Sahara occidental: Khadad dénonce la complicité de l'Union européenne

Gonfreville-L'orcher (France), 20 oct 2018 (SPS) Le président des Relations extérieures du Front Polisario et coordinateur avec la mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), M’hamed Khadad, a dénoncé vendredi soir à Gonfreville-L'Orcher, près du Havre, la complicité de l'Union européenne vis-à-vis du conflit du Sahara occidental.

"Oui, complicité de l'Union européenne au nom d'intérêts économiques sordides au Maroc et au Sahara occidental qui ont servi à pérenniser, à ce jour, le conflit avec toutes ses conséquences pour les peuples sahraoui et marocain, pour l'ensemble de la région maghrébine, pour la sécurité et pour les relations euromaghrébines", a-t-il affirmé au cours du colloque sur les ressources naturelles du Sahara occidental organisé par l'Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique.

Pour le responsable du Front Polisario, "nul n'ignore que ce sont les convoitises économiques qui animent avant tout les appétits expansionnistes du Maroc" et pour cause, "le Sahara occidental dispose d'un potentiel économique important".

Il a indiqué que cela fait sept ans que le Front Polisario travaille sur "la reconnaissance de nos droits de peuple souverain" pour que l'Union européenne "se départit de sa position illégale et immorale vis-à-vis du peuple sahraoui" et pour qu'un terme "soit mis à l'exploitation illégale et le pillage par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental qui constitue un obstacle majeur à une solution politique aboutie de la question du Sahara occidental".

M’hamed Khadad a fait remarquer que les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ont confirmé le droit du peuple sahraoui à "protéger et préserver ses intérêts dans les ressources naturelles du Sahara occidental et de ses adjacentes".

"Ces décisions complètent et renforcent les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et lui offre la possibilité de maintenir sa position historiquement sans équivoque, à savoir que le Maroc n'a aucune souveraineté sur le Sahara occidental et donc aucune sur ses ressources naturelles", a-t-il expliqué.

Sur le plan économique, il a ajouté que c'est un message "clair au monde entier" selon lequel l'exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental "sera confrontée à des défis juridiques et à des conséquences concrètes", soulignant qu'à l'avenir, la priorité est d'assurer le respect et la "pleine" mise en œuvre des arrêts de la CJUE, appelant l'UE à respecter les décisions de ses propres institutions, qu'elle fasse respecter le droit international et qu'elle cesse de "se rendre complice" de l'occupation du Sahara occidental par le Maroc. (SPS)

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