Un groupe d'ONG dénonce les violations marocaines contre les journalistes sahraouis

Genève, 30 avr 2020 (SPS) Le Groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits de l’Homme au Sahara occidental a dénoncé jeudi les violations et les arrestations arbitraires commises par les autorités d'occupation marocaines contre les journalistes sahraouis, appelant à l'intervention urgente de l'ONU pour protéger les Sahraouis.

"A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse le 3 mai, le Groupe de Soutien de Genève pour la Protection et la Promotion des Droits de l’Homme au Sahara Occidental dénonce les violations systématiques de la liberté d’opinion et d’expression et les graves infractions aux normes du Droit International humanitaire par la puissance occupante du Territoire non autonome du Sahara occidental, le Royaume du Maroc", a indiqué Groupe de soutien qui regroupe plus de 200 organisations de défense des Droits de l'Homme à travers le monde.

 Le Groupe "dénonce le harcèlement et les arrestations arbitraires de journalistes sahraouis dans le Sahara occidental occupé, ainsi que l’expulsion systématique de journalistes étrangers souhaitant enquêter dans le Territoire non autonome".

Dans ce contexte, souligné le texte, "le Groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits de l’homme au Sahara occidental appelle le Conseil de Sécurité des Nations Unies à inclure un chapitre sur les droits de l’Homme dans le mandat de la Mission de l'ONU pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental (MINURSO)".

Il a appelle également le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à créer un mandat de Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans le Territoire occupé du Sahara occidental.

"Les Rapporteurs spéciaux sur la liberté d’opinion et d’expression, sur la liberté d’association, sur les défenseurs des droits de l’homme, sur le droit à la vie privée, sur la violence contre les femmes, sur la torture, ainsi que le Groupe de travail sur les disparitions forcées et le Groupe de travail sur la détention arbitraire à accorder une attention particulière, dans le cadre de leur mandats respectifs, aux violations des droits de l’homme commises par la Puissance occupante contre les journalistes au Sahara occidental", a soutenu le Groupe de Soutien dans son communiqué.

== Les pratiques marocaines dénoncées ==

Le Département d'Etat américain a noté, dans son rapport annuel (2019) sur la situation des droits de l'Homme dans le monde que selon le rapport du Secrétaire général de l'ONU d'avril 2019, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme (HCDH) a continué à recevoir des communications d'avocats, de membres de famille des Sahraouis arrêtés lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, ajoutant que plusieurs ont été soumis à la torture, à une mise à l'isolement prolongée et à d'autres mauvais traitements.

"Le rapport d'octobre du Secrétaire général de l'ONU sur le Sahara occidental a noté que le HCDH avait reçu des informations faisant état de violations des droits de l'Homme perpétrées contre des Sahraouis, y compris des détentions arbitraires", a souligné le Département américain.

En outre, le rapport du Département d'Etat américain a appelé à l'ouverture d'une enquête pour condamner les personnes impliquées dans des violations des droits de l'Homme dans les zones occupées du Sahara occidental, soulignant que l'absence d'enquêtes et de poursuites contre les personnes impliquées dans ces violations a contribué à l'expansion de l'impunité.

Par ailleurs, dans son rapport annuel de 2019 sur les droits de l'Homme présenté au mois de janvier dernier, l’ONG américaine de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, a enregistré "la détention continue de 23 Sahraouis par le Maroc après avoir été condamnés à la suite de procès inéquitables en 2013 et 2017 sur la base d'aveux forcés, sans enquête sur leur torture physique dans les postes de police et de la gendarmerie, après les affrontements qui avaient éclaté suite au démantèlement violent et sanglant par les autorités marocaines du camp de la dignité, Gdeim Izik, près d'El-Ayoun occupée, en 2010". (SPS)

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