Amnesty international Belgique dénonce la torture au Maroc

Bruxelles, 27 juin 2016 (APS) Une cinquantaine de militants d’Amnesty international Belgique ont sillonné dimanche Bruxelles à vélo pour rejoindre les ambassades de cinq Etats, dont le Maroc, ciblés par la campagne "stop torture" de l’organisation à l’occasion de la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture.

Les militants d’Amnesty international ont déposé dans la boîte aux lettres de l’ambassade du Maroc des signatures en faveur d’individus victimes de torture et tagué les trottoirs devant l’ambassade avec un pochoir "Amnesty is watching you" pour rappeler aux autorités concernées qu'''Amnesty International ne relâche pas sa vigilance et continuera à dénoncer publiquement les actes de torture et de mauvais traitements", a expliqué l’organisation.

"La lutte contre la torture est un combat historique d’Amnesty International. Si plus de 150 Etats ont ratifié la Convention contre la torture, cette pratique reste d’actualité dans deux pays sur trois. Avec cette tournée, nous voulons signaler aux Etats concernés que nous restons sur le qui-vive et que nous ne relâchons pas nos efforts", a déclaré Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International sur le site web de l’organisation.

"Si nous nous réjouissons de ces pas en avant, nous n’oublions pas que des victimes sont toujours derrière les barreaux sans que leurs allégations de torture ne soient prises en compte. C’est notamment le cas du Belgo-marocain Ali Aarass, qui continue de croupir dans sa cellule, au Maroc", a-t-il ajouté.

Dans son rapport 2015/2016, Amnesty international avait déploré que les autorités marocaines n’aient pas fait en sorte que les détenus soient correctement protégés contre la torture et les mauvais traitements, regrettant qu’elles n’aient pas enquêté dans les meilleurs délais sur les allégations de sévices et n’ont pas obligé les responsables présumés à rendre compte de leurs actes.

"Les autorités ont réagi aux allégations de torture contre des responsables marocains formulées devant des tribunaux français et soumises à des organes des Nations unies en inculpant les plaignants de diffamation, entre autres chefs", avait affirmé Amnesty international.

Selon Amnesty, les militants sahraouis qui prônaient l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et dénonçaient les atteintes aux droits humains continuaient également d’être la cible de répression.

La campagne Stop Torture, lancée au niveau mondial en mai 2014, a mobilisé plus de deux millions de personnes à travers le monde. En Belgique, plus de 300 000 signatures ont été récoltées en faveur de victimes de tortures et de mauvais traitements, et remises aux ambassades des pays concernés, dont le royaume du Maroc, selon les données publiées par l’organisation.