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TERRITOIRES OCCUPES/BELGIQUE/DROITS HUMAINS

Deux organisations juvéniles belges appellent Bruxelles à intervenir pour libérer les prisonniers politiques sahraouis

22.09.05




Bruxelles, 22/09/2005 (SPS) Deux organisations juvéniles belges, "Animo" l’organisation de jeunesse du Social Progressiste Alternative (SPA) et le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) ont appelé le Gouvernement belge à intervenir auprès du Maroc pour libérer les 37 prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim depuis plus de 40 jours dans des prisons marocaines, rapporte un communiqué conjoint des deux organisations publié mercredi à Bruxelles.

"La Belgique entretient de bonnes relations avec le Maroc. C’est pourquoi les deux organisations de jeunesse socialistes réclament de notre pays qu’il exerce une pression sur Rabat pour trouver une issue à l’impasse dans laquelle se trouve le processus actuel" (…) " "que les autorités belges adoptent une position claire en ce qui concerne le respect des droits de l’Homme dans la région et que le Maroc soit incité à relâcher l’ensemble des prisonniers politiques", a souligné le communiqué.

S’adressant à l’Union Européenne, les deux organisations ont réclamé plus de "fermeté" et de conditionner l’aide au Maroc par son respect des droits de l’homme.

"L’Union Européenne doit également se montrer plus ferme. En novembre, l’Union doit évaluer le « processus de Barcelone », qui prévoit un partenariat avec 10 pays de la zone méditerranée, au nombre desquels se compte le Maroc. Les droits de l’Homme constituent un des trois piliers de cette collaboration, aux côtés des volets économique et politique".

"Il est indispensable pour Animo et pour le MJS que l’Union (UE) sorte de son indifférence actuelle à l’égard de cette situation. Il est inacceptable que l’UE ne recherche dans ce partenariat que son avantage économique et ferme les yeux sur les violations des droits de l’Homme", ont-elle martelé dans ce communiqué parvenu à SPS.

Elle ont en outre rappelé que "trente sept prisonniers y ont entamé une grève de la faim dans le but de dénoncer leurs conditions de détention" et qu’un "certain nombre d’entre eux ont dû être évacués pour faire l’objet de soins médicaux", relevant qu’au mois de juin dernier, des informations s’étaient déjà fait jour quant aux "mauvais traitements infligés par les autorités marocaines à des manifestants arrêtés à l’issue de rassemblements au Sahara occidental et au Maroc".

"Ces manifestants demandaient la mise en œuvre des résolutions de l’ONU qui devaient mettre fin à un conflit de plus de 30 ans entre le Maroc et les habitants originels de la région", a ajouté le communiqué.

Pour Animo et le MJS "le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, a en effet été annexé par le Maroc en 1975. Cette annexion s’est réalisée en opposition avec l’arrêt de la Cour internationale de Justice qui préconisait un processus de décolonisation dans lequel le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui aurait été central". (SPS)

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SPS
RASD/MAROC/TERRITOIRES OCCUPES/PRISONNIERS

Le Ministre marocain de la justice "entretient l’amalgame", selon M. Khalil

 
 

 


Chahid El Hafed, 22/09/2005 (SPS) le ministre marocain de la justice, Mohamed Bouzoubaa, "entretient l’amalgame", au sujet des 37 prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim depuis plus de 40 jours dans des prisons marocaines, a déclaré, ce jeudi à Chahid EL Hafed, le ministre des territoires occupés et de la Diaspora, Khalil Sidi M’Hamed en réaction aux propos de  M. Bouzoubaa publiés mercredi par le journal "Aujourd’hui e Maroc". 

"Il est clair que le ministre marocain de la justice entretient amalgame, se contredit et multiplie des déclarations plus farfelues les unes que les autres dans le souci évident de refus du dialogue avec les détenus politiques sahraouis qui demandent la levée du blocus milataro-médiatique imposé sur le territoire sahraoui", souligné M. Khalil.

"Empêtré dans ses contrevérités et ses contradictions, le ministre marocain de la justice, Mohamed Bouzoubaa avait déclaré le 13 septembre 2005 que les revendications formulées par les détenus politiques sahraouis revêtent un caractère  politique avant de se rétracter et d’affirmer qu’il n’ y a "ni des détenus d'opinion ni des prisonniers politiques", a-t-il ajouté.  

Il relèvera les contradictions entre le ministre marocain et son procureur sur la situation des grévistes de la faim, qui tantôt ne sont pas en grève de la faim et tantôt non, ainsi qu’avec les organisations marocaines des droits humains, Amnesty internationale et l’OMCT.   

"Après le démenti clair et sans équivoque" de l’AMDH des "allégations" de M. Bouzoubaa, le 13 septembre 2005, "confirmant que le détenu politique Ali Salem Tamek, à l’instar des autres détenus politiques sahraouis, observe un  grève illimitée de la faim et se trouve bel et bien dans un pénitencier sous haute surveillance privé des droits les plus élémentaires, nous avons été surpris par les contre vérités martelée par le ministre marocain de la justice, publié le 26 septembre courant dans les colonnes du journal, Aujourd’hui le Maroc", a-t-il souligné. 

Pour M. Khalil, le ministre marocain de la justice "verse dans le mensonge et essaie de faire diversion" en affirmant que le détenu politique sahraoui, Ali Salem Tamek, "enlevé" le 1er Août dernier de la prison noire d’El Aaiun avant les premières lueurs de l’aube, a été transféré selon "ses propres désirs à la ville d’Agadir", alors que lui même, ses avocats, l’AMDH, L’OMCT et AI disent tout le contraire. 

Il relèvera que l’objectif principal est de "faire d’une opération d’enlèvement et de transfert illégal de détenus politiques sahraouis, organisée en grande pompe par les forces  de sécurité marocaines, une opération de routine entreprise à la demande expresse des détenus politiques eux mêmes". 

En outre, les tentatives marocaines visant à accuser les détenus politiques sahraouis d’enfreindre l’ordre public "est dénuée de tout fondement", sachant que les 37 détenus politiques sahraouis qui observent une grève illimitée de la faim depuis le 8 août 2005 sont incarcérés "suite aux manifestations pacifiques organisées, le 21 mai dernier par les populations sahraouis dans les principales villes du Sahara Occidental ainsi que qu’au sud du Maroc", a-t-il relevé. 

"Tout le monde sait également que les slogans scandés lors de ces manifestations pacifiques étaient d’ordre politique et réclamaient l’organisation sans tarder d’un référendum libre et démocratique pour le peuple sahraoui, le respect des libertés fondamentales au Sahara Occidental et la libération immédiate des détenus politiques sahraouis", a-t-il ajouté.  

"Aussi, il est notoire, a-t-il soutenu, que les détentions arbitraires des détenus politiques sahraouis dont l’unique tort est de réclamer ce que leur confère le droit et la légalité internationale obéissent à une volonté manifeste et à des considérations politiques bien établis".  

Il rappellera qu’un nombre de détenus politiques sahraouis "n’était pas présents lors des manifestations pacifiques du 21 mai 2005", à l’image de Ali Salem Tamek, qui était  en Europe en cette époque et Mohamed El Moutawakil, enlevé de chez lui par la force à Casablanca.  

"L’on est donc en droit de s’interroger pourquoi le ministre marocain de la justice avait déclaré que le transfert des 4 détenus politiques, incarcérés sans jugement dans la prison Oukacha à Casablanca, était de leur permettre de  bénéficier des visites de leurs familles qui se trouvent justement à mille lieux de là", a-t-il martelé. 

Selon M. Khalil, lorsque le ministre marocain de la justice déclare que son pays n’interfère pas dans les décisions émises par les tribunaux d’autres pays "cela ne doit pas constituer un blan seing pour perpétrer ses crimes innombrables contre les populations civiles sahraouies et au sud du Maroc".  

Et en se référant constamment au droit et aux libertés fondamentales, le ministre marocain de la Justice, "se doit appliquer ceux-ci,  et de manière urgente, aux détenus politiques sahraouis qui entament aujourd’hui plus de 40 jours de grève illimitée de la faim", en procédant à "leur libération et à la satisfaction complète de leurs revendications légitimes", a-t-il conclu. (SPS)

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SPS
TTERRITOIRES OCCUPES/INTIFADA/PRISONNIERS

Trois grévistes de la faim perdent connaissance et deux personnes enlevées à El Aaiun

 
 

 


El Aaiun (territoires occupés), 22/09/2005 (SPS) Trois parmi les 37 prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim, Aminetou Haidar, Hmad Hammad et Jenhaoui Lekhlifa, ont perdu connaissance durant plusieurs heures à la Carcel negra (El Aaiun) à la suite des effets entamée depuis plus de 40 jours dans les geôles marocaines pour des revendications se rapportant à leur conditions de détention et à l’autodétermination de leur peuple.  

Ainsi, le 20 septembre 2005 à 7 heures 30 du matin, l’activiste sahraouie des droits de l’homme, Aminetou Haidar, est entrée dans "un coma profond pendant plus de deux heures suite aux conditions effroyables de sa détention et à  la détérioration constante de sa santé avant d’être transférer d’urgence à l’Hôpital Bel Mehdi d’El Aaiun", ont indiqué ses proches. 

Les premières interventions médicales ont confirmé "l’existence de problèmes cardiaques graves" ayant nécessité l’intervention d’un médecin spécialisé, a précisé la même source, ajoutant qu’elle a été ramenée à sa cellule à la Carcel negra d’El Aaiun vers 22 heures et demi, où elle est soumise au quotidien à "de multiples harcèlements pour la dissuader de mettre un terme à son action".   

Dans la même prison, M. Hmad Hammad "a perdu ses facultés de mouvement et de la parole" et se trouve dans un état de santé très grave, "souffrant de crises cardiaques répétées qui peuvent à tout moment causer sa mort", selon sa famille. 

Par ailleurs, "des inflammations très graves du gros intestin" ont été diagnostiquées chez l’activiste des droits humains dans la même prison d’El Aaiun, Jenhaoui Lekhlifa, après son transfert d’urgence dans un coma profond, le 19 septembre, à l’hôpital "Bel Mehdi" dans la capitale occupée du Sahara Occidental, a indiqué sa famille.  

"Les responsables de l’administration pénitentiaire et les médecins traitants ont alors usé de tous les moyens pour le dissuader de poursuivre la grève illimitée de la faim en vain, puisque l’homme, malgré son état de santé, a maintenu les mêmes revendications que celles formulées par l’ensemble des détenus politiques sahraouis", a-t-on indiqué.  

Par ailleurs, deux personnes, Tourki Melainine et son beau frère, Zreignat Mohamed Salem, ont été enlevés par un groupe de policiers du domicile de ce dernier à El Aaiun, rue Rass El Khaima, en pleine nuit du 20 au 21 septembre après l’avoir mis le domicile à sac et terrorisé sa femme et ses enfants, a-t-on indiqué. 

M. Melainine est un ancien prisonnier politique, arrêté en 2003 à la suite d’une tentative de fuite avortée vers le Front Polisario, alors qu’il était mobilisé dans les rangs de l’armée marocaine. Il avait passé par les prisons de Sale, Ait Melloul, Souira et Tiznit avant d’atterrir au commissariat central d’El Aaiun où il est soumis depuis 48 heures à des interrogatoires musclés pour sa participation aux manifestations de l’Intifada du 21 mai dernier, selon sa famille. (SPS)

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