Khaddad souligne l'urgence d'une action internationale pour mettre fin au conflit sahraoui

Rome, 16 jan 2017 (SPS)  Le membre du Secrétariat national du Front Polisario, chargé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), M’hamed Khaddad, a souligné lundi à Rome qu'"une action internationale urgente est plus que jamais nécessaire" pour mettre un terme au conflit au Sahara occidental et assurer aux Sahraouis leur droit à l'autodétermination.

S'exprimant devant des députés italiens lors d'une réunion à Rome dans le cadre d'une conférence intitulée "Sahraoui: quelles perspectives?", M. Khaddad a appelé à "une action internationale urgente pour mettre un terme au conflit au Sahara occidental (occupé par le Maroc) et assurer aux Sahraouis leur droit à l'autodétermination", saluant la tenue à Rome de cette réunion, initiée par l'Intergroupe parlementaire italien d'amitié avec le peuple sahraoui.

"Je suis venu ici à Rome au moment où mon pays traverse une crise et cette situation menace la stabilité régionale dans un continent déjà fragilisé par de nombreux conflits ce qui pourrait avoir des conséquences dangereuses sur la région sahélo-saharienne qui fait face à l'instabilité et à la présence de groupes extrémistes, terroristes et criminels", a-t-il insisté.

M’hamed Khaddad, également coordinateur sahraoui avec la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), a saisi cette occasion pour rappeler que le Maroc a illégalement occupé pendant plus de 40 ans, une large portion du territoire sahraoui, en violation de la charte des Nations unies et du droit international.

Il a, en outre, réaffirmé que le peuple sahraoui a, pendant plus de 25 ans, fait pleinement confiance à l'ONU et à la communauté internationale en tentant d'obtenir une solution pacifique au conflit. "Le Front Polisario est quant à lui resté une organisation démocratique et demeure attaché au processus diplomatique pacifique conformément aux accords internationaux existants", a-t-il ajouté, soulignant que le Front a toujours travaillé en coopération avec l'ONU pour trouver une solution au conflit au Sahara occidental.

Cependant, a dit le responsable sahraoui, l'occupant marocain "a, pendant plus de 25 ans, clairement montré à travers ses actions son rejet de toute solution pacifique pour un règlement durable du conflit sahraoui". Le Maroc a systématiquement rejeté les accords y compris ceux conclus par le Conseil de sécurité de l'ONU et a empêché tous les efforts de la communauté internationale pour sécuriser la décolonisation du Sahara occidental", a-t-il déploré.

L'impasse dans le conflit sahraoui est dû, rappelle encore M’hamed Khaddad au fait que le Maroc a refusé d'appliquer le plan de paix adopté conjointement par l'ONU et l'OUA (actuellement Union africaine UA) et qui a aussi rejeté le "Plan Baker" refusant d'accepter l'organisation d'un référendum qui inclut l'indépendance comme option pour le règlement du conflit sahraoui.

Khaddad sollicite le soutien de l'Italie

 

Outre l'intransigeance du Maroc, le blocage auquel fait face la question sahraouie est dû aussi, selon le coordinateur sahraoui, au "non-respect" par le Conseil de sécurité de l'ONU de ses responsabilités à l'égard du Maroc qui se doit de se conformer à la légalité internationale.

Et la France "soutient toujours le Maroc et ses efforts visant à entraver tout progrès politique onusien concernant le Sahara occidental", a dénoncé M. Khaddad, avant d'ajouter que la France "est responsable du blocage des efforts menés par ‘le Groupe des Amis’, un groupe chargé de faire avancer le processus politique onusien sur le Sahara occidental".

Le peuple sahraoui lutte pour obtenir son droit à déterminer son avenir à travers l'organisation d'un référendum d'autodétermination, a réaffirmé le coordinateur sahraoui appelant, à cet effet, l'Italie qui occupe, depuis le 1er janvier 2017, un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, à "jouer un rôle" pour mettre fin à l'occupation marocaine illégale du Sahara occidental.

M. Khaddad a souhaité que l'Italie saisisse cette "occasion exceptionnelle pour faire preuve de leadership dans le dossier sahraoui" notamment en restaurant la crédibilité du Conseil de sécurité onusien.

Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non-autonomes, donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupée depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

Plusieurs rounds de négociations entre les parties en conflit, le Maroc et le Front Polisario, ont été organisés sous l'égide de l'ONU. Ils buttent sur la position de blocage de la partie marocaine, soutenue par la France, relative à l'organisation d'un référendum pour l'autodétermination du peuple sahraoui. (SPS)

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