SPS RASD/MAROC/EMIGRATION CLANDESTINE
Le Polisario annonce avoir sauvé 92 émigrés
clandestins jeté par le Maroc en plein désert
15.10.05
Bir
Lehlu (territoires libérés), 15/10/2005 (SPS) Le
Front Polisario a annoncé qu'il a réussi à sauver
92 émigrés clandestins africains, refoulé du nord
du Maroc et jeté en plein désert, qui se trouvent
actuellement regroupés à Bir Lehlu (Est du Sahara
Occidental) auxquels ils a prodigué les premiers soins et
distribué la nourriture et les vêtements, a annoncé
une source gouvernemental sahraouie.
Ces personnes de différentes nationalités africaines
affirment qu'elles ont été contraintes à se
jeter en plein désert sous la bastonnade et la menace des armes
à feu par les forces armées marocaines sur
différents points du mur de défense militaire
érigé en 1986, qui partage le Sahara Occidental et son
peuple en deux parties du nord au Sud.
Les recherches qui s'effectuent depuis mardi dernier par les
unités de l'armée sahraouie sont très difficile en
raison de la grande distance à parcourir pour le
dépistage qui s'effectue en longeant ce mur de plus de 2.300 Km,
sachant que les émigrés ont été
déversés dans plusieurs points de ce rempart militaire,
truffé de millions de mines anti personnels, a-t-on
indiqué.
Le Front Polisario a alerté depuis trois jours la Mission des
Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental
(MINURSO), présente sur le terrain depuis 1991, et
particulièrement dans cette localité de Bir Lehlu, qui a
rendu visite à ces candidats malheureux à
l'émigration, a ajouté la même source.
Les rescapés du désert qui se trouvent dans un
état psychique et physique lamentable, peuvent être
visiter à tout moment dans cette localité pour ceux qui
s'en préoccupent ou qui veulent bien leur venir en aide ou les
assister, a indiqué le Gouvernement sahraoui.
"Le Maroc doit être sanctionné pour ces pratiques
inhumaines", avait récemment estimé le Gouvernement
sahraoui, soulignant que "si des mesures internationales urgentes ne
sont pas prises pour épauler les efforts de recherches de ces
personnes condamnées à la mort par Rabat, pour les
sauver, les nourrir et les héberger, en attendant de les
rapatrier vers leur pays dans des circonstances garantissant leur
sécurité et leur dignité, on pourra assister
à une tragédie humaine".
Dans une lettre au SG de l'ONU, Kofi Annan, le Président de la
République, Mohamed Abdelaziz, avait averti, le 11 octobre
dernier, du danger pour leur vie à des milliers
d'émigrants convoyés par le Maroc depuis le nord du
royaume vers les zones désertiques du Sahara Occidental,
appelant l'ONU à oeuvrer pour éviter cette
tragédie.
Le Sahara Occidental est un territoire qui se trouve "sous
l'autorité et la responsabilité des Nations Unies,
représentée par sa Mission pour l'organisation d'un
referendum d'autodétermination au Sahara Occidental (MINURSO)",
a relevé la lettre appelant M. Annan à "intervenir de
manière urgente afin de mettre fin aux pratiques du Gouvernement
marocain qui mettent en péril la vie des émigrants
clandestins". (SPS)
SPS TERRITOIRES
OCCUPES/MAROC/REPRESSION
Sit-in de solidarité des étudiants sahraouis à
Marrakech avec la population sahraouie de Boujdour
<> Marrakech (Maroc), 15/10/2005
(SPS) Les étudiants sahraouis à Marrakech ont
organisé, jeudi soir à l'université de Marrakech,
un sit-in de solidarité avec la population sahraouie de
Boujdour, réprimée le même jour, selon des
témoins oculaires,de contactés par SPS.
Les étudiants sahraouis réclamaient le départ des
forces coloniales, ainsi que le droit de leur peuple à
l'autodétermination et à l'indépendance, scandant
des slogans appelant à la décolonisation de leur pays,
tels que "pas d'autres alternatives que l'autodétermination",
"dans les territoires occupés un volcan est en
ébullition" et condamnant la répression
systématique érigée en système par le
régime de Rabat contre le peuple sahraoui depuis son invasion du
territoire sahraoui en 1975, ont indiqué les même sources.
Les manifestants ont, en outre, appelé l'ONU et la
communauté internationale "à intervenir en urgence pour
mettre un terme aux violations marocaines des droits de l'homme dans
les territoires occupés du Sahara Occidental et à oeuvrer
afin de garantir au peuple sahraoui l'exercice de son droit
inaliénable à l'autodétermination", a
souligné un communiqué des étudiants
distribué au cours de ce sit-in.
Déclarant leurs "attachement aux droits légitimes du
peuple sahraouis", les étudiants sahraouis ont tenu à
appeler la communauté internationale à faire pression sur
le Maroc pour qu'il "libère immédiatement et
inconditionnellement tous les prisonniers politiques sahraouis", qui
sont toujours en détention et qui souffrent encore des terribles
conditions de détention dans le tristement célèbre
Carcel negra (Prison noire) à El Aaiun.
39 personnes ont été blessées et 12 autres
arrêtés dans les rangs de manifestants sahraouis, jeudi
à Boujdour (territoires occupés), à la suite des
affrontements avec les forces coloniales marocaines ayant intervenu
pour disperser un sit-in réclamant l'organisation du
référendum d'autodétermination du peuple sahraoui
et les respect des droits humains au Sahara Occidental, rappelle-t-on.
Plusieurs de ces blessés se trouvent à l'hôpital de
la ville, alors que leurs familles ont été
empêchées de leur rendre visite en les dispersant par la
force devant l'entrée de l'hôpital, où elles se
sont rassemblées, alors qu'un des victimes, M. Hamadi Toueir, a
été transféré d'urgence, blessé
gravement à la tête, à l'hôpital Bel Mehdi de
la capitale occupée du Sahara Occidental, El Aaiun.
Les forces d'occupation ont en outre saccagé plus de 7 maisons
de la ville et emporté les biens des locataires, alors qu'un
camion du Groupe Urbain de Sécurité (GUS)
dépêché depuis El Aaiun s'est encastré dans
la voiture d'un citoyen sahraoui, Ahmedou Najem, qui, après
être sorti indemne de l'accident, a été roué
de coups de matraques et crosse de fusils, rappelle-t-on encore. (SPS)