SAHARA PRESS SERVICE

30.09.01

SPS
TERRITOIRES OCCUPES/INTIFADA/ANNIVERSAIRE)
Les Sahraouis dans les territoires occupés célèbrent la journée du détenu politique

El-Aaiun, 30/09/01 (SPS) - Les Sahraouis dans les territoires occupés ont célébré, samedi à El-Aaiun, la journée du détenu politique dans un climat de deuil et de prosternation, sous le signe "Pas de répit tant que nos frères demeurent en prison", a constaté sur place un correspondant de la SPS.

L'acte qui complète le programme de la commémoration du deuxième anniversaire de l'Intifada de "La place D'Cheira" en septembre 1999, a été couronné par une grève de faim de 24 heures de tous les détenus politiques sahraouis dans les geôles marocaines, qui dépassent la quarantaine, selon une liste dressée par l'Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA), publiée récement.

L'ouverture de la conférence qui a marqué cet acte de solidarité organisé au siège du Forum Justice et Vérité, Section Sahara (FVJSS), a été ouverte par une intervention du Bureau Europeen pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental (BERDHSO), basé à Genève.

"Nous commémorons à vos côtés le deuxième anniversaire de l'Intifada d'El-Aaiun qui a été marquée par une répression barbare pratiquée par les autorités marocaines et par les arrestations et les tortures de dizaines citoyens sahraouis'', a souligné le président de cette association, M. Christian Viret, dans l'intervention enregisitrée sur cassette diffusée devant les participants.

Commentant la campagne internationale pour la libération des détenus politiques sahraouis menée depuis plusieurs semaines par le BERDHSO, M. Viret a indiqué que plusieurs milliers de personnes en Europe, Afrique et en Amérique, ont signé la pétition en faveur de la libération de ces prisonniers, diffusée sur Internet.

"Nous sommes décidés à continuer la lutte aux côtés des juristes sahraouis pour la libération de tous les détenus politiques sahraouis et à faire la lumière sur le sort des centaines de disparus ainsi que le dédommagement des ayants droits", a-t-il martelé.

Dans son intervention devant les participants, le FVJSS a fait part des "exactions" auxquelles sont soumis continuellement ses membres et a joint sa voix à celles qui appellent à la "libération de tous les prisonniers politiques sahraouis" dans les prisons marocaines.

Dans ce contexte, l'association a souligné que les intimidations des membres de son bureau par les autorités d'occupation marocaines "n'entameront en rien sa détermination à se solidariser avec tout mouvement populaire qui défend le même objectif que lui".

Le communiqué publié à l'occasion par le FVJSS, dont la SPS a reçu une copie, a appelé à l'ouverure d' "une enquête sur les atteintes aux droits de l'homme au Sahara Occidental" et "le jugement des responsables de ces atteintes quel que soit le degré de leur responsabilité au sein du pouvoir", appelant également à "faire toute la lumière sur le sort des disparus et à remettre les dépouilles mortelles des martyrs".

Dans une lettre adressée aux participants de cet acte de solidarité, les prisonniers politiques sahraouis dans la prison de Boulemharez à Marakech ont renouvelé leur "volonté de poursuivre le combat de la liberté", assurant qu'ils ont "un moral très haut" que "les années de prison n'ont pas entamé".

"Les initiatives de solidarité de ce genre ne manqueront pas de relever davantage notre moral", ont écrit ces 15 prisonniers, arrêtés pour trois d'entre eux en décembre 1999, et pour les douze autres en mai 2000, qui purgent des peines allant de quatre à cinq ans de prison ferme.

Les forces de sécurité marocaines, qui ont continué à entourer le bâtiment et ses environs par des brigades anti-émeutes et des voitures de police et de gendarmerie durant toute la semaine de cet acte commémoratif, ont arrêté samedi soir une femme à sa sortie de la cérémonie de clôture de l'une des conférence organisées pour l'occasion.

Mme Salka mint Mohamed ould M'Haimed a été enlevée par des policiers devant le bâtiment abritant les travaux de la conférence et amenée de force les yeux bandés au siège du commissariat de police dans la banlieue d'El-Aaiun.

La femme a été soumise à un interrogatoire musclé durant toute la nuit avant d'être libérée le lendemain avec trois autres Sahraouis qu'elle a trouvés devant elle dans la salle de torture du commissariat.

Selon son témoignage devant la conférence de solidarité avec les prisonniers politiques, Salka a indiqué qu'elle a été soumise à "toutes les formes de tortures physiques et morales" durant " une nuit d'enfer" qui lui a rappelé sa première expérience avec les sbires du roi en 1983, lorsqu'elle a été arrêtée, suspectée d'avoir participé à la distribution de tracts à El-Aaiun.

Les citoyens sahraouis dans les territoires occupés commémorent depuis le 22 septembre dernier le deuxième anniversaire de l'intifada de "La place de D'cheira" qui a été réprimée dans le sang par les forces d'occupation marocaines en septembre 1999, rappelle-t-on.

Inaugurée samedi par l'ouverture d'une campagne de collecte de fond en faveur des prisonniers politiques et des familles des disparus sahraouis ainsi que la récolte de signatures d'une pétition réclamant la libération immédiate de ces prisonniers politiques, ces activités se sont prolongées jusqu'au 29 septembre sous une surveillance étroite des autorités d'occupation marocaines qui n'ont pu intervenir craignant de nouvelles émeutes. (SPS)

010/090/100 301316 sept 01 SPS

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