SAHARA PRESS SERVICE

27.03.01

SPS 001
RASD/PARLEMENT EUROPEEN
L'Intergroupe parlementaire européen inquiet au sujet de la détérioration du processus de paix au Sahara Occidental

Strasbourg, 27/03/01 (SPS) - L'Intergroupe du parlement européen sur le Sahara Occidental "Paix pour le peuple sahraoui" a exprimé son inquiétude face à "la détérioration rapide" du processus de paix au Sahara Occidental caractérisé par "le renforcement militaire" très rapide du Maroc, "les manipulations" marocaines en Mauritanie et "les pressions politiques et diplomatiques".

Dans une lettre signée de sa présidente, Margot Kessler, et adressée à tous les parlementaires du PE, l'Intergroupe s'est montré "extrêmement inquiet par la détérioration rapide de la situation en ce qui concerne le processus de paix au Sahara Occidental", relevant qu'au cours des derniers jours, "des nouvelles très préoccupantes se sont accumulées" qui menacent sérieusement la stabilité dans toute la région du Maghreb.

Dans cette optique, la lettre fait état de "vente d'armes illégale au Maroc autorisée par le gouvernement britannique en violation du code de conduite de l'UE en matière de vente d'armes", pour un contrat de 1,5 millions de livres Sterling, devant servir à "développer son potentiel militaire et acquérir une centaine de batteries de canons de 120 mm, ainsi que des avions de chasse F16 ou Mirage 2000". Un contrat de 2 millions de livres Sterling avait déjà été accordé en 1999, a rappelé Kessler.

L'euro-députée a constaté également que les officiers de l'armée sahraouie considèrent que le Maroc est en "phase d'accumulation de matériel militaire" et la presse algérienne a exprimé sa crainte que l'accumulation de tels équipements, qui dépassent largement ce qui serait nécessaire en cas d'une reprise des hostilités avec le Front Polisario, ne soit le signe avant-coureur d'une offensive plus large contre la frontière algéro-marocaine."

La fraude de "vente de faux arbres généalogiques "nobles" et marocains à des tribus mauritaniennes, montée par l'ambassade du Maroc à Nouakchott, dont le but est "d'acheter" le soutien de tribus mauritaniennes pour le cas où le conflit du Sahara Occidental viendrait à reprendre, est aussi un autre signe révélateur, affirme la lettre, qui constate que cette fraude rappelle "d'autres tactiques utilisées précédemment par les autorités marocaines afin de ralentir le travail d'identification de la MINURSO".

Les pressions politiques et diplomatiques constatées dans "certaines mesures et déclarations de l'Espagne et de la Grande Bretagne au cours des derniers jours sont aussi source d'inquiétude", principalement l'annulation par le gouvernement central de Madrid des accords de jumelage avec des camps de réfugiés sahraouis de 3 municipalités de la région de Madrid", a-t-elle ajouté.

Dans le même ordre d'idée l'euro-députée considère que l'interview exclusive donnée au quotidien marocain Le Matin du Sahara et du Maghreb par l'ambassadeur britannique à Rabat, M. Anthony Layden, "contient des déclarations totalement contraires au droit international et au mandat de la MINURSO".

Des points convergents qui, selon elle, témoignent d'une situation où la légalité internationale, ainsi que l'opinion de la communauté internationale telle qu'elle est exprimée dans toutes les résolutions des Nations unies sur le Sahara Occidental, le Plan de Paix , et les accords de Houston, sont "ouvertement ignorées, méprisées et contournées d'une façon qui menace l'équilibre de toute la région du Maghreb".

Kessler a enfin demandé à ses collègues du le Parlement européen de communiquer cette information afin d'aider à "stopper la montée des tensions au Sahara Occidental" et les a encouragés à aborder ce sujet avec leur ministre des affaires étrangères respectif et d'obtenir leur opinion là-dessus. (SPS)

010/090/000 271040 MAR 01 SPS

SPS 002
RASD/ONU/COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME
Les juristes sahraouis appellent l'ONU à mettre un terme aux arrestations arbitraires et à la torture au Sahara Occidental

Genève, 27/03/01 (SPS) - L'Union des Juristes Sahraouis (UJS) a appelé l'ONU à intervenir auprès des autorités marocaines afin de mettre un terme aux arrestations arbitraires, à la disparition forcée et à la torture" pratiquées à grande échelle dans les territoires occupés de la RASD".

Dans une lettre adressée à la 57ème Commission des Droits de l'Homme des Nations unies, qui a entamé ses travaux samedi à Genève, les juristes sahraouis ont appelé également à la levée de l'"état de siège" et à la garantie du "libre accès à la presse, aux observateurs indépendants et aux ONG" au territoire sahraoui sous l'occupation.

Ils ont aussi réclamé des "certificats officiels de décès pour plus de 60 Sahraouis décédés dans les centres de détention secrets" et appelé à "respecter strictement les conventions internationales que le Maroc a signées et ratifiées.

L'UJS, rappelle que depuis "l'invasion du Sahara Occidental, les arrestations et les enlèvements allaient se succéder à une vitesse inouïe", "le drame des Saharouis est tel qu'aujourd'hui il n'existe plus de famille qui n'ait été plus ou moins victime de la répression marocaine" écrit l'UJS, ajoutant que des "centaines de personnes ont été arrêtées, des dizaines sont décédées dans des centres secrets et les prisons marocaines et des centaines d'autres ont été portées disparues".

"La grande prison dans laquelle est enfermée la population sahraouie, condamnée au silence dans les zones occupées, est telle que l'information ne parvient à l'extérieur que rarement, lorsque les étrangers, souvent des journalistes parviennent à s'infiltrer incognito dans la région occupée du Sahara Occidental" souligne l'UJS.

Après avoir rappelé que les "modalités de la tenue du référendum ont été remplies", l'UJS a constaté que la communauté internationale "ne s'est pas acquittée totalement de ses obligations à l'égard du droit des peuples de décider librement de leur destin" et a regretté que le Sahara Occidental "continue de subir une occupation étrangère", contrairement au "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et son application aux peuples assujettis à une domination coloniale ou étrangère".

Pour l'USJ, "il n'existe aucun obstacle qui empêche l'application du plan de paix autre que la volonté du Maroc d'imposer à tout prix le fait accompli de son occupation illégale du Sahara Occidental" et elle a rappelé que "la seule" voie vers la paix et la stabilité dans la région est celle de la "stricte application du plan de paix et la tenue du référendum d'autodétermination", comme le préconisent toutes les résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

Dans ce contexte, l'USJ s'interroge "si, après la disparition des schémas consécutifs à la période de la guerre froide, le peuple sahraoui à travers son représentant unique et légitime le Front Polisario, n'est pas en train d'assister à la subversion du rôle des Nations unies (...)" qui n'ont pourtant "jamais renoncé à reconnaître les droits du peuple sahraoui".

Pour l'UJS, il n'est pas besoin de rappeler que la responsabilité des Nations unies en raison de la résolution 1514 (...) reste entière dans le réglement de cette question qui doit passer impérativement par la tenue d'un référendum libre, régulier et impartial". "Le peuple sahraoui attend toujours l'exercice de son droit légitime à l'autodétermination consacré par la résolution 1514 de l'Assemblée générale des Nations unies", affirmant que leur coopération avec l'ONU "cessera le jour où nous aurons la certitude que l'organisme international est prêt à renoncer à ses obligations envers le peuple sahraoui".

"Ni le peuple sahraoui, ni les consciences justes et éprises de paix et de justice n'accepteront qu'un peuple et sa juste cause soient sacrifiés au bénéfice d'un régime médiéval, dont l'unique "mérite" est d'avoir mis toutes ses potentialités au service d'une grande puissance avide de préserver son influence coloniale" a averti le texte.

Les juristes sahraouis ont enfin appelé la communauté internationale à "s'impliquer pleinement pour faire respecter la légalité internationale" et veiller en particulier à la mise en oeuvre du référendum d'autodétermination du peuple sahraoui. (SPS)

010/090/000 271128 MAR 01 SPS

SPS 003
RASD/GRANDE BRETAGNE
La Grande Bretagne ne reconnaît aucune souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental, affirme l'ambassadeur britannique à New York

New York, 27/03/01 (SPS) - La Grande Bretagne ne reconnaît aucune souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental et continue à soutenir les efforts de l'ONU tendant à trouver une solution pacifique au conflit qui oppose le Maroc aux Sahraouis, a affirmé à New York le représentant permanent du Royaume Uni auprès des Nations unies, Sir Jeremy Greenstock.

Dans une lettre adressée au représentant du Front Polisario à New York, M. Greenstock a affirmé que la GB, " en conformité avec la position de l'ONU, ne reconnaît aucune souveraineté sur le Sahara Occidental", considérant que "c'est là un des aspects que les efforts de l'ONU doivent débattre en vue de trouver une solution à ce conflit qui a trop duré".

Le diplomate britannique souligne que son gouvernement "n'a pas changé de politique en ce qui concerne la question du Sahara Occidental" et qu'il continue à soutenir pleinement les efforts de l'ONU et en particulier ceux déployés par son SG et son représentant personnel, James Baker, "pour trouver une solution juste et durable" au conflit.

"Nous continuons à encourager les deux parties au conflit à rester engagés dans le processus onusien pour trouver une solution aux problèmes en suspens, liés à la mise en application du plan de règlement et de travailler en vue d'une solution mutuellement acceptable à leur différents, a-t-il précisé.

Dans sa livraison du 17 mars dernier, le journal marocain, "Le Matin du Sahara et du Maghreb" avait publié une interview de l'ambassadeur britannique à Rabat dans laquelle il soutenait que la GB oeuvre pour une solution politique à la question du Sahara "dans le cadre de la souveraineté marocaine", rappelle-t-on. (SPS)

010/090/000 271637 MAR 01 SPS