SPS TERRITOIRE
OCCUPES/INTIFADA/PRISONS
Aminetou Haidar : "Ils m'ont fait subir toutes sortes de traitements
inhumains"
20.07.05
El Aaiun (territoires occupés), 16/07/2005 (SPS) L'activiste de
défense des droits humains, Aminetou Haidar, emprisonnée
depuis près d'un mois dans la Carcel negra (Prison noire) de la
capitale occupée du Sahara Occidental, a répondu depuis
l'enceinte pénitentiaire aux questions formulées par
l’envoyé spécial du quotidien madrilène, ABC, Luis
De Véga, grâce à la collaboration de militants
sahraouis, a-t-il précisé.
Voici la traduction, par Arso, de cette interview de Mme Haidar
publiée le 13 juillet dernier :
- Pouvez-vous raconter comment et
pourquoi vous êtes en détention ? - J'étais à El
Aaiun occupée le 17 juin, où, avec d'autres activistes
sahraouis, nous préparions une manifestation de
solidarité avec les victimes de l'"Intifada". Les forces de
sécurité marocaines sont intervenues violemment,
dirigées, entre autres, par les bourreaux Ichi Abou El Hasan et
Hamid Bahri, plusieurs parmi nous ont subi des blessures graves. Nous
avons été transférés à
l'hôpital Belmehdi, c'est dans la salle des urgences que j'ai
été kidnappée avec la complicité du
personnel, au même moment un autre activiste sahraoui, Hmad
Hammad, a été brutalement torturé.
- Quelles charges les autorités
du Maroc avancent-elles contre vous ? - Ils m'ont fait subir toutes
sortes de traitements inhumains et des interrogatoires poussés
dans le but de connaître toutes mes activités, surtout
celles en rapport avec la question du Sahara Occidental. Ils ont
essayé, en vain, de m'impliquer dans des actes de violence et
des attentats, ce qu'ils appellent des "sujets sacrés et
touchant à la sécurité de l'Etat marocain". Ils
ont inventé toutes sortes de fausses accusations et ils ont
essayé de me forcer à signer des aveux sans y parvenir.
- Quelle est votre motivation comme
activiste sahraouie des droits humains ? - J'ai vécu dans ma
propre chair l'expérience de la séquestration en 1987
durant plus de trois ans et demi, avec beaucoup d'autres Sahraoui-e-s,
dont plusieurs sont morts sous la torture. Après ma
libération cela m'a motivé à lutter pour les
droits des victimes de ces violations pour y mettre fin,
démasquer les auteurs, faire connaître la situation et
encourager toute la société sahraouie à se joindre
à cette lutte.
- Quelles sont les conditions
d'incarcération à la Prison Noire d'El Aaiun ? - Elle est
considérée comme une des pires prisons, car elle n'offre
pas des conditions de vie minimales. Je me trouve dans une cellule
d'isolement, sans air ni lumière naturelle, avec des blessures
profondes à la tête qui n'ont pas été
traitées. Je suis privée de visites et n'ai pas
accès à des périodiques, des revues ou tout moyen
de communication téléphonique ou autre. Tout cela fait
partie de la campagne féroce du régime marocain et de son
agence officielle de presse, MAP, pour nous isoler du monde
extérieur.
- Quel devrait être selon vous
le rôle de l'Espagne ? - La position du gouvernement
espagnol sur la question du Sahara est encore ambiguë et manque de
courage. Je considère que l'Espagne a toute la
responsabilité historique envers le peuple sahraoui, puisqu'elle
est toujours considérée comme puissance administrante du
territoire. Par conséquent, il est temps qu'elle fasse pression
sur le Maroc.
- Qu'attendez-vous du voyage au Sahara
d'une délégation de parlementaires que le Maroc et
l'Espagne veulent organiser ? - Nous attendons beaucoup
d'activités de ce type, pourvu qu'elles soient transparentes.
Après le refus de l'accès au territoire à
plusieurs groupes de personnalités, je crois que la visite doit
avoir pour but de réaliser son véritable objectif, qui
est celui d'une commission d'enquête sur les violations
répétées et les tortures physiques qu'ont subis
les Sahraoui-e-s.
- Que demandez-vous à l'ONU ? - Les Saharaui-e-s ne lui
demandent rien de plus que de mener à bien ses
résolutions, qui proposent le droit à la libre
autodétermination.
- Pourquoi avoir choisi ce moment pour
déclencher cette "Intifada" ? - Ce fut la décision de
la population sahraouie, que s'est révoltée en raison de
cette situation de "ni guerre ni paix", qui ne fait que favoriser le
régime occupant. Alors que le peuple sahraoui souffre dans les
pires conditions. (SPS)
SPS ESPAGNE/MAROC La gauche espagnole
réclame un ambargo sur les armes destinées aux Maroc
Madrid, 16/07/2005 (SPS) La
Gauche Unie (IU en espagnol) s’est promis
de déclencher une campagne pour imposer un ambargo sur les armes
que
vent l’Espagne et l’UE au Maroc parce que ce dernier "est un pays en
conflit qui ne respecte pas le Droit international", a affirmé
le
Coordinateur général du parti, Gaspar Llamazares,
cité par Europa Press.
Au cours d’une point de presse sanctionnant sa rencontre, vendredi au
siège de son parti à Madrid, avec le Président de
la République,
Mohamed Abdelaziz, M. Llamazares a ajouté que sa formation
n’acceptera
pas que le Maroc "représente ou administre des
intérêts qui ne lui
appartiennent pas", et qui relèvent uniquement de la
compétence du
peuple sahraoui, en référence aux négociations
entre l’UE et le Rabat
sur la pêche.
Une rencontre qu’il a qualifié d’"éclairante et
importante", qui doit
favoriser une impulsion à la sensibilisation du Gouvernement
espagnol
pour "ne pas abandonner le peuple sahraoui et pour qu’il revienne
à ses
engagements à l'égard du Droit international,
l’autodétermination du
peuple sahraoui et l’application des droits de l’Homme".
Le responsable espagnol a en outre reproché au Gouvernement
Zapatero sa
position vis à vis du conflit du Sahara Occidental, estimant
qu’il
devait s’investir davantage dans le soutien du "Plan Baker pour
l’autodétermination du peuple sahraoui" (…) "en harmonie avec le
Droit
international".
Il soulignera que son parti continuera à tenter à "entrer
dans les
territoires occupés par le Maroc au Sahara Occidental", à
travers des
déplacements d’organisations sociales, politiques et culturelles
pour
"dénoncer la situation du peuple sahraoui dans ces zones". (SPS)