SPS
RASD/PARLEMENT EUROPEEN
L'eurodéputé Obiols préoccupé par les
"dangers potentiels" du blocage du processus
référendaire au Sahara Occidental
Chahid El-Hafed, 24/05/01 - L'eurodéputé Raimon Obiols, député socialiste espagnol, président de la délégation Maghreb au Parlement européen et vice-président de l'Internationale socialiste, a exprimé sa "préoccupation" sur les "dangers potentiels" engendrés par les ajournements et les retards enregistrés dans l'application du plan de règlement onusien au Sahara Occidental.
Dans une interview exclusive à la SPS, M. Obiols, qui achève jeudi une visite de trois jours dans les camps de réfugiés sahraouis, a déclaré que sa délégation a perçu au cours de ses entretiens avec les Sahraouis, "jusqu'à quel point la situation est grave", de par "ses dangers potentiels".
Sur une base de "ferme volonté" du respect du principe du droit du peuple sahraoui "à décider librement de son avenir", conformément aux accords de paix, "nous avons constaté une volonté de dialogue et de flexibilité, qui nous a vraiment impressionnés, parce que c'est une démonstration de maturité très remarquable", qui ne pourrait jamais être interprétée comme "une manifestation de faiblesse, tout au contraire", a-t-il relevé.
Pour M. Obiols, il y a lieu de "stimuler la solidarité" dans cette situation de difficultés politiques dans l'application des accords de paix. "Il faut que l'UE décide d'une augmentation de l'aide humanitaire", a-t-il ajouté.
Qualifiant cette visite d'"intéressante", l'eurodéputé a souligné qu'elle ne manquera pas de "contribuer" à la visite prochaine d'"une délégation du Parlement européen de douze personnes" dans les camps de réfugiés sahraouis, dont il n'a pas précisé la date.
De son côté, Mme Napoletano Pascualina, parlementaire européenne, vice-présidente de la Commission "Méditerranée" du Parlement européen, qui a aussi appelé au renforcement de l'aide humanitaire, a constaté que les vingt-huit années passées par les Sahraouis dans l'exil "a permis à ce peuple de construire une véritable démocratie".
Elle s'est également déclarée "très préoccupée par l'impasse dans laquelle se trouve le plan de paix", affirmant qu'il y a "une réalité sahraouie qu'on ne peut pas contourner et qui peut être conciliée avec les progrès et l'intégration de la région".
"Il faut essayer, a-t-elle estimé, d'aller dans cette voie et on espère que l'Europe puisse contribuer activement à cette perspective de paix, de dignité, mais aussi de développement dans la région".
Arrivée depuis mardi dans les camps de réfugiés sahraouis, la délégation du Parlement européen a visité les wilaya d'El Aaiun, Aoussert et Smara, et a eu des entretiens avec plusieurs parlementaires et responsables sahraouis.
Elle a été reçue avant son départ jeudi par le président Mohamed Abdelaziz. Mercredi la délégation a assisté à un meeting populaire dans la wilaya de Smara, au cours duquel M. Obiols a affirmé notamment que le peuple sahraoui a "le droit de choisir librement son destin". "Il y a un peuple pour qui il est nécessaire de retourner chez lui", a-t-il ajouté, avant de déclarer qu'il était "convaincu de ces principes mais qu'il faut arriver à convaincre les autres parties".
Auparavant, le wali de Smara, M. Abdelkader Taleb Omar, a souligné que le peuple sahraoui compte beaucoup sur l'action du Parlement européen pour exercer son droit à l'autodétermination.
"Le conflit du Sahara Occidental est une question de souveraineté. Le seul dépositaire de cette souveraineté, et pour laquelle il doit s'exprimer, est le peuple sahraoui", a-t-il dit. "C'est pourquoi un plan d e paix a été laborieusement tracé, qui définit une solution juste et pacifique et à laquelle le peuple sahraoui a adhéré, a-t-il encore dit, avant de se demander pourquoi on veut faire maintenant marche arrière, alors que le plan de paix a connu un bon début de mise en oeuvre.
"Dès lors que l'ONU s'est assurée à travers l'identification que le résultat du référendum ne pouvait être que l'indépendance, l'on a estimé que ce qui était facile hier est devenu impossible aujourd'hui", a-t-il observé.
Le responsable sahraoui s'est interrogé sur "ce recul" des Nations unies et s'est demandé si l'on aurait adopté la même position au cas où le recensement effectué avait donné un nombre de votants favorables au Maroc.
"Il est inacceptable de vouloir marginaliser le peuple sahraoui et de le réduire à néant, a encore affirmé M. Abdelkader, qui a souligné que "la stabilité du Maroc ne peut se faire sur le dos du peuple sahraoui".
"Vouloir nier les droits légitimes du peuple sahraoui, c'est poser des bombes à retardement et menacer dangereusement la paix et la stabilité dans la région", a-t-il estimé, affirmant en outre que "le peuple sahraoui se donnera les moyens de préserver ses droits inaliénables". (SPS)
010/090/000 241242 MAI 01 SPS