier et se poursuivent à l'université M'hamed Bougara de Boumerdès, des militants politiques sahraouis ont relaté les traitements inhumains qui les ont privés de leurs droits les plus élémentaires et ont porté atteinte à leur dignité, l'occupation marocaine excellant dans la torture, les insultes et les humiliations tout au long de leur période de détention, durant laquelle leurs familles faisaient également l'objet de pressions et d'interrogatoires.
Dans son témoignage, le militant politique sahraoui Aziz El-Ouahidi, qui a passé dix ans dans les prisons de l'occupant marocain, a rapporté que les souffrances que lui et d'autres détenus sahraouis ont endurées dans les prisons étaient dépourvues de toute humanité, et se traduisaient par "des tortures psychologiques et physiques, des actes d’intimidation et de les terreur, ainsi que par l’interdiction des visites familiales, outre les atteintes à la dignité humaine".
Il a ajouté que le pire traitement qu'un prisonnier subit lors de sa détention est d'être traité comme s'il était "sans valeur, sans dignité et sans humanité'', tout en étant privé de ses droits les plus élémentaires et soumis quotidiennement à la privation de nourriture.
Ces faits ont été corroborés par d’autres anciens détenus politiques, Abdelmouli Al-Hafdhi, El-ber El-Kentani, Zahra Sabahi, Houda Bakka et Guebbal Mohamed Amine, qui ont unanimement affirmé dans leurs témoignages que l'occupant marocain recourt à des méthodes "d’une extrême cruauté et inhumanité", en particulier à l’encontre des militants politiques et des étudiants universitaires, en les traquant, et en inventant de motifs illusoires pour les arrêter, usant des méthodes "les plus dangereuses" et en concoctant des procès-verbaux imaginaires à caractère criminel.
Les intervenants ont également révélé d'autres violations subies quotidiennement par le peuple sahraoui, consistant en des pressions exercées sur les familles des détenus après l'émission de mandats de détention arbitraire, sans le moindre respect des normes des droits de l'homme.
Dans ce cadre, El-ber El-Kentani, Zahra Sabahi, et Houda Bakka ont également fait savoir que l’occupant a recourt au transfert forcé des militants politiques d’une prison à une autre, afin de couper tout contact entre eux.
L'emprisonnement des militants politiques sahraouis se fait dans des conditions "extrêmement précaires, dans des cellules surpeuplées, sans la moindre condition de détention garantissant la dignité humaine, tout en les privant de visites familiales pendant de longues périodes et en refusant de leur délivrer leurs documents administratifs après leur libération'', ont-ils dit.
Selon ces mêmes témoignages, les autorités d'occupation extorquent leurs déclarations sous la contrainte, la torture, et la supervision de personnes "suspectes" appartenant aux différents services de sécurité du régime du Makhzen, qui tentent de semer la discorde parmi eux afin de les diviser et de porter atteinte à l'unité des rangs sahraouis.
Tous les témoignages concordent sur le fait que les détenus politiques sahraouis font fréquemment l'objet d'un nouvel enlèvement après leur mise en liberté. (SPS)