Sidati plaide pour la mise en oeuvre de mesures permettant de rétablir la pleine fonctionnalité de la Minurso

Bruxelles, 05 mai 201- ((SPS) Des mesures doivent être rapidement prises pour permettre la pleine mise en £uvre du mandat de la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) et la relance du processus de paix, a plaidé le ministre délégué auprès de l’Europe, Mohamed Sidati.

"Il faut que la Minurso retrouve sa pleine fonctionnalité pour que le processus de paix, actuellement bloqué, puisse être remis sur les rails et pour qu’on puisse s’engager résolument dans l’application des résolutions pertinentes des Nations unies", a déclaré M. Sidati à l’APS.

La résolution 2285 du Conseil de sécurité de l’ONU votée le 30 avril dernier  pour proroger d’un an le mandat de la Minurso, "n’adopte pas un ton suffisamment ferme vis-à-vis du Maroc" qui a expulsé en mars dernier la composante civile de cette mission onusienne de maintien de la paix, a regretté M. Sidati qui a estimé que le Conseil "a manqué à ses obligations" en ratant l’occasion de "contraindre le Maroc à retrouver la voie de la légalité internationale".

L’expulsion de la plupart des membres du personnel civil de la Minurso constitue "un précédent très dangereux" pour d’autres missions de maintien de la paix des Nations unies, a réaffirmé le ministre sahraoui, soulignant que cet acte "fragilise les perspectives d’une solution juste et pacifique au Sahara occidental".

Selon M. Sidati, la politique marocaine est une source de "graves préoccupations" et constitue "une menace réelle pour la paix dans la région". "C’est une attitude qui favorise l’instabilité, l’insécurité pour le Maghreb et pour toute la région.

La situation peut dégénérer à tout moment", a-t-il prévenu.

Il a réitéré son appel au Conseil de sécurité de l’ONU et à la communauté internationale toute entière, à assumer ses responsabilités vis-à-vis du peuple sahraoui, dénonçant  l’attitude "ahurissante" et "stupéfiante" de la France et de l’Espagne qui ont, a-t-il poursuivi, "une grande responsabilité dans la tragédie que vit le peuple sahraoui depuis des décennies".

Déplorant la position de blocage de la France, le ministre sahraoui a estimé que celle-ci ne pourra pas continuer indéfiniment sur cette voie, se félicitant de la prolongation du mandat de la Minurso qui "n’était pas du goût du Maroc".

"Dans quelques semaines, le Maroc doit obtempérer et permettre de rendre la Minurso pleinement opérationnelle à nouveau", a-t-il ajouté, faisant remarquer que les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont insisté sur la nécessité de "rétablir immédiatement la Minurso et de la rétablir dans la plénitude de ses fonctions" même si une fracture existe au sein de cet organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales sur la manière dont peut être réglée la situation au Sahara occidental.

La résolution 2285 (2016) prolongeant le mandat de la Minurso d’un an, a été adoptée par dix membres, le Venezuela et l'Uruguay ont voté contre, alors que la Russie, l'Angola et la Nouvelle Zélande se sont abstenus.

La Minurso qui aurait dû également se voir confier un mandat de surveillance des droits de l’homme dont la situation reste "bien préoccupante", demeure "une revendication essentielle" du peuple sahraoui, a rappelé M. Sidati.

"Le Conseil de sécurité a manqué l’occasion, une nouvelle fois, d’exiger l’extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme et il a ainsi alourdi la responsabilité qui incombe à la communauté internationale pour la résolution du conflit au Sahara occidental", a-t-il estimé, soulignant que le peuple sahraoui fait face actuellement à "une escalade et une dérive répressive menée par le Maroc". (SPS)

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