SPS 001
MAROC/SYNDICAT/TERRITOIRES OCCUPES
Le piège déjoué (Par Lemhamid S.
Mohamed)
Chahid El-Hafed, 15/03/01 (SPS) - La Confédération Démocratique du Travail marocaine (CDT) a tenu mercredi son congrès à El Aaiun, la capitale occupée du territoire sahraoui, dans une tentative d'escalade dans la région initiée depuis le 22 décembre dernier par le passage du rallye Paris-Dakar par le territoire sahraoui.
Le piège préparé par le gouvernement de Rabat pour cautionner son occupation illégale du territoire sahraoui était tellement grossier que les centrale syndicales du monde, toutes tendances confondues, ont boycotté la réunion pour signifier aux dirigeants de la CDT qu'ils devaient plutôt s'occuper des droits des travailleurs marocains exploités au lieu de servir de marionnette des autorités d'occupation. En effet, le gouvernement de Rabat, qui voulait impliquer indirectement la communauté internationale dans son aventure coloniale au Sahara Occidental, n'a réussi finalement à entraîner qu'un représentant de l'ambassade de France à Rabat. Et ce n'est une surprise pour personne, sachant que Paris ne ménage aucun effort pour conforter le Maroc dans ses tentatives de se soustraire à la légalité internationale.
En plus de la portée médiatique escomptée par cette mascarade qui a finalement tourné en dérision, les autorité coloniales marocaines cherchent à maintenir la pression psychologique sur les populations civiles sahraouies dans les territoires occupés, soumises depuis 1975 à la répression, la terreur et les enlèvements forcés. Le discours prononcé par le SG de la CDT, Nabir Elamaoui, dans la séance d'ouverture de son congrès est édifiant à ce sujet.
Elamaoui prône l'immigration du nord vers le sud (Sahara Occidental) pour les jeunes marocains qui se font tuer tous les jours à bord des embarcations de la mort lors des tentatives périlleuses de joindre les côtes européennes à la recherche d'emploi. Au lieu de s'investir dans des projets socio-économiques pour le bien-être de sa population, le gouvernement de Rabat, par Elamaoui interposé, veut faire miroiter aux chômeurs marocains l'existence d'un El Dorado saharoui.
Le nombre de personnes vivant au seuil de la pauvreté au Maroc est passé en 1999 de 3,36 millions à 5,31 millions, de l'avis même du journal marocain ''L'Economiste'' et le budget de l'armée (6,25 milliards de FF pour 2001) a presque doublé depuis l'augmentation des salaires des soldats marocains le 25 janvier dernier.
L'ouverture démocratique a montré ses limites, ont constaté les observateurs qui voient que les anciens moyens d'information du pays , liés au pouvoir ou simples organes d'expressions des partis traditionnels, demeurent n'ont jamais dépassé le langage de bois, au moment où la timide liberté de presse prônée par de nouveaux journaux est étouffée dans l'oeuf par le vieux appareil du makhzen.
Et puisque cette tactique de fuite en avant, qui a toujours caractérisée la politique marocaine vis à vis du conflit du Sahara Occidental, cache mal son échec dans le cautionnement par la communauté internationale de son fait accompli colonial, les observateurs ont relevé aussi dans cette mise en scène d'El Aaiun une autre tentative de diversion qui ne fera pas long feu.
Le gouvernement et le peuple sahraoui sont satisfaits du boycott des assises de la CDT dans les territoires occupés de la RASD observé par la communauté internationale, qui y voient un rejet catégorique du fait accompli colonial et un appel au Maroc à souscrire à la légalité internationale à travers l'organisation d'un référendum qui permettra au peuple sahraoui de choisir librement son destin.
De telles initiatives, à l'image du passage du dernier rallye Paris-Dakar par le territoire sahraoui, sont considérées par les autorités sahraouies comme une escalade pour raviver la tension à un moment où la communauté internationale se dépense pour appliquer le plan de paix au Sahara Occidental.( SPS)
SPS 002
TERRITOIRES OCCUPES/MINES
Un mort et deux blessés par l'explosion d'une mine dans les
territoires occupés
Smara (territoires occupés), 15/03/01 (SPS) &endash; Un homme a trouvé la mort et deux autres ont été gravement blessés après que leur voiture ait sauté sur une mine à côté de "Erbeib Bellaw" aux environs de Smara, a-t-on appris de sources proches du ministère des territoires occupés et la communauté.
Les hommes qui nomadisaient non loin du mur de défense érigé par les troupes marocaines contre les attaques de l'armée sahraouie, avaient reçu de fausses assurances des troupes coloniales que le secteur était sécurisé. L'un d'eux a payé de sa vie et les deux autres pourrons s'en sortir avec des membres amputés, a déploré la même source.
Pour le ministère des territoire occupés, "cette nouvelle forme d'extermination du peuple sahraoui vient s'ajouter aux enlèvements, la répression, la terreur et les jugements arbitraires" dans le but de "domestiquer" la population et imposer le fait accompli colonial.
Il a lancé un appel en direction de la communauté internationale pour mettre un terme à ce processus macabre d'extermination par les mines du peuple sahraoui qui a déjà fait plusieurs victimes. (SPS)
010/090/110 151707 MAR 01 SPS
SPS 003
TERRITOIRES OCCUPES/PRISONNIER/GREVE
Salek Bahaha entame une grève illitée de faim dans la
prison de Marakech
Marakech, 15/03/01 (SPS) &endash; Le citoyen sahraoui, Salek Mahoud Bahaha, a entamé depuis une semaine une grève illitée de faim pour protester contre les dures conditions de détentions dans la prison de Marakech où il purge depuis fin septembre 2000 une peine de quatre ans pour "délit" de patriotisme.
Selon des informations reçues par la SPS dont la source tient à garder l'anonymat, l'homme se trouve dans un état de santé très grave et les autorités pénitenciaires ne s'inquiètent nullement de son sort.
Appartenant à une groupe de quatre jeunes Sahraouis accusés et jugés pour ''atteinte à la sécurité de l'état'' pour leur participation aux manifestations de ''La Place de D'Cheira'' en septembre 1999, Salek Bahaha entreprend ainsi sa deuxième grève de faim en l'espace de trois mois.
Dans l'attente de la révision de son procès qu'il réclame par cette action, Salek revendique également le transfére vers ses amis à la prison d'Inzegan.
Najem Laghzal, Khaya Cheikh et El-Arbi Messaoud sont ses trois autres compatriotes emprisonnés actuellement à Inzegan pour une durée de quatre ans, rappelle-t-on.
Ils avaient comparu devant un tribunal à Agadir et répondu aux questions du juge en l'absence des deux avocats chargés de leur défense, dans un procès à ''caractère abusif'' et des procédures judiciaires ''montées de toutes pièces'', avait relevé à l'époque, l'Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis, rappelle-t-on encore. (SPS)
010/090/110 151822 MAR 01 SPS