Sahara occidental: "Pas de solution juste sans autodétermination" (médias)

mer 28/01/2026 - 22:37

 

 

 

Madrid, 28 Jan 2026 (SPS) Des avocats et écrivains sahraouis mettent en garde contre les tentatives de soustraire la question du Sahara occidental au champ de la décolonisation et du droit international, affirmant que sans autodétermination et sans le cadre des Nations unies, il n'y a pas de solution juste ni durable.

"Toute déviation, même minime, de la qualification de la question sahraouie comme processus de décolonisation et de sa résolution dans le cadre du droit international et sous l'égide des Nations unies aura de graves conséquences", avertit l'écrivain sahraoui Mohamed Fadel El Hait, dans un article publié sur les réseaux sociaux.

Alors que les Nations unies continuent de qualifier le conflit au Sahara occidental de question de décolonisation, l'occupant marocain intensifie ses efforts pour le présenter comme un "conflit politique régional", relève cet écrivain dans un article intitulé "La question du Sahara occidental: entre décolonisation et solution politique".

Pour El Hait, ce changement "comporte de profondes implications juridiques et politiques".

Selon l'auteur, en droit international, la qualification d'un conflit n'est "pas une simple formalité".

"Sa définition détermine le cadre de sa résolution, les droits reconnus et les mécanismes mis en œuvre pour y mettre fin. Lorsqu'une cause est définie comme un processus de décolonisation, le droit des peuples à l'autodétermination devient un principe fondamental incontournable", explique-t-il.

Il souligne à ce propos, que l'histoire récente montre que modifier la classification d'un conflit n'est "pas un geste neutre", mais un outil politique utilisé à maintes reprises pour "restreindre ou reporter le droit des peuples à l'autodétermination".

"Le débat sur la classification de la question du Sahara occidental n'est pas, comme certains le pensent, un simple exercice sémantique, mais une discussion sur son avenir politique et juridique", insiste-t-il, soutenant que toute initiative présentée comme "mesure pratique" perdra son caractère volontaire si elle est dissociée du "droit fondamental du peuple sahraoui de choisir librement son avenir".

Citant les cas du Timor oriental, de l'Erythrée, de la Namibie et de la Palestine, El Hait affirme que "les causes qui ont su préserver leur définition juridique de processus de décolonisation, même dans les moments de faiblesse, sont celles qui ont le mieux réussi à recouvrer leurs droits par la suite".

Il exhorte, dans ce contexte, les élites sahraouies à "défendre la cause contre toute tentative de la vider de sa substance".

De son côté, l'avocat sahraoui et défenseur des droits de l'homme Mhamed Hali explique, dans un langage clair et juridique, que "toute solution sans le consentement préalable et explicite du peuple sahraoui est illégitime".

Dans un entretien accordé au quotidien espagnol "El Pais", cet avocat établit un lien direct entre les tentatives de modifier la classification du conflit et la détérioration manifeste de la situation des droits humains dans les territoires sahraouis occupés.

Interrogé sur la situation des prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines, Hali, membre de la Ligue pour la protection des prisonniers politiques sahraouis, organisation essentielle pour documenter les arrestations, les conditions de détention et les violations des droits humains dans les territoires occupés, décrit des conditions "inhumaines" : l'isolement, des problèmes de santé et des peines extrêmement sévères qu'ils doivent purger pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.

Le journal présente ces témoignages comme un élément central du récit, soulignant qu'il ne s'agit "pas de cas isolés", mais bien d'un "phénomène récurrent" touchant aussi bien les militants que les étudiants et les manifestants pacifiques. (SPS)

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