Conférence de solidarité de la SADC : les participants appellent au respect du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui

Pretoria, 25 mars 2019 (SPS)  Les participants à la conférence de solidarité de la Communauté développement de l'Afrique australe (SADC) avec le Sahara occidental occupé, ont été unanimes, lundi à Pretoria, à défendre le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, appelant la communauté internationale à faire pression sur le Maroc pour qu’il respecte les résolutions des Nations unies.

Des ministres des Etats membres de la SADC intervenants lundi lors de la première journée des travaux de la conférence ont appelé la communauté internationale à mettre fin aux souffrances du peuple sahraoui et à soutenir son droit inaliénable à l’autodétermination, soutenant que l’Afrique ne peut pas être stable et paisible sans que le Sahara occidental n’accède à son indépendance.

Dans ce contexte, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Lindiwe Sisulu a déclaré lors de son allocution de bienvenue que la question sahraouie est une "cause noble", rappelant que 28 ans après le cessez-le-feu avec l’occupant marocain les Sahraouis attendent toujours le référendum d'autodétermination prévu par les résolutions des Nations Unies.

Affirmant que le temps est venu pour "franchir cette situation qui n’a que trop duré", la chef de la diplomatie sud-africaine a souligné que "ce que demande le peuple sahraoui n'est pas impossible".

"Nous sommes, ici, pour veiller à ce que les Sahraouis aient le droit de choisir leur avenir", a fait savoir Mme Sisulu, avant d’ajouter que "la plupart des pays africains ont atteint leur liberté grâce à la solidarité des autres pays".

Dans le même esprit, la Vice-première ministre et ministre des Affaires étrangères de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, a indiqué qu’il est temps que les Etats africains se mettent ensemble pour aider et soutenir le peuple sahraoui à accéder à son droit à l’autodétermination et que cesse l’occupation marocaine de ce territoire. Appuyant les efforts menés par l’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Kohler, Mme Nandi-Ndaitwah, qui est également présidente du conseil de la SADC, a déploré la situation "dramatique" dans laquelle vivent les Sahraouis dans les camps de réfugiés.

=== Appel à l’ONU et à l’UA d’assumer leurs responsabilités ===

 Le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, tout en saluant l’initiative de la SADC d’organiser cette conférence de solidarité avec le peuple sahraoui dans le pays de Nelson Mandela, dirigeant historique de l’Afrique du Sud, a affirmé que l’Afrique australe a démontré son attachement aux principes fondateurs de l’UA.

"Cette initiative intervient dans un contexte crucial. La décolonisation de l’Afrique reste inachevée tant que le Sahara occidental occupé n’a pas encore exercé son droit à l’autodétermination tel qu’il avait été prévu par les résolutions des Nations unies", a mis en exergue, à l’occasion, M. Ould Salek.

Lors de son intervention, le chef de la diplomatie sahraouie a dénoncé l’occupation marocaine des territoires sahraouis, précisant que le Makhzen fait fi de toutes les résolutions et textes adoptées par l’ONU sur la question sahraouie.

"28 ans après l’accord de cessez-le-feu, la frustration du peuple sahraoui est toujours là. Nous croyons qu’il est temps que l’Union africaine assume ses responsabilités pour que le Maroc mette fin à l’occupation et cesse l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental", a relevé, en outre, le ministre.

Dans le même ordre d’idées, l’ancien président du Nigéria, Olesegun Obasanjo, a appelé l’Union africaine à mettre en place un "programme spécial et régulier" pour soutenir le droit à l’autodétermination du Sahara occidental. A ce propos, il a estimé qu’il est nécessaire d’établir des rapports périodiques sur l’évolution du dossier sahraoui, considérant que l'adhésion du Maroc à l’organisation panafricaine devrait être exploitée par les Etats membres afin que le royaume respecte les décisions prises par l’ONU pour la résolution du conflit au Sahara occidental. (SPS)

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