Adala UK dénonce la violation des droits des enfants sahraouis par les autorités marocaines

Londres, 9 jan 2017(SPS) L’organisation britannique de défense des droits de l’Homme au Sahara Occidental a dénoncé lundi la violation des droits des enfants sahraouis par le Maroc dans sa "campagne de punition collective" visant à intimider les jeunes générations du peuple sahraoui.

L’ONG a affirmé dans un communiqué que pendant les trois derniers mois de l’année 2016 qui vient de s’écouler, 24 mineurs sahraouis ont été "détenus, maltraités et torturés" par les forces marocaines dans sa politique recherchant à arrêter toute résistance à son occupation du Sahara Occidental.  

Plusieurs exemples ont été rapportés par l’organisation britannique qui cite des témoins oculaires, et ceux de victimes mêmes, dont la majorité ont été "arrachés violemment" à leur famille, par des forces armées, pendant la nuit ou très tôt le matin, causant "traumatisme et panique" également à leurs proches.

Elle souligne que le 20 novembre dernier, la police marocaine a arrêté trois mineurs, Jamal Salami, Hajoub El Mojahid et El Bashir Babait, à El Aaiun occupée, les a "interrogé et maltraité" avant de prévoir de les présenter devant un tribunal le 25 janvier.

Un autre mineur, Ibrahim Mayara, détenu "arbitrairement" le 26 novembre, est appelé à comparaître devant un tribunal à la fin janvier 2017.

Le 8 décembre dernier, un juge a accordé la liberté conditionnelle à Aziz Afnido, âgé de 15 ans, détenu pour avoir pris part à une manifestation pacifique. Aziz a été interrogé pendant 72 heures et déclaré à Adala UK avoir été "brutalisé" pendant sa garde à vue.

 Hassan Atam, 15 ans également, a été lui aussi arrêté le 30 décembre à 6h du matin, "accusé d’avoir participé à une manifestation et jeté des pierres sur les voitures de police, alors qu’il ne se trouvait même pas dans la région au moment des faits", selon les témoignages de sa famille.

Les détenus sont "souvent torturés", sans être informés de la raison de leur arrestation. Ils  ignorent ou ils sont emmenés et leurs parents ne sont généralement pas autorisés à les accompagner ni à assister à leurs  interrogatoires.

Adala Uk dénonce également le fait que les détenus sahraouis mineurs sont souvent "contraints de signer des aveux écrits en français ou une autre langue qu'ils ne parlent pas".

Elle affirme que depuis la deuxième Intifada en 2005, des centaines d'enfants sahraouis ont été arrêtés, privés de la protection garantie par les traités internationaux des droits de l'homme, signés pourtant par le Maroc.

L’ONG relève que les arrestations des jeunes sahraouis "fait partie d'une campagne de punition collective visant à intimider toute une génération pour la contraindre à cesser toute résistance à l'occupation marocaine ".

 "L'autre objectif est de les recruter comme informateurs», a-t-elle mis en garde.

Dans un précédent rapport adressé à la 28ème sessions du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU le 26 mai 2016, Adala UK avait relevé que 360 cas d'enfants sahraouis avaient subi des maltraitances de la part des autorités marocaines.(SPS)

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