Paris, 29 nov 2025 (SPS) Alors que le parlement européen tentait de bloquer l’accord commercial signé par la Commission européenne et le Maroc un mois plus tôt, les organisations de soutien au peuple du Sahara occidental ont marqué leur opposition à ce texte, vendredi 28 novembre, au sein de l’Assemblée nationale à Paris.
Dans ce contexte, mercredi 26 novembre, le parlement européen a tenté de contrer le nouvel accord agricole signé début octobre avec le Maroc. La « motion d’objection » a été rejetée à une voix près malgré une forte majorité en sa faveur, a rapporté le journal Ouest France.
Deux jours plus tard, vendredi, Paris recevait à l’Assemblée nationale la 49e Conférence européenne de soutien au peuple sahraoui (Eucoco). Rencontre avec Oubi Bouchraya, Conseiller à la Présidence sahraouie pour les questions économiques.
S’agissant de la dénonciation des nouveaux accords commerciaux signés début octobre entre la Commission européenne et le Maroc, le diplomate sahraoui a précisé «Tout simplement parce que ces accords ne respectent pas les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et son arrêt du 4 octobre 2024 qui avait annulé les précédents accords ».
Comme ceux-ci, les nouveaux accords violent au moins deux points importants de cette jurisprudence : les produits agricoles en provenance du Sahara occidental doivent être étiquetés comme tels ; et leur exportation par le Maroc doit être soumise au “ consentement explicite ou implicite ” du peuple sahraoui, a-t-il estimé.
L’appellation d’origine «Sahara occidental» étant inacceptable par l’occupant marocain, les négociateurs ont proposé d’adopter deux désignations inédites se rapportant aux régions de Dakhla et Laâyoune [les deux principales villes du territoire]. Mais ces appellations ne sont pas conformes au droit commercial européen qui exige la mention du pays d’origine.
Ce point induit aussi une concurrence déloyale vis-à-vis des producteurs européens [de melons et de tomates cerises en particulier] comme l’estimait la Confédération paysanne en portant le sujet devant la CJUE. Quant au consentement du peuple sahraoui, il est évacué en quelques lignes du préambule où l’on vante les avantages dont bénéficieraient les populations locales du fait du développement économique.
L’arrêt de la CJUE de 2024 est un socle juridique solide pour empêcher toute forme de prédation des ressources du Sahara occidental : produits agricoles et de la mer, énergie, tourisme, phosphates, etc. Nous continuerons à l’utiliser pour nous opposer aux entreprises impliquées dans cette colonisation économique.
La société civile peut aussi nous y aider, comme ce fut le cas avant-hier (mercredi 26 novembre) avec des manifestations dans le sud de la France contre l’importation illégale de tomates cerises par les entreprises Azura et Carrefour. Quant au nouvel accord commercial, il doit bientôt être officiellement transmis au Parlement européen par le Conseil. Et nous pensons que, cette fois, il ne passera pas, a conclu la même source.(SPS)