SAHARA PRESS SERVICE

30.12.00

SPS
RASD/MAROC/RALLYE
LE MAROC VEUT DONNER DE FAUSSES ASSURANCES AUX ORGANISATEURS DU RALLYE PARIS-DAKAR, AVERTI LE MINISTRE DES AE

CHAHID EL-HAFED, 30/12/2000 (SPS) - Le FRONT POLISARIO a averti que le Maroc veut donner de fausses assurances aux organisateurs du Rallye Paris-Dakar, et tient le gouvernement de Rabat responsable d'un éventuel retour aux hostilités, conséquence du franchissement des participants de la 24ème édition du Rallye des frontières marocco-sahraouies.

Dans une déclaration écrite distribuée à la presse le 26 décembre, le ministre des AE, M. Mohamed Salem ould Salek, a qualifié les propos exprimés par le ministre des AE marocain, de «provocation» qui «vise à donner de fausses assurances aux organisateurs du Rallye» et surtout à les «impliquer à reconnaître l'occupation coloniale du territoire sahraoui».

Le ministre marocain des AE avait déclaré le 25 décembre à l'AFP que le Maroc «défendra son intégrité territoriale» en réaction au communiqué publié le 22 décembre, dans lequel le FRONT POLISARIO avait averti que l'armée sahraouie reprendra ses activités militaires si le Rallye franchit la fontière sahraouie.

Pour M. Ould Salek, «ce discours nostalgique des frontières mouvantes du Maroc» n'a pas de fondement juridique, rappelant que le verdict exprimé en 1975 par la Cour Internationale de Justice ne reconnaît pas l'existence de liens de souveraineté entre le Sahara Occiddental et le Maroc.

En plus, la question du Sahara Occidental est une question de «décolonisation», qui ne peut être résolue «sans l'exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance», ajoutant que la communauté internationale n'a jamais reconnu au Maroc sa souveraineté sur le Sahara Ocidental. Selon M. Ould Salek, le ministre marocain «revient à la langue de l'intransigeance et à l'aventure, qui a coûté très cher au Maroc». En optant ainsi pour «la conflagration», pour couvrir son «échec dans sa politique interne», le gouvernement de Rabat a adopté «une attitude irresponsable et lourde de conséquences», a-t-il averti.

Le ministre a par ailleurs rappelé que le Maroc «endosse l'entière responsabilité du blocage du processus de paix au Sahara Occidental, ainsi que les conséquences d'une rupture du cessez-le-feu, et s'arroge désormais, au nom de son peuple, le droit de «relever le défi et de défendre ses droits par tous les moyens dont il dispose».

Le FRONT POLISARIO avait fait assumer au Maroc la responsabilité d'une rupture du cessez-le-feu, et a annoncé qu'il se considérera libéré de tout engagement vis-à-vis de la trêve en vigueur et, par conséquent, reprendra ses activités militaires, en légitime défense, le jour même où le Rallye franchira la frontière marocco-sahraouie.

Les organisateurs de cette 24ème édition du Rallye, qui prendra son départ le 1er janvier à Paris, ont prévu un itinéraire passant par le Maroc, la RASD, la Mauritanie, le Mali et le Sénégal. La frontière entre le Maroc et la RASD doit être traversée le 7 janvier dans l'étape Goulimine-Smara.

Une date fatidique pour tout le processus référendaire au Sahara Occidental, qui repose sur un plan de règlement onusien accepté et signé par les deux parties, et que le Maroc a bloqué à la suite de la publication du corps électoral des Sahraouis habilités à voter, qui exclut plusieurs milliers de postulants présentés par le Maroc, ne répondant pas aux critères d'identification établis par l'ONU, rappelle-t-on (SPS).

010/090/000 300804 DEC 2000 SPS