|
|
|
SPS L'ONU sollicité pour protéger la population sahraouie en détresse (Polisario) 19.05.05
|
Genève, 19/05/2006 (SPS) L'ONU a été sollicitée par la représentation sahraouie en Suisse pour "protéger la population sahraouie en détresse" et principalement El Aaiun, "théâtre de sanglants affrontements entre les populations sahraouies, qui manifestent leur rejet catégorique de la politique coloniale au Sahara Occidental et les forces d'occupation marocaines".
La représentation diplomatique sahraouie cite plusieurs cas d'"enlèvements, détentions arbitraires, saccage des maisons et expulsion des propriétaires, torture de dizaines de sahraouis dont la plupart ont été jetés dans différentes prisons", perpétrés par les forces coloniales d'occupation marocaines.
"Cette répression impitoyable et sanguinaire, perpétrée par les forces marocaines à l'encontre de Sahraouis qui ont choisi la voie pacifique pour revendiquer leurs droits légitimes garantis par le Droit international, intervient au moment même ou la délégation du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme se trouve à El Aaiun (capitale du Sahara Occidental), a-t-elle constaté dans un communiqué.
"Une situation intenable à tous les niveaux", selon le communiqué, qui avertit d'un "risque de débordement" (...) "avant que l'irréparable ne s'y déroule".
Plus d'une centaine de personnes ont été blessées, alors qu'une trentaine se trouvent derrière les barreaux dans différents postes de police et de gendarmerie au moment où 14 maisons sont saccagées et pillées par les différentes forces coloniales marocaines à El Aaiun, qui ont littéralement assiégé la ville pendant ces trois jours de visite d'une mission du Haut commissariat pour les droits de l'homme de l'ONU, rappelle-t-on. (SPS)
010/090/000 mai 06 SPS
|
SPS Le Gouvernement sahraoui regrette que la mission onusienne des droits humains reste "cloîtrée" dans son hôtel à El Aaiun
|
Chahid El Hafed, 19/05/2006 (SPS) Le Gouvernement sahraoui a vivement regretté que la mission d'enquête du Haut Commissariat des droits humains de l'ONU, en visite au Sahara Occidental depuis lundi, demeure "cloîtrée" dans son hôtel à El Aaiun, au moment où les forces coloniales marocaines répriment à sang des manifestants pacifiques sahraouis à quelques mètres de sa résidence.
"Le Gouvernement sahraoui regrette que les membres de la mission, depuis leur arrivée dans le territoire, au lieu de visiter toutes les localités, théâtres de violations des droits de l'homme, de rencontrer directement la population et de circuler librement, sont restés enfermés à l'hôtel "Parador" consacrant leur temps à auditionner, selon un agenda établi par les autorités marocaines, des membres d'organisations humanitaires et politiques fictives et des représentants de l'administration coloniale sur place, qui ont eu la part du lion", a déploré un communiqué sahraoui publié ce vendredi.
"Plus grave, le 17 mai, alors que les forces marocaines brutalisaient, réprimaient et arrêtaient les manifestants pacifiques dans les rues d'El Aaiun et saccageaient leurs biens, la mission est restée cloîtrée dans son lieu de résidence", a souligné le texte parvenu à SPS, ajoutant que le lendemain, 18 mai, les forces de sécurité marocaines ont "encerclé l'hôtel Parador et ont empêché des associations sahraouies de rendre visite à la mission", sans que celle-ci ne réagisse.
En outre, le Gouvernement sahraoui a condamné l'attitude du Maroc visant à "empêcher la délégation onusienne de s'acquitter de sa mission et de faire la lumière sur les abus et les violations flagrantes des droits de l'homme dont sont victimes les populations sahraouies dans les territoires occupées".
Il a également appelé la communauté internationale et notamment le Conseil de sécurité à "prendre urgemment toutes les mesures nécessaires pour qu'un terme soit mis à la politique de terreur et au mépris du droit et de la légalité internationale pratiquée par le Maroc au Sahara occidental et notamment la mise en application, sans délai, des résolutions de l'ONU appelant pour la tenue d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui".
Le Gouvernement sahraoui a enfin rappelé que la mission du Haut Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme qui séjourne depuis le 17 courant à El Aaiun, capitale du Sahara occidental, a pour but, comme décidé le Conseil de sécurité de "s'enquérir de la situation des droits de l'homme dans le territoire et de proposer les mécanismes de suivi pour la protection des populations sahraouies bâillonnées et soumises à la répression sans discernement". (SPS)
010/090/100 191237 mai 06 SPS
|
SPS La résistance pacifique amènera l'indépendance du Sahara occidental (ministre)
|
Chahid El Hafed, 19/05/2006 (SPS) La résistance pacifique est ''plus forte'' que le combat armé et c'est par elle que viendra l'indépendance du Sahara occidental, prédit le ministre sahraoui des territoires occupés, Khalil Sidi Mhamed, estimant que ''Le combat pacifique a provoqué une rupture politique et morale entre l'occupant et l'occupé''.
Le bilan des manifestations, qui continuent toujours est lourd : ''Deux morts, des centaines de blessés et des centaines de prisonniers'', indique-t-il dans un entretien à l'APS, à l'occasion du 1er anniversaire de l' ''Intifada''.
Cette résistance ''a montré que les Sahraouis refusent et réfutent l'occupation marocaine'', ajoute le ministre, rencontré dans sa maison familiale en brique de terre, dans le camp de réfugiés sahraouis d'El Aaiun.
''Elle a montré également que le problème du Sahara occidental n'est pas +importé+ ou +artificiel+, comme le prétend le Maroc, puisque c'est du fond des territoires occupés que des enfants et des jeunes, qui sont nés sous l'occupation marocaine, proclament haut : vive la RASD'', poursuit-il.
Dénonçant la ''répression féroce marocaine des civils sahraouis'', M. Sidi Mhamed note que les manifestations dans les territoires occupés ont permis de ''démasquer le visage soi-disant démocratique dont le Maroc fait étalage devant la communauté internationale''.
La résistance sahraouie, affirme-t-il, est "un mouvement d'idées, pour la liberté et l'indépendance, qu'on ne peut arrêter en emprisonnant ses cadres. Contre lui, le Maroc ne peut absolument rien. Toute répression, au lieu d'affaiblir le renforce".
''Le combat que mène le Front Polisario, ajoute le ministre, a toujours eu un prolongement dans les territoires occupés, mais pendant longtemps, il a été occulté. La preuve en est les tombes collectives, dont le Maroc reconnaît l'existence aujourd'hui''.
''Les effets des années de plomb du règne de Hassan II au Maroc (1961-1999) sont multipliés par cent dans le Sahara occidental. Mais les rescapés de la répression marocaine ont constitué une génération de Sahraouis aguerris, éveillés politiquement'', dit-il.
Interrogé sur la genèse de l'" Intifada", déclenchée le 21 mai 2005 à El Aaiun (capitale occupée du Sahara occidental) et qui s'est rapidement propagée dans toutes les grandes villes sahraouies occupées, M. Sidi Mhamed rappelle que ''l'amorce des manifestations a eu lieu en avril 2004, lorsque le roi du Maroc, Mohamed VI, a rejeté le principe du référendum d'autodétermination''.
''Le Maroc est revenu sur les engagements qu'il avait pris vis-à-vis de la communauté internationale, ce qui a conduit au blocage. Le Front Polisario était alors devant un choix : soit reprendre les armes, soit utiliser une nouvelle carte'', dit-il.
Le 20 mai 2005, à l'occasion de la célébration du 32ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée, le président de la RASD, M. Mohamed Abdelaziz, a déclaré que le Front Polisario ''ne pouvait pas indéfiniment rester les bras croisés. Le mouvement a explosé le lendemain'', rappelle-t-il.
Pour M. Khalil Sidi Mhamed, le Maroc ''a tout intérêt à accepter le plus tôt possible le référendum'' d'autodétermination, car l'indépendance du Sahara occidental est ''logiquement inéluctable''.
''En voulant ajourner les choses, les faiblesses du système marocain s'accentuent davantage, ce qui lui fait perdre beaucoup d'atouts'', explique-t-il encore.
''Le Maroc s'affaiblit de jour en jour, puisqu'il mobilise des dizaines de milliers de soldats et toutes ses ressources économiques sur la question du Sahara occidental, élevée au rang de première priorité'', poursuit-t-il.
Revenant sur l'histoire de la lutte du peuple sahraoui contre l'occupation marocaine, depuis 1976, le ministre estime que le Maroc ''ne cesse de reculer'' et que la ''prochaine étape sera l'indépendance''.
''Lorsqu'il a envahi le Sahara occidental, en 1976, l'ancien roi du Maroc Hassan II disait que le dossier était clos, qu'il avait réussi à imposer un fait accompli. Depuis, le Maroc n'a cessé de reculer, d'abord en 1981, quand il a été obligé de dire au sommet africain de Nairobi qu'il acceptait le référendum d'autodétermination, puis en 1987, quand il a accepté la venue de l'ONU pour organiser le référendum, et en 1991, lorsqu'il y a eu l'accord de paix et le cessez-le-feu'', explique-t-il.
''Aujourd'hui, le Maroc propose l'autonomie (du Sahara occidental) après 30 ans d'occupation. Ce sont des reculs cumulés et le prochain recul sera le référendum d'autodétermination et l'indépendance'', prédit-il.
A une question sur la mission de la Commission de l'ONU pour les droits de l'homme, menée actuellement dans les territoires sahraouis occupés, M. Khalil Sidi Mhamed estime qu'elle constituera le ''déclic d'une nouvelle étape''.
''Nous ne comptons pas beaucoup sur la mission en elle-même, mais sur l'effet qu'elle aura et le déclic psychologique, moral et politique, qu'elle déclenchera sur le mouvement, qu'elle créera à l'intérieur du Sahara occidental et l'impact qu'elle aura sur le conflit en général'', dit-il.
La venue de la mission de l'ONU est, selon lui, une ''preuve supplémentaire'' de la force de la résistance pacifique. ''Les membres de la Commission de l'ONU sont venus contre le gré du Maroc, c'est l'Intifada qui la amenée'', se félicite-t-il.
Cette mission a été décidée en octobre 2005 par le Conseil de sécurité de l'ONU, sur demande du Front Polisario. Elle a été ajournée trois fois, sur requête du Maroc.
Il s'agit de la troisième mission d'information menée par l'ONU dans les territoires occupés sahraouis, après celles de 1975 et 1987.
Les Nations unies ont déployé en 1991 des casques bleus, dans le cadre de la Mission de l'ONU pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), décidée après la signature de l'accord de cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, en septembre 1991. Quinze ans plus tard, le référendum n'a toujours pas eu lieu.
''Le Maroc a un adversaire de taille : des Sahraouis déterminés qui sont prêts à se sacrifier pour leurs droits, avec, à leurs côtés, la force de la justice'', conclut M. Khalil Sidi Mhamed. (SPS)
010/090/700 191649 mai 06 SPS
|
>> Dernières Dépêches << |
© Sahara Press Service: sps@spsrasd.info