L’ONU exige le démantèlement d’un mur de sable construit par le Maroc en violation de l’accord militaire N 1

New York, 3 avr 2019 (SPS) L’ONU a dénoncé la construction par le Maroc d’un nouveau mur de sable près du territoire sahraoui occupé de Mahbes qu’elle a qualifié de "violation majeure" de l’accord militaire N 1, exigeant le démantèlement de cette barrière ainsi que tous les postes militaires déployés par l'armée marocaine dans les zones restreintes.

"L’armée royale du Maroc a construit un nouveau mur de sable près de Mahbes, qui s'étend actuellement sur 80,26 km du nord au sud, parallèlement au mur existant. Il s’agit d’une violation majeure de l'accord militaire n 1", écrit le SG de l’ONU, Antonio Guterres dans son rapport préliminaire sur la situation au Sahara occidental, transmis au Conseil de sécurité.

Ce double accord signé par le Front Polisario en 1997 et par le Maroc en 1998, régit les relations des deux parties au conflit avec la Minurso et définit la zone démilitarisée ainsi que la présence des forces sahraouies et marocaines à l’ouest et à l’est du mur.

A la demande de la Minurso qui a constaté la violation, le Maroc a arrêté les travaux de construction mais garde toujours cette barrière opérationnelle en déployant quatre soldats désarmés dans chacune des quatre portes que comporte ce mur de sable, précise l’ONU.

L’armée royale marocaine continue de contester l’évaluation de la Minurso et n’a pas donné suite à la demande de la mission onusienne d’arrêter l’opérationnalisation de cette nouvelle barrière, regrette l’ONU.

Les observateurs militaires de la Minurso ont également découvert un troisième mur de sable de 30 KM de long, érigé par le Maroc près d’Aousserd, parallèlement au mur de sable existant.

Le Maroc a en effet exploité l’autorisation accordée par la Minurso en décembre 2018 pour effectuer des travaux de maintenance sur l’ancien mur de sable pour construire une nouvelle barrière.

"Comme il s’agit d'un élargissement significatif, plutôt que du maintien prévu par l'accord militaire n 1, le nouveau mur a été déclaré le 20 février comme une violation" de l'accord, explique l’ONU.

--Le Maroc fait la sourde oreille à l’ONU --

Au cours de la période couverte par le rapport, la mission onusienne a découvert 16 postes de l’armée marocaine déployés dans une zone restreinte,  à environ 15 KM du mur de sable de Bir Gandouz.

Pour rappel, les zones restreintes sont soumises à plusieurs restrictions,  relatives notamment aux activités et au renforcement des infrastructures militaires.

Le constat de la Minurso porte à 29 le nombre total de nouveaux postes découverts à ce jour dans la région, alors que 38 autres postes de l'armée royale du Maroc ont été découverts dans deux régions distinctes près d'Oum Dreyga, situé également dans une zone restreinte, selon le rapport.

Le groupe de travail sur les violations a déclaré que chacun de ces postes constituait une violation de l'accord militaire n 1, souligne le SG de l’ONU, précisant que ces violations ont été à maintes reprises portées à l’attention de l’armée marocaine.

Le 16 janvier dernier le commandant de la force de la Minurso a de nouveau soulevé  ces violations lors d’une rencontre avec le commandant de la zone sud, le général Belkhir El Farouk.

"Le commandant de la force a réitéré la demande de la Minurso de démanteler le mur de sable de Mahbès et les nouveaux postes d’observation de Bir Gandouz et d’Oum Dreyga, pour rétablir la situation antérieure", ajoute le chef de l’ONU. Il a également insisté sur l’arrêt de tous les projets de construction de postes d'observation.

"Les efforts déployés par mon représentant spécial pour convaincre le Maroc de mettre fin à ces violations n’ont pas pour l’instant porté leurs fruits", rapporte le chef de l’ONU.

Le Maroc, aidé par la France, ont poussé insidieusement l’année dernière à réviser l’accord militaire n 1, en s’adonnant à une campagne belliciste dirigée contre le Front Polisario, dont l’objectif final est de remettre en cause le cessez-le-feu observé depuis 1991. (SPS)

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