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SPS Cinq personnes arrêtées au cours des manifestations à El Aaiun occupée 30.10.06
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El Aaiun (territoires occupés), 30/10/2006 (SPS) Au moins cinq citoyens
sahraouis ont été arrêtés par les forces de répression marocaines au cours des
manifestations qui se sont déclenchées la nuit du samedi à dimanche à El Aaiun,
réclamant le "retrait immédiat" de l'occupation marocaine du Sahara Occidental,
ont indiqué des sources concordantes.
Les manifestants ont arboré les couleurs nationales sahraouies et ont scandé des
slogans en faveur de l'autodétermination du peuple sahraoui et de son
indépendance, avant d'être dispersé "sauvagement" par les forces d'occupation
marocaines.
Les forces de répression ont procédé à l'arrestation des citoyens sahraouis :
Mohamed Dedi Loud, Mohamed Boutabaa et Moulaye Toubali, alors que Kamal Abou
Alvadl et Ali Fdhil ont été arrêtés et soumis pendant plusieurs aux
interrogatoire avant d'être abandonné par ces mêmes forces en pleine rue.
Plusieurs drapeaux de la RASD et des graffitis réclamant le rejet de
l'occupation marocaine du Sahara Occidental ont été aperçus sur des murs de
maisons dans plusieurs quartiers de la capitale sahraouie occupée, El Aaiun.
Par ailleurs, un autre citoyen sahraoui, Saaid Ouaban a été arrêté à la ville de
Tan Tan (Sud du Maroc) et conduit vers le commissariat de la police pour subir
les "différentes formes" de torture et d'interrogatoires par les services de
renseignements marocains.
Ces mêmes services ont interrogé M. Saaid sur les activités de son frère,
Souleiman et ses relations avec les activistes sahraouis des droits humains
avant de le libérer dans un "état critique", ont déploré les mêmes sources. (SPS)
020/090/700 301245
Oct 06 SPS
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SPS L'exploitation des ressources naturelles sahraouies "illégale" selon des juristes
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La
Haye,
30/10/2006 (SPS) De nombreux juristes européens et américains ont dénoncé
vendredi à La Haye l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental
(Phosphates, ressources halieutiques, et exploration off shore) et considéré
"illégal" l'accord de pêche UE-Maroc, en raison du statut de territoire
non-autonome du Sahara occidental.
Au cours du séminaire académique organisé par l'institut d'études sociales de la
Haye (Pays Bas), la juriste britannique, Stephanie Khoury a considéré que cet
accord de pêche est "en violation des obligations internationales" (de l'UE).
Pour Vincent Chapeaux, universitaire belge, la question de la légalité de
l'exploitation de ces ressources sahraouies "était à l'ordre du jour bien avant
la conclusion de cet accord".
La question est, selon ce juriste, de savoir si cet accord de pêche "inclut ou
pas le Sahara occidental", car l'accord définit l'étendue de la zone
d'application dudit accord, en se référant aux "eaux territoriales et sous
juridiction marocaines", sans préciser les limites géographiques au Sud du
royaume, ce qui laisse la porte ouverte à la pêche dans les eaux territoriales
sahraouies.
Or, légalement l'étendue de l'accord ne peut englober que les eaux territoriales
marocaines, faute de quoi, il constituerait une "violation des lois
internationales", affirme l'expert en se référant à l'accord UE-Maroc, la charte
de l'ONU, la convention des Nations Unies sur le droit maritime international et
les résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU sur la souveraineté des peuples
sur leurs ressources naturelles.
M. Carlos Wilson, coordinateur international de l'ONG "Western Sahara Ressources
Watch", appelle, lui, à l'arrêt du "pillage" des ressources naturelles
sahraouies et leur préservation au profit des populations autochtones.
Il cite à l'appui, l'exemple du retrait cette année de la société américaine KMG
(Kerr-McGee) des territoires occupés sahraouis, alors qu'elle était liée par des
accords d'exploration développement off shore dans la région de Boujdour avec
des entreprises publiques marocaines.
Se référant à l'avis juridique du Dr Hans Corel, ancien Sous-secrétaire général
des Nations Unies aux Affaires juridiques, M. Wilson dénie au Maroc la
souveraineté sur les territoires sahraouis et soutient que "le peuple sahraoui
dispose d'un droit universel et permanent sur les ressources naturelles de son
territoire".
L'avis légal de Corel (janvier 2002) énonce que "les accords de Madrid n'ont pas
transféré la souveraineté sur le Territoire, ni conféré à aucun des signataires
le statut de puissance administrante, statut que l'Espagne ne pouvait seul avoir
transféré unilatéralement" au Maroc.
Des antécédents récents existent, notent pour sa part la juriste tchèque Sasha
Stepanova qui établit un parallèle avec la situation du Timor Oriental, souvent
comparée au conflit sahraoui, pour leurs fortes similitudes.
Elle a rappelé que la Cour internationale de justice a déclaré illégal l'accord
d'exploitation pétrolière au Timor Est conclu par des sociétés australiennes et
Indonésiennes, en considérant que cet accord constituait "une violation des
droits du peuple du Timor Est" qui dispose de la souveraineté sur les richesses
de son territoire, et qui devait se prononcer par référendum sur son
autodétermination, ce qui a abouti à son indépendance.
Cet antécédent est, pour elle, transposable à la situation du Sahara occidental
pour la préservation de ses ressources et la dénonciation de l'accord de pêche
UE-Maroc.
Ces contestations juridiques, notent les observateurs, ouvrent la voie à la
saisine des juridictions internationales pour dénoncer l'exploitation des
ressources naturelles sahraouies, y compris par le truchement de l'accord de
pêche UE-Maroc.
Des antécédents existent, relèvent les spécialistes à la conférence de la Haye,
ou l'on cite la position officielle américaine (ainsi que des pays européens)
qui ne reconnaît pas explicitement la souveraineté du Maroc sur les richesses
naturelles sahraouies et le retrait de sociétés occidentales du Sahara
occidental, en raison de son statut de territoire à décoloniser sous la houlette
de l'ONU.
Dans ce contexte, ils citent le cas de sociétés britanniques qui ont signé des
accords d'exploration pétrolière avec le Front Polisario, seul représentant
légal des Sahraouis.
Une trentaine de juristes universitaires européens et américains ont examiné
sous toutes les facettes vendredi et samedi à La Haye la question du Sahara
occidental au regard du droit international.
La conférence académique, organisée en collaboration avec la plateforme des
juristes pour le Timor Oriental, a traité du statut des territoires sahraouis au
regard du droit international, les implications du droit du peuple sahraoui à
l'autodétermination, le respect des droits humains et la protection contre les
violations des droits de l'homme, ainsi que de l'illégalité de l'exploitation
des ressources naturelles du Sahara occidental. (SPS)
020/090/700 301105 Oct 06 SPS
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