Les multinationales de production d'énergie doivent quitter "immédiatement" le territoire sahraoui occupé

Bruxelles, 28 nov 2021 (SPS) Les entreprises internationales de production d'énergie implantées dans les territoires sahraouis, doivent quitter le sol sahraoui occupé "immédiatement", exige l'Observatoire "Western Sahara Resource Watch" (WSRW) dans son dernier rapport sur les projets marocains d'énergies renouvelables au Sahara Occidental.

Dans ce rapport, intitulé "Eco-blanchiment de l'occupation",  l'ONG appelle la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et ses Etats parties de "contester les rapports climatiques systématiquement erronés du Maroc", en notant que ce pays, puissance occupante du Sahara occidental, "utilise l'énergie verte pour embellir son occupation".

Estimant que d'ici 2030, "la moitié de l'énergie d'origine éolienne produite par le Maroc pourrait l'être illégalement au Sahara occidental occupé", tandis que sa part d'énergie d'origine solaire "pourrait alors atteindre 32,64 % de sa capacité solaire totale",  WSRW rappelle que ce pays installe, pourtant, ce qui est à ce jour "le plus grand projet énergétique sur des terres occupées".

Il s'agit, selon l'observatoire, d'"un autre pas en avant dans son plan global de construction d'infrastructures controversées sur les terres qu'il occupe illégalement".

L'observatoire demande au gouvernement marocain de "se conformer au droit international et de s'abstenir d'entreprendre des projets d'infrastructure dans un territoire sous occupation, sans le consentement du peuple sahraoui", et de "permettre aux observateurs internationaux, y compris l'ONU et les organisations internationales pour le climat et les droits de l'homme, de se rendre dans le territoire occupée de manière indépendante et sans entrave".

Le Sahara occidental...un eldorado pour l'énergie

 L'énergie produite sur les terres sahraouies occupées "augmente la dépendance du Maroc au territoire qu'il occupe", indique WSRW dans son rapport, soulignant que ces projets "sabotent fondamentalement" les efforts de paix de l'ONU au Sahara occidental visant à permettre l'expression du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.

"L'énergie est utilisée par les industries qui pillent les ressources non renouvelables du territoire et offre des opportunités d'emploi attirant davantage de colons du Maroc. Elle pourra également, à terme, être exportée à l'étranger, y compris vers l'UE", a-t-elle déploré, s'étonnant du fait que ce pays se présente au niveau international comme "le meilleur de sa catégorie en matière d'énergies renouvelables", alors que les Etats "ne sont censés présenter que les efforts entrepris sur leur propre territoire, et non en dehors de leurs frontières".

"Le Maroc passe à l'énergie solaire et éolienne pour répondre à ses besoins énergétiques et réduire sa dépendance aux importations d'énergie", rappelle l'observatoire,  notant qu'au Sahara occidental occupé "le potentiel est énorme".

L'énergie produite par les grands projets solaires et éoliens au Sahara occidental fournit l'énergie nécessaire aux grandes industries, ce qui a des "conséquences dramatiques" pour le peuple sahraoui, relève WSRW.

Présence des entreprises internationales...pas d'arguments valides

 Selon l'ONG, "aucune des entreprises participant à l'industrie des énergies renouvelables à l'intérieur du Sahara occidental, y compris les plus fortement impliquées - la société italienne Enel et l'espagnole Siemens Gamesa - n'a précisé si elle avait même seulement tenté d'obtenir le consentement du peuple du territoire".

Pour elle, "les entreprises internationales utilisent une combinaison d'arguments pour tenter de justifier leurs opérations au Sahara occidental occupé, alors qu'aucun argument n'est valide".

Ces entreprises, poursuit WSRW, "se réfèrent à une prétendue +consultation+ des +parties prenantes+ ou de la ‘population’ locales", ce qu'elle considère comme "exactement la même approche erronée qu'adoptée par la Commission européenne dans ses accords de commerce et de pêche avec le Maroc". (SPS)

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