Une parlementaire européenne n'exclut pas "une guerre sanglante" au Sahara occidental

STOKHOLM, 04 Déc 2020 (SPS) Le membre du Parlement européenne (PE), du parti social démocrate suédois, Mme. Jytte Guteland a affirmé que "l'inertie et la passivité de l'Union européenne (UE) devant la décolonisation du Sahara occidental ouvrirait le champ à une autre guerre sanglante".

"Au lieu de s'employer au soutien des efforts visant la décolonisation pacifique tant attendue de la dernière colonie en Afrique, l'UE a tenu à conclure un accord commercial au-dessus de la tête des Sahraouis et contre leur volonté, afin de continuer à exploiter les ressources sahraouies et préserver les intérêts économiques du Maroc dans les territoires occupés", a écrit Mme. Guteland dans une analyse rapportée par l'SPS.

Pour la députée européenne, il est impératif pour l'UE de se prononcer et de défendre le Sahara occidental où le Maroc occupe illégalement de grands territoires depuis 1975, sous les yeux de la Minurso créée en 1991 et qui a échoué durant 29 ans dans sa principale mission, à savoir l'organisation d'un référendum sur l'autodétermination au profit du peuple sahraoui.

Exaspéré contre la violation par le Maroc du cessez-le-feu à El-Guerguerat, Mme. Guteland a avoué avoir transmis, conjointement avec des députés membres du Groupe des amis du Sahara occidental, une correspondance au haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, dans laquelle le groupe a invité l'UE à condamner l'attitude du Maroc et à parvenir à une solution pacifique au conflit, en faisant respecter le droit international et le droit des Sahraouis à l'autodétermination.

Le statu quo au Sahara occidental, précise l'article de la députée socio-démocrate, a nourri davantage la désespérance chez les réfugiés sahraouis qui assistent, depuis 45 ans de conflit, à l'échec du processus politique onusien, 29 ans après son lancement, censé garantir au peuple sahraoui son droit à l'indépendance.

"L'occupation marocaine du Sahara occidental est inadmissible, de même que la blackout sur la violation flagrante du droit international est intolérable, c'est pourquoi, la Commission européenne est appelée à faire respecter les chartes internationales et les droits de l'Homme même avec les pays étroitement liés au plan économique", a-t-elle écrit.

Et d'appeler la Commission à "mettre un terme à la passivité afin d'éviter le danger d'une autre guerre de sang aux abords de l'UE". (SPS)

 

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