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La communauté internationale plus que jamais interpellée pour mettre en application ses résolutions, affirme M. Sidati

23.07.06

 

 

 
 

Madrid, 23/07/2006 (SPS) Le ministre délégué pour l’Europe, membre du secrétariat national du Front POLISARIO, M. Mohamed Sidati, a affirmé que la communauté internationale, dans le conflit du Sahara Occidental, est "plus que jamais interpellée" pour mettre en application ses propres résolutions et "faire prévaloir le droit sur la force et le fait accompli".

        

En visite dans la capitale espagnole vendredi où il a animé une conférence sur la question sahraouie, dans le cadres des cours d’été organisés par l’Université autonome de Madrid, M. Sidati a, dans un entretien à l’APS, souligné que la communauté internationale doit assumer ses responsabilités.

       

Au regard de la "répression implacable" à laquelle le Maroc soumet la population sahraouie des territoires occupés, son "refus réitéré" de se conformer à la légalité internationale et son "obstructionnisme", la communauté internationale doit agir sur un double plan: mettre un terme à cette répression, qui "prend l’allure d’un génocide silencieux", et "remettre sur les rails le processus de paix, en exigeant et en s’engageant à appliquer les résolutions des Nations Unies", a précisé le diplomate sahraoui.

       

"La solution au conflit doit être basée sur l’application strict des résolutions qui ont été adoptées et qui ont fait l’objet d’un consensus international, en l’occurrence le Plan de règlement et le Plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental , dit Plan Baker, approuvé et endossé par le Conseil de Sécurité, comme par l’Assemblée générale des Nations Unies", a-t-il observé.

       

Il a tenu, dans ce contexte, a réaffirmer que "toute proposition (de solution) en dehors du droit à l’autodétermination et en dehors de la légalité internationale et de ce qui est le Plan de paix est inacceptable, irrecevable et nulle et non avenue".

       

M. Sidati a souligné que le peuple sahraoui, "de la même manière qu’il est viscéralement attaché à une solution pacifique du conflit, à travers les moyens politiques, est tout aussi viscéralement attaché à ses droits, qu’il entend défendre mordicus, dans le cas où la communauté internationale déclare son impuissance".

 

Sur le "plan d’autonomie" proposé par le Maroc pour le Sahara  Occidental, le représentant du Front POLISARIO en Europe a dénoncé la "stratégie de sape" de Rabat qui a consisté, dans un premier temps, à "bloquer le processus (de règlement) des Nations Unies, puis à "essayer de vider de son contenu le processus de décolonisation du Sahara Occidental et le détourner de son cours normal".

       

"Comment, dans un processus de décolonisation, dont la solution réside dans l’application du droit à l’autodétermination, peut-on, du jour au lendemain, substituer à ce droit une pseudo solution qui n’est rien d’autre qu’une manière d’essayer de légitimer, entre guillemets, une occupation illégale, un fait accompli?", s’est-il interrogé.

        

Il a rappelé que, selon le droit international, le Sahara Occidental est un territoire non autonome régi par ce même droit et sur lequel, aux termes de l’avis de la Cour internationale de justice, le Maroc "ne dispose d’aucun droit de souveraineté".  

       

"Le Maroc peut proposer une autonomie pour le Rif ou l’Atlas mais pas pour le Sahara Occidental, parce qu’il n’a ni le pouvoir administratif, ni le pouvoir de souveraineté sur ce territoire", a-t-il ajouté.

       

"L’autonomie est catégoriquement rejetée tant par le peuple sahraoui que par le reste du monde", a affirmé M. Sidati, rappelant que dans son dernier rapport le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, "avait dit, textuellement, qu’aucun Etat au monde ne reconnaît au Maroc de souveraineté sur le Sahara

Occidental".

 

S’agissant de la position de l’Espagne, le délégué sahraoui a noté que ce pays, eu égard à son statut d’ancienne puissance coloniale au Sahara Occidental, est "partie du problème" et a une "grande responsabilité" dans la tragédie du peuple sahraoui.

       

"De par sa position au sein de l’Union européenne, il pourrait et devrait jouer un rôle positif dans la promotion d’une solution conforme à la légalité internationale et basée sur le droit à l’autodétermination", a-t-il indiqué.

       

"Malheureusement, a-t-il dit, nous constatons depuis quelques années une attitude espagnole qui privilégie les relations avec le Maroc, au détriment de ses responsabilités dans la question du Sahara Occidental".

       

"Ce qui est surtout préoccupant, c’est cette vision unilatérale d’une certaine stabilité qui passe, nécessairement, par le Maroc, qui cautionne la politique de la force et de l’expansionnisme, (entraîne) le maintien de la tension, une politique au détriment de la stabilité de l’ensemble de la région", a-t-il déclaré.

       

"Une stabilité réelle est celle qui prend en charge et en compte la stabilité de tous les pays de la région, de tous les peuples qui composent la région, y compris le peuple sahraoui", a-t-il ajouté.

       

Cette "vision unilatéral qui ferme les yeux sur le comportement du Maroc ne peut mener nulle part, excepté vers l’impasse et le prolongement du conflit", a-t-il prévenu.

       

Concernant les "négociations directes" entre le Maroc et le Front POLISARIO auxquelles des parties ont appelé, M. Sidati a fait remarquer que les  négociations ont déjà eu lieu sous les auspices des Nations Unies et ont abouti".

       

"Il y a eu le Plan de règlement, les Accords de Houston, le Plan de paix, qui ont tous été l’objet d’un processus de négociation. Ce qui est grave, c’est que dans l’esprit de certains, peut-être, la négociation directe est un substitut aux résolutions internationales, au Plan de règlement, au Plan de paix, et, donc, une manière de nous renvoyer à la case départ", a-t-il souligné.

       

"Ce qui est demandé aux gouvernements espagnol et français, c’est exiger l’application de ce qui a été accordé, de ce qui a été accepté par les deux parties, a savoir le Plan de règlement, de souscrire et de ne pas renier les engagements", a-t-il précisé.

 

"Parler de négociations directes, c’est ajouter à la confusion. Là-dessus, l’Espagne ne fait pas tellement preuve de clarté, ni de fermeté à l’égard du Maroc, c’est tout le contraire", a-t-il conclu. (SPS)

 

010/090/700 231054 JUL 06 SPS



 

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