SAHARA PRESS SERVICE

26.09.01

SPS
TERRITOIRES OCCUPES/INTIFADA/APPEL
La mère du plus ancien détenu sahraoui lance un appel pour la libération de son fils

Dakhla (Camps de réfugiés), 26/09/01 (SPS) - La mère de Sidi Mohamed Deddach, le plus ancien détenu sahraoui dans les prisons marocaines, a lancé mardi un appel à toute la communauté internationale pour l'aider à retrouver son fils condamné en 1976 à la peine capitale commuée ensuite à la prison à perpétuité qu'il purge depuis 1979 à la prison de Kénitra (Maroc), pour une tentative avortée de joindre le Front Polisario depuis les territoires occupés.

N'Guiya Bekay qui craint ne jamais plus revoir son fils, en appelle aux organisations internationales de défense de droits de l'homme à pour user de leur influence auprès du Maroc, afin de libérer "cet homme devenu le symbole du combat pour la liberté", a souligné le texte de l'appel dont la SPS a reçu une copie.

"Du fond du coeur d'une mère qui se répand en lamentations, j'implore toutes les âmes éprises de justice pour m'aider à retrouver mon fils", a supplié cette mère octogénaire dont les espoirs de revoir encore son enfant s'estompent avec le temps.

N'Guiya qui avait fui son territoire en 1975 devant les blindés marocains vers la terre d'exil, demeure inébranlable sur ses principes. "Je vous appelle pour amener le régime marocain à lever ses mains maculées de sang de nos fils, à faire toute la lumière sur les disparus sahraouis et à respecter la volonté de notre peuple", a-t-elle martelé.

Deddach, le seul prisonnier sahraoui actuellement reconnu par le Maroc et adopté par Amnesty International, a été arrêté en 1976 au cours d'une tentative de fuite vers les camps de réfugués sahraouis.

Ayant essuyé un tir nourri à la mitraillette et aux armes lourdes, sa voiture avait pris feu. L'un de ses compagnons trouvera la mort sur le champs, alors que dix autres réussiront à rejoindre le Front Polisario. Deddach blessé, arrêté et jugé, sera condamné à mort par un tribunal militaire à Rabat.

Sa peine sera par la suite commuée à la prison à perpétuité, qu’il purge actuellement dans une cellule de trois mètres carrés à la prison centrale de Kenitra, souffrant de plusieurs fractures des omoplates qui n'ont jamais été soignés depuis ses blessures en 1976, rappelle-t-on.

L'homme ne cesse d'observer des grèves de faim limitées pour attirer l'attention de l'opinion publique internationale sur son sort et sur celui de plusieurs de ses compatriotes qui continuent à gonfler les cellules des prisons marocaines à Marakech, Kénitra, Sough El Arboua, El Aaaiun, Inzegan etc. (SPS)

010/090/100 261416 sept 01 SPS

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