L'ambassadeur sahraoui en Ethiopie: la décision de Trump, un cadeau empoisonné pour le Maroc

Addis-Abeba ; 20 déc 2020 (SPS) L’ambassadeur sahraoui en Ethiopie et Représentant de la RASD auprès de l'Union africaine (UA), Lamine Abaali, a qualifié la décision du président américain sortant, Donald Trump, de reconnaître la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental de "cadeau empoisonné" pour le Maroc, assurant qu'elle "ne changera rien à la nature politique et juridique du dossier sahraoui en tant que question de décolonisation".

"En quittant la Maison Blanche, Trump avait fait au Maroc un cadeau de fin d'année +empoisonné+ et rendu, par la même, un grand service à Israël en poussant certains pays arabes à la normalisation des relations avec l'entité sioniste", a souligné samedi l'ambassadeur sahraoui dans une déclaration à l'APS.

"Il était prévisible que le Royaume du Maroc soit parmi les pays à normaliser les relations diplomatiques avec Israël en contrepartie de la prétendue reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le territoire de la République arabe sahraouie démocratique (RASD)", a déclaré le  diplomate sahraoui soulignant que la décision de Trump "ne changera rien à l'équation politique ni à l'équation juridique du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination".

Pour M. Abaali cette annonce à la proche de la sortie de Trump de la Maison Blanche, "sert en premier lieu les intérêts d'Israël, mais constitue également une entrave pour l'administration du président élu Joe Biden, qui prendra la tête du pays le mois prochain".

Il a réitéré, dans ce sens, que la décision de Trump "ne changera rien au dossier du Sahara occidental, qui demeure une question de décolonisation, inscrite aux Nations Unies".

L'organisation internationale, a-t-il rappelé, "est tenue au traitement de la question sur cette base en vertu de la résolution 1514, qui garantit l'exercice du droit des peuples à l'autodétermination".

Evoquant, par ailleurs, les réactions à l'annonce du président américain sortant, M. Abaali a relevé qu'elles étaient "claires" de la part de grandes puissances, de partis politiques et de plusieurs Etats dans le monde.

"Cette annonce aussi difficile soit elle pour le dossier sahraoui, ne saurait entamer la détermination du peuple sahraoui à la lutte pour que soient respectés le droit international, les décisions de la légalité internationale et la Charte de l’UA", a-t-il soutenu.

Mettant en avant la position "ferme" de l’UA à l’égard de la démarche de Trump, l’ambassadeur sahraoui a rappelé "la préoccupation" de l’Afrique du Sud, qui préside actuellement l’UA, exprimée à l’issue des derniers développements dans la zone tampon de Guerguerat, à la suite desquels les deux membres de l’UA (Maroc et République sahraouie) ont été appelés à relancer les négociations en vue de mettre en œuvre le Plan de règlement du 6 septembre 1991.

D’ailleurs, l’UA a "demandé à l’ONU, à sa tête le SG, de désigner en urgence un Envoyé onusien pour la cause sahraouie", a-t-il rappelé à ce propos.

"Le Maroc refuse tout rôle à l’UA et entrave tout effort international à même de garantir au peuple sahraoui son droit à l’autodétermination", a relevé l'ambassadeur de la RASD en Ethiopie, ajoutant qu'"il refuse à ce jour le retour des observateurs de l’UA dans les territoires sahraouis". En conclusion, M. Abaali a assuré que "la diplomatie sahraouie poursuivra, au niveau de l’UA, la défense du droit international et des chartes soutenant le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et l’organisation d'un référendum juste et véritable. (SPS)

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