Sahara occidetnal: La MINURSO doit surveiller et protéger les droits de l’homme (député espagnol)

Madrid, 5 avr 2018(SPS) Les prérogatives de la Mission de l'Onu pour  l'organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) doivent être étendues à la protection et à la défense des droits de l’homme de la  population sahraouie, a souligné le député espagnol, Enric Bataller, après  son retour d’un voyage officiel aux camps des réfugiés sahraouis avec des parlementaires de divers groupes politiques.

Enric Bataller a indiqué que durant son séjour dans les camps des réfugiés  sahraouis, il a été informé par le Comité national sahraoui des droits de  l’homme de la grave situation des prisonniers politiques, du manque de  garanties des procès et de nombreux autres cas de répression quotidienne  subie par la population vivant dans le territoire occupé.

"Nous demandons au gouvernement espagnol d’œuvrer auprès des Nations unies  pour l’élargissement des compétences de la Minurso et en particulier à la  défense des droits de l’homme de la population sahraouie", a-t-il souligné,  avant d’ajouter que "le Maroc contrôle arbitrairement l’accès aux  territoires sahraouis occupés alors que de nombreuses procédures judiciaires sont en cours contre des activistes sahraouis, y compris le  procès de plusieurs étudiants, et pour ce faire, L'UE doit exiger la  présence d'observateurs internationaux pour obliger le Maroc à  se conformer  au droit international", a-t-il réaffirmé.

Par ailleurs, le député du parti Compromis, a souligné que "le peuple  sahraoui doit reprendre le contrôle de ses ressources naturelles".

Récemment, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a jugé que  l'accord de pêche entre l’UE et le Maroc ne s’applique pas au Sahara  occidental et aux eaux y adjacentes, ce qui "devrait en principe être le  début de la fin d’une longue période de pillage impunie des ressources  sahraouies".

Le Maroc, a-t-il poursuivi n'"a aucun droit lui permettant d’occuper le  Sahara occidental et d’exploiter ses ressources naturelles". Cette  situation, explique le député espagnol, a "ses antécédents dans les accords  de Madrid de 1975, qui n’est pas valable au niveau international car les  Nations unies ont toujours considéré le Sahara occidental comme un  territoire en attente de décolonisation".

Le député de Compromis a également plaidé pour l’augmentation de l’aide  humanitaire internationale, destinée aux réfugiés sahraouis, qui a  sensiblement diminué au cours de ces dernières années. "Cette réduction  compromet  tous les programmes d’aide au développement", a-t-i précisé.

Enric Bataller a enfin estimé important que l’Etat espagnol entame des  négociations avec les représentants légitimes de la République arabe  sahraouie démocratique (RASD) afin d'assurer la sécurité juridique des  relations entre les deux pays.

Récemment encore, de nombreuses personnalités politiques et syndicales  espagnoles ayant signé une pétition de soutien aux prisonniers politiques  du groupe de Gdeim Izik exigeant leur libération immédiate ont appelé la  Minurso ainsi que le représentant du secrétaire général des Nation unies,  Horst Kohler, à veiller au strict respect  de la légalité internationale concernant le traitement des prisonniers politiques sahraouis, en demandant  par ailleurs au gouvernement espagnol, en tant que puissance administrante  du territoire sahraoui de faire pression sur le Maroc pour se conformer à  la légalité internationale. (SPS)

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