L’ACAT dénonce les irrégularités du procès à Rabat des prisonniers sahraouis de Gdeim Izik

Paris, 21 mars 2017 (SPS)  L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) a dénoncé mardi les irrégularités du procès à Rabat (Maroc) des prisonniers sahraouis de Gdeim Izik, le qualifiant de manifestement  inéquitable.

"Le nouveau procès de Naâma et de ses coaccusés de Gdeim Izik s’est ouvert  le 26 décembre 2016. Depuis, les irrégularités s’enchaînent. Les accusés sont interrogés sur la base de leurs aveux signés sous la torture, leurs  avocats sont empêchés de plaider et leurs mémoires de défense rejetés,  entre autres atteintes graves au droit à un procès inéquitable", a rappelé l’ACAT dans un communiqué, soutenant que le procès en appel  en cours est "manifestement inéquitable".

L’association française a dénoncé par ailleurs l’expulsion de Claude  Mangin-Asfari du Maroc alors que son mari  est actuellement jugé par la  Cour d’appel de Rabat au cours d’un procès "manifestement inéquitable, il  est privé du soutien de son épouse".

Pour l’ACAT, ce troisième refoulement de Claude Mangin en quelques mois  est "une énième représaille exercée par le Maroc à l’encontre de Naâma  Asfari, pour le punir de dénoncer sans cesse les violations des droits de l’homme que ses 23 coaccusés et lui subissent depuis leur arrestation et  leur torture en 2010 dans le cadre du démantèlement du camp de Gdeim Izik".

Elle a rappelé qu’en 2014, il a porté plainte devant le Comité des Nations unies contre la torture qui a condamné, dans sa décision rendue le 12 décembre 2016, le Maroc notamment pour avoir torturé Naâma et pour avoir usé de représailles à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de son épouse.

"Loin de ramener le Maroc à la raison, cette décision a accru son courroux. Le Maroc a adressé un courrier au Comité lui annonçant qu’il rejetait absolument sa décision, au mépris de ses engagements internationaux en matière de droits de l’homme", a ajouté l’ACAT, déplorant que la France n’ait pas rappelé aux autorités marocaines leurs obligations au titre du droit international humanitaire qui reconnaît notamment le droit des détenus aux visites familiales.

"Elle (France) ne semble pas non plus avoir envoyé d’observateur au procès  et n’a pas fait de déclaration pour appeler au respect du droit fondamental  à un procès équitable", a ajouté l’association, rappelant que ces trois dernières années, plus de 150 défenseurs des droits de l’homme, avocats, personnalités politiques et journalistes ont été refoulés ou expulsés par  le Maroc en raison de leur intérêt pour la question sahraouie .(SPS)

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