Les entreprises activant au Sahara occidental doivent négocier avec le Front Polisario ou partir

Gonfreville-L'orcher (France), 20 oct 2018 (SPS) L'avocat du Front Polisario, Gilles Devers, a averti samedi à Gonfreville-L'Orcher, près du Havre (France), que les entreprises européennes activant sur le territoire du Sahara occidental, doivent dorénavant choisir entre négocier avec le Front Polisario ou cesser leurs activités et partir.

"Désormais, depuis les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), les entreprises européennes activant sur le territoire du Sahara occidental, doivent soit négocier avec le représentant légitime du peuple sahraoui, le Front Polisario, ou cesser leurs activités et partir", a-t-il insisté lors de son intervention au colloque international sur les ressources naturelles du Sahara occidental qui doit clôture samedi soir ses travaux.

Après avoir expliqué, qu'avec ses deux arrêts de justice, le droit international est passé au droit européen, l'avocat a rappelé leurs importantes décisions, à savoir le Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts, le Maroc ne jouit d'aucune souveraineté sur le territoire du Sahara occidental, la présence du Maroc au Sahara occidental est une occupation militaire, donc une zone de guerre et le peuple sahraoui est le seul à pouvoir bénéficier de ses ressources naturelles.

"Rien ne peut se faire sur ce territoire sans le consentement du peuple  sahraoui, à travers son représentant légitime, le Front Polisario", a souligné l'avocat, considérant les deux arrêts de la CJUE de "tremblement de terre" qui va ébranler l'édifice européen avec leur application tôt ou tard.

Cependant, il a reconnu qu'il y a encore "du chemin à faire" et que la bataille "n'est pas encore terminée", même si ces arrêts sont un "acquis" et tous les Etats européens sont tenus d'appliquer.

"Nous sommes en pleine bataille. Des pays, comme la France et l'Espagne, tentent de trouver des interprétations juridiques pour contourner arrêts au profit des accords passés par l'UE et le Maroc", a-t-il précisé, ironisant que ces pays "veulent appliquer des accords signés avec un pays sur un autre territoire que ce pays".

"On veut nous dire qu'un accord signé avec l'Espagne peut s'appliquer en Italie", a-t-il ajouté pour montrer "l'aberration" d'une telle tentative pour "chercher le fruit d'un crime de colonisation". Il a indiqué, dans ce sens, que l'idée est "soufflée" par le commissaire européen Pierre Moscovici et sa troupe.

L'autre avocat français Joseph Breham a précisé dans son intervention que le Code pénal français permet à un citoyen français, d'origine sahraouie, de procéder à un recours au niveau des tribunaux français lorsqu'il s'agit d'un problème de droit humanitaire et de pillage des ressources naturelles par une entreprise de droit français, d'autant, a-t-il poursuivi, que les entreprises françaises "savent que le peuple sahraoui n'est pas consentant de leurs activités sur le territoire du Sahara occidental qui permettent à la puissance occupante, le Maroc, à bénéficier des fruits de ce pillage".

Au début des travaux de la matinée, les participants au colloque ont eu  droit à une synthèse des recherches d'universitaires qui ont essayé de montrer, sur la base des informations en leur possession, les immenses potentialités naturelles et économiques d'un territoire, dont le relief n'est pas accidenté.

Le géologue Moisès Ponse de Léon (Université de Rennes) a affirmé que le territoire du Sahara occidental renferme des ressources hydriques pour une durée de 150.000 ans, selon une étude établie en 2018.

Pour sa part, le géologue Lahbib Mayen Saleh (Université de Barcelone) a étalé dans son intervention les ressources minières du Sahara occidental entre leur exploitation et protection.

Le colloque, organisé par l'Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD) devra terminé ce soir ses travaux avec une déclaration finale qui sera présentée à la prochaine réunion de l'EUCOCO qui se tiendra en novembre à Madrid. (SPS)

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