Pillage des ressources naturelles du Sahara occidental: des députés européens et syndicalistes internationaux expriment leur "profonde inquiétude"

Bruxelles, 20 fév 2018 (SPS) Les participants à la conférence "syndicalistes et solidarité avec le Sahara occidental" organisée lundi et mardi au Parlement européen à Bruxelles, ont exprimé leur "profonde inquiétude" face à la persistance du pillage des ressources naturelles du Sahara occidental, appelant l'UE et ses institutions à "condamner clairement" toute exploitation illégale de ces ressources.

Lors de cette conférence organisée à l'initiative de la gauche européenne, les participants ont exhorté l'UE, ses Etats membres et toutes les compagnies et entités internationales à "s'assurer que les accords de commerce international avec le Maroc ne violent pas le droit international, le droit humanitaire et les conventions internationales des droits de l'homme" dans les territoires occupés du Sahara occidental.

Les députés européens et syndicalistes internationaux qui ont pris part à cette rencontre de deux jours ont exhorté l'UE et ses Etats membres à faire pression sur le Maroc pour "arrêter le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental".

Ils ont appelé les Etats membres de l'Union et les ONG à agir pour que la Commission européenne mette fin à ses manœuvres  visant à inclure les produits du Sahara occidental dans les accords UE-Maroc, rappelant que l'arrêt de la CJUE a été, pourtant, "claire", à ce sujet.

Ils ont conseillé, à ce titre, à la Commission européenne de négocier avec le Front Polisario pour toute future activité incluant le Sahara occidental et ses ressources.

Le président de la Conférence européenne de coordination du soutien au peuple sahraoui (Eucoco), Pierre Galand a plaidé, dans ce contexte, pour la réalisation d'une étude d'impact pour évaluer le coût économique de la spoliation des ressources naturelles du Sahara occidental.

Le président de l’Eucoco a appelé également les syndicalistes à s'adresser directement à la Commission européenne pour "exiger le respect des droits de l'homme", notamment ceux des travailleurs au Sahara occidental, les conseillant d'être "plus entreprenant" vis-à-vis des institutions de l'UE.

Les syndicalistes ont souligné, en outre, la nécessité d'obliger le Maroc à respecter le droit international humanitaire au Sahara occidental en raison de l'occupation de ce territoire, à mettre fin aux violations des droits de l'homme dans les territoires occupés et à libérer tous les prisonniers politiques sahraouis.

Lors de cette rencontre, les participants ont rappelé, par ailleurs, que la droit international ne reconnait au Maroc aucune souveraineté sur les territoires du Sahara occidental, mais considère la présence du Maroc au Sahara occidental comme étant un "acte d'occupation militaire" qui devrait prendre fin.

Ils ont mis l'accent sur le statut du Sahara occidental de territoire non autonome inscrit sur la liste de l'ONU, rappelant que son statut politique final doit encore être déterminé par le peuple sahraoui à travers  l'exercice de son droit légitime d'autodétermination comme clairement indiqué dans toutes les résolutions de l'ONU, particulièrement, dans la résolution 1514 (1960)de l'Assemblée générale des Nations unies.

Les députés européens et syndicalistes internationaux ont salué, à l'occasion, l'arrêt de la CJUE du 21 décembre 2016 et l'avis de l'avocat général de la CJUE dans lequel il a conclu que l'accord de pêche UE-Maroc est invalide car il inclut le commerce de produits provenant des territoires occupés du Sahara occidental.

Le ministre sahraoui délégué pour l'Europe, Mohamed Sidati  a affirmé, à ce titre, que "le conflit au Sahara occidental existe par ce que la Commission européenne  le fait exister", appelant les syndicalistes à plus de sensibilisation sur la cause sahraouie. (SPS)

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