Le peuple sahraoui souhaite la paix et la justice "avant toute chose"

Paris, 27 jan 2017 (SPS) Le peuple sahraoui souhaite la paix, la justice et la liberté "avant toute chose", a indiqué le représentant du Front Polisario en France, Oubbi Bouchraya, à Strasbourg devant des parlementaires du Conseil de l'Europe, a-t-on appris vendredi de source sahraouie.

Au cours d'un séminaire, organisé jeudi par le président de l'intergroupe parlementaire Suisse-Sahara, Manuel Tornaire, sur le thème "Prisonniers sahraouis au Maroc : rôle et résolutions de l'APCE" (Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe), le responsable sahraoui a appelé cette institution à la "vigilance" face aux violations par les autorités marocaines des droits humains à l'encontre des Sahraouis.

"Il s'agit donc pour le Maroc, qui signe volontiers toutes les conventions internationales (contre la torture, contre la détention arbitraire, etc.), mais ne les applique guère ou pas, de donner une vraie valeur à son partenariat pour la démocratie avec l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe", a-t-il souligné.

A cet effet, Christiane Perregaux, membre du Comité suisse de soutien au peuple sahraoui et organisatrice de ce "Side event" (événement en marge du Conseil de l'Europe), a indiqué que la demande d'une nouvelle évaluation du partenariat pour la démocratie du royaume marocain "sera faite très prochainement, afin que celui-ci soit conduit à respecter vraiment ses engagements".

Intervenant par téléphone lors de ce séminaire, l'un des avocats des prisonniers politiques sahraouis, groupe de Gdeim Izik, dont le procès a été renvoyé pour une deuxième fois pour le 13 mars, Joseph Breham, a relevé la place ½déterminante» des aveux extorqués sous la torture dans l'accusation des détenus lors de leur procès devant un tribunal militaire marocain en février 2013, "seuls moyens de preuve" retenus contre eux.

Il a expliqué qu'il n'y eut "ni témoignage, ni autopsie, ni même le nom des victimes supposément tuées par les accusés", indiquant que la cassation du procès militaire elle-même, annoncée le 27 juillet dernier, "avait pour motivation l'absence de preuve".

Me Breham a fait ressortir, dans son intervention, l'importance du rôle des institutions internationales, tel le Comité contre la torture qui, recevant la plainte de l'un des accusés de Gdeim Izik, Naâma Asfari, a dénoncé le non-respect des obligations de l'Etat marocain quant à la vérification des allégations de torture émises par l'accusé.

Le Comité, rappelle-t-on, a engagé fermement le Maroc à mener une enquête et à indemniser Naâma Asfari. (SPS)

020/090/700 271610 JAN 017 SPS