Des données officielles révèlent une substitution démographique majeure dans les territoires occupés
Chahid El-Hafedh, 11 août 2026 (SPS) Les statistiques issues du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) du Haut-Commissariat au Plan (HCP) marocain apportent, à partir des propres données de Rabat, une démonstration chiffrée du changement démographique profond orchestré au Sahara occidental occupé.
Une analyse rigoureuse publiée par le chercheur El Mahfoud Abdelaziz démontre que les chiffres officiels publiés par l'administration marocaine entrent en contradiction directe avec le discours politique de l'occupant et mettent en lumière une politique de peuplement contraire au droit international.
Selon le HCP, la population marocaine s'élevait à 36 828 330 habitants au 1er septembre 2024, parmi lesquels seulement 0,8 % sont identifiés comme locuteurs du hassaniyya. Cette donnée statistique établit à 294 626 le nombre total de locuteurs de cette langue dans l'ensemble du territoire contrôlé par Rabat, y compris le Sahara occidental occupé et les régions du sud du Maroc.
L'étude met en évidence les points majeurs suivants :
Minorisation de la population autochtone : Dans les trois régions administratives couvrant l'espace géographique traditionnel hassani (Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab), qui regroupent 1 117 335 habitants, les locuteurs du hassaniyya ne représentent au maximum que 26,49 % de la population totale, en admettant de façon théorique qu'ils y résident tous.
Effondrement démographique dans le territoire occupé : En ciblant uniquement les deux régions constituant la majeure partie du Sahara occidental occupé (Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab, soit 668 650 habitants), le nombre estimé d'autochtones sahraouis excède à peine 177 000 personnes, réfutant les prédictions officielles marocaines faisant état de plus de 500 000 Sahraouis dans ces zones.
Implications juridiques internationales : Cette minorisation de la population autochtone (représentant moins de 27 % des habitants) constitue une preuve documentaire du transfert de population civile marocaine vers le territoire occupé, en violation explicite de l'article 49 de la IVe Convention de Genève de 1949.
Détournement des ressources et du «développement» : Avec plus de 73,5 % de résidents non autochtones dans ces territoires, les retombées des infrastructures ainsi que la spoliation des ressources naturelles (phosphates, ressources halieutiques) profitent quasi exclusivement aux populations colonisatrices transférées.
En instrumentalisant ses propres outils de planification pour légitimer son emprise, l'appareil d'État marocain a fourni les éléments comptables de sa propre contestation juridique et politique.
Les données du HCP confirment de manière irréfutable la dynamique d'occupation et la modification délibérée de la composition démographique du Sahara occidental. (SPS)