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TERRITOIRES OCCUPES/ESPAGNE/MOTION

Une résolution du Parlement espagnol appelle à la libération des prisonniers politiques sahraouis

14.09.05



Madrid, 14/09/2005 (SPS) Le Parlement espagnol a appelé à la libération des prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim au Maroc et à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination, selon une motion de la plus haute instance législative espagnole adoptée mardi à Madrid.

Le Parlement espagnol appelle le Gouvernement marocain à "libérer immédiatement les défenseurs des droits humains, Aminetou Haidar et Ali Salem Tamek et exige le respect des droits individuels des détenus et les inculpés et la transparence requise dans la situation de détentions et d’inculpation", a souligné la motion, dont une copie est parvenue à SPS.

Il a également sollicité "l’intervention de l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine pour que se rétablisse la légalité internationale et le respect des droits humains dans le territoire du Sahara Occidental", mettant en exergue son "rejet des mesures répressives exercées par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara Occidental".

Le Parlement a insisté auprès du Gouvernement marocain pour "permettre l’accès permanant d’observateurs internationaux, de représentants d’organisations de droits humains et de la presse internationale au territoire du Sahara Occidental", exprimant son "malaise pour l’expulsion du territoire de représentants institutionnels et sociaux espagnols".

La plus haute instance législative espagnole a en outre exprimé son soutien aux "droits légitimes du peuple sahraoui à exercer son droit légitime à l’autodétermination à travers un référendum".

La motion a insisté sur le soutien aux résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité et "spécialement la résolution 1495 approuvée à l’unanimité qui exprime le consensus de la communauté internationale pour garantir une solution juste et durable du conflit".

Le Parlement espagnol a demandé à l’ONU à mettre en place des mécanismes qui "garantissent la sécurité de la population du Sahara Occidental jusqu’à la célébration du référendum", promettant de défendre tout ceci devant les forums internationaux, les pays de la région, les parties impliquées et "spécialement devant le Gouvernement marocain".

Enfin, le Parlement espagnol a invité le Maroc à "répondre à la décision adoptée par le Front Polisario en relation avec la libération des prisonniers de guerre marocains pour qu’en retour, il libère les 150 prisonniers de guerre sahraouis, les prisonniers politiques et pour faciliter des investigations sur le sort de plus de 500 disparus". (SPS)

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OCCUPIED TERRITORIES/INTIFADA/DROITS HUMAINS

Un collectif sahraoui des droits humains interpelle le Conseil de sécurité à libérer les 37 sahraouis grévistes de la faim

 

 



El Aaiun (territoires occupés), 14/09/2005 (SPS) Le Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l'Homme a adressé au SG de l’ONU et aux 15 membres permanents du Conseil de sécurité une lettre dans laquelle il demande la libération des 37 prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim dans des geôles marocaines et brossant un tableau sombre de la situation des droits humains au Sahara Occidental sous domination coloniale marocaine.

Voici le texte intégral de cette lettre, dont une copie est parvenue à SPS:

"Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l'Homme
Territoires Occupés du Sahara Occidental

Lettre adressée aux :

   Secrétaire général de l’ONU,

Les Représentants des 15 pays membres du Conseil de Sécurité.

Excellences,

Depuis le 21 Mai 2005, la population sahraouie de la ville de El Aaiun dans les  Territoires Occupés du Sahara Occidental a organisé  des sit-in et des manifestations de protestation  contre l'occupation marocaine, réclamant notamment le droit à l'autodétermination et le respect des droits de l’homme. Ces sit-in et manifestations ont été sauvagement réprimés par les différents corps de répression marocains et en particulier les Forces Auxiliaires « forces paramilitaires », les CMI « Compagnies Mobiles d’Intervention » et les GUS « Groupes Urbains de Sécurité ». Les manifestants sahraouis sauvagement tabassés lors de ces sit-in et manifestations,  ont été interdits par les autorités marocaines et le corps médical et paramédical marocain exerçant à El Aaiun d'accéder aux soins médicaux aux hôpitaux. Les habitations sahraouis et leurs meubles ont été saccagés par les forces de répression marocaines. Plusieurs de ces habitations ont été évacuées de force de leurs locataires sahraouis et restées occupées pendant des jours par les forces de répression marocaines et leurs toits étaient devenus des tours de contrôle sur lesquels étaient placés les fusils lanceurs de bombes lacrymogènes. Des campagnes d'enlèvements et d'arrestations ont ciblé les vieux, les jeunes, les femmes et même des familles entières parmi la population civile sahraouie. Des dizaines de Sahraouis arrêtés ont été soumis, dans les locaux de la police marocaine, aux méthodes de torture corporelles et psychiques les plus barbares avant d'être abandonnés dans les décharges et les plateaux arides entourant la ville de El Aaiun alors que d'autres étaient différés devant la justice marocaine.

En solidarité avec leurs concitoyens,  les Sahraouis habitant les autres villes des Territoires Occupés du Sahara Occidental (SMARA, BOUJDOUR et DAKHLA) et les villes du sud du Maroc (GOULIMINE, TAN TAN et ASSA) organisèrent  des  manifestations et des sit-in où ils réclamaient également le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, ce que  les autorités marocaines réprimèrent  avec atrocité. De même, les étudiants universitaires sahraouis dans les villes universitaires marocaines (Agadir, Marrakech, Casablanca et Rabat) ont organisé dans les campus universitaires des sit-in de solidarité avec leurs concitoyens réprimés par les autorités marocaines à El Aaiun. Au cours de ces sit-in, ils ont exprimé leur rejet de l'occupation marocaine du Sahara Occidental et ont réclamé la tenue d'un référendum d'autodétermination permettant aux Sahraouis de se prononcer librement sur le statut définitif du Sahara Occidental. En réaction à cette campagne de solidarité estudiantine sahraouie, les autorités marocaines dans ces villes universitaires marocaines ont violement réprimé, parfois même devant les caméras des reporters étrangers, les étudiants sahraouis en sit-in aux cités universitaires dans les villes universitaires marocaines en question.

Plusieurs journalistes et reporters des chaînes de télévision internationales venus pour la réalisation des reportages sur la situation aux territoires occupés du Sahara Occidental ont été refoulés par les autorités marocaines sans pouvoir même franchir les frontières de la zone internationale de l'aéroport d'El Aaiun. De même une dizaine de délégations d’observateurs indépendants étrangers venus pour enquêter sur la situation et les violations des droits de l’homme commises par les autorités marocaines lors des manifestations pacifiques qui réclamaient le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination,   ont été également interdits par ces autorités d’accéder aux territoires occupés du Sahara Occidental. Actuellement, ces territoires demeurent sous quadrillage militaire, sécuritaire et médiatique total et la population civile sahraouie y vit sous la terreur semée par les différents corps de répression marocains.

Pour renforcer ce quadrillage et réprimer le mouvement pacifique sahraoui réclamant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément aux textes et résolutions des Nations Unies, des convois des forces de répression marocaines venant des villes marocaines affluent toujours vers les territoires occupés du Sahara Occidental.

En parallèle, les intimidations se sont accentuées à l'encontre des défenseurs sahraouis des droits de l'homme et 07 d’entre eux ont été arrêtés. Les défenseurs sahraouis des droits de l'homme non arrêtés se trouvent sous surveillance totale des services de renseignement marocains et empêchés de force de mener leurs actions faisant connaître à l'opinion publique internationale les graves violations des droits de l’homme commises par l'état marocain contre la population civile sahraouie lors des manifestations.

Excellences,

Dans son discours adressé au peuple marocain, le 30 juillet 2OO5, la plus haute autorité de l'appareil de l'Etat marocain avait  implicitement donné le feu vert aux forces de répression marocaines pour intensifier les campagnes de répression à l'encontre des défenseurs sahraouis des droits de l'homme et les manifestants sahraouis réclamant le droit à l'autodétermination et le respect des droits de l’homme. Cette même autorité avait salué la mobilisation des milieux chauvinistes marocains qui demandaient habituellement à l'état marocain d'éradiquer sans merci toute forme d'existence du mouvement pacifique sahraoui qui réclame le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et le respect des droits de l’homme.

Actuellement, 37 détenus politiques sahraouis dont 07 défenseurs des droits de l’homme sont incarcérés et éparpillés dans trois prisons où ils vivent dans des conditions carcérales déplorables. Dans le but de leur arracher des aveux, ils étaient maltraités et torturés sauvagement dans les geôles secrètes PC des CMI et PC des GUS à El Aaiun pendant plusieurs heures d'interrogatoires supervisées par l'état major de la police marocaine exerçant aux territoires occupés du Sahara Occidental. L’un d’entre eux a même fait l'objet d'un interrogatoire mené au siège de la brigade nationale de la police judiciaire marocaine par le Directeur Général de la Sûreté Nationale marocaine qui n'a cessé durant l'interrogatoire en question de lancer des menaces contre les défenseurs sahraouis des droits de l'homme et des propos racistes contre le peuple sahraoui.

Ces agissements interviennent au moment où le Comité de l'ONU contre la torture attend toujours l'engagement officiel du Maroc quant au respect de la Convention internationale contre la torture après avoir été auditionné, ces deux dernières années, par ce même comité sur le dossier de l'application des dispositions de la convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Au cours de ces mêmes auditions, la torture contre les Sahraouis aux territoires occupés du Sahara Occidental était l'un des sujets pour lesquels le Maroc a été sollicité de donner des éclaircissements.

Excellences,

Au moment où les organisations internationales des droits de l’homme , et en particulier Amnesty International et l’Organisation Mondial de lutte Contre la Torture (OMCT) , appellent les autorités marocaines à libérer les détenus politiques sahraouis et à ouvrir une enquête sur les allégations de torture pratiquée par les forces de répression marocaines sur les détenus politiques sahraouis, les autorités marocaines récidivent et continuent d'afficher leur indifférence face aux appels pour le respect des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental lancés par la communauté internationale et les organisations internationales des droits de l'homme. C'est ainsi qu’elles ont procédé à la déportation d'un certain nombre de détenus politiques sahraouis dans des prisons à l’intérieur du Maroc et continuent de menacer l’un d’entre eux  de séquestration dans un asile psychiatrique. En protestation contre leurs déplorables conditions carcérales, les peines d'emprisonnement lourdes prononcées à leur encontre lors des procès inéquitables, les mauvais traitements et la torture dont ils ont été victimes lors des interrogatoires effectués dans les locaux officiels de la police marocaine et ses geôles de séquestration secrètes, et le transfert brutal, depuis la prison d’El Aaiun aux Territoires Occupés du Sahara Occidental vers des prisons à l'intérieur du Maroc, 37 détenus politiques sahraouis y compris les 07 défenseurs sahraouis des droits de l’homme arrêtés observaient depuis le 08 août 2005 une grève de la faim illimitée. L'état de santé de ces détenus politiques sahraouis en grève de la faim illimitée s'est gravement détérioré et les autorités marocaines continuent d'afficher leur indifférence totale envers leurs revendications légitimes.

Excellences,

Préoccupé par la situation alarmante des droits de l’homme aux territoires occupés du Sahara Occidental, le Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l'Homme dans les Territoires Occupés du Sahara Occidental vous interpelle et sollicite votre intervention ferme auprès des autorités marocaines pour :

•        Sauver la vie et libérer immédiatement et inconditionnellement tous les détenus politiques sahraouis (voir la liste en annexe),

•        juger les responsables sécuritaires marocains reconnus coupables des mauvais traitements et tortures infligés aux détenus politiques sahraouis,

•        coopérer avec le Comité International de la Croix Rouge (CICR) sur le sort de 151 prisonniers de guerre sahraouis qu’il détiennent  depuis le début du conflit du Sahara Occidental,

•        Etablir la vérité sur le sort de 526 disparus sahraouis répertoriés par les organisations internationales des droits de l’homme,

•        Respecter les droits de l’homme dans les  territoires occupés du Sahara Occidental,

•        Lever le quadrillage militaire, sécuritaire et médiatique imposé aux territoires occupés du Sahara Occidental depuis leur occupation le 31 octobre 1975.

Excellences,

Nous savons que vous êtes bien conscients que cette situation alarmante des droits de l'homme dans les  Territoires Occupés du Sahara Occidental est une conséquence directe du conflit politico-militaire que connaît la région depuis son occupation par le Maroc le 31 octobre 1975. Cette situation exige alors l’intervention urgente des nations libres pour protéger le peuple sahraoui et exiger le respect de ses droits légitimes. Pour cela, le Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l'Homme dans les  Territoires Occupés du Sahara Occidental vous appelle à tout mettre en œuvre pour mettre fin aux souffrances du peuple sahraoui et ce,  par l’adoption des résolutions statuant :

•        L’élargissement des compétences de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO) au volet des droits de l’homme,

•        La nomination d'un Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l'homme dans les Territoires Occupés du Sahara Occidental,

•        La constitution d'une commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme commises par les autorités marocaines contre les civils sahraouis,

•        La mise en application du Plan de Paix pour l’Autodétermination du Peuple du Sahara Occidental approuvé par le Conseil de Sécurité en juillet 2003.

Enfin, nous tenons, au nom de tous les défenseurs sahraouis des droits de l’homme aux territoires occupés du Sahara Occidental, à vous exprimer notre profonde estime et notre haute considération pour le travail noble que vous réalisez pour la paix et l’émergence des valeurs de la fraternité entre les peuples.

 Fait à El Aaiun,  territoires occupés du Sahara Occidental,

 Le 09 septembre 2005                                                                  

Liste des détenus politiques sahraouis en grève de la faim illimitée

1. Aminatou Haidar
2. Mohamed Elmoutaoikil
3. Brahim Noumri 
4. Elhoucine Lidri
5. Hmad Hammad
6. Elaarbi Messoud
7. Ali Salem Tamek
8. Bougarfa Abderrahman
9. Lahcen Zrayguinate
10. Hassanna Elhairach
11. Bouaamoud Mohamed Salem
12. Daoudi Omar
13. Baba Elaarabi
14. Hammadi Elkarcha
15. Alouate Sidi Mohamed
16. Bachir Baba
17. Ndour Elhoucine
18. Elhafed Toubali
19. Abdelaaziz Dai
20. Nafaa Bouchama
21. Alamine Bada
22. Shreih Hamou
23. Slami Mohamed Salem
24. Daaki Mohamed
25. Moussaoui Sid Ahmed
26. Mohamed Mahmoud Fak
27. Ahmed Mahmoud Hadi Kainan
28. Mahmoud Moustapha Haddad
29. Hadi Shrief Ahmed Fal
30. Hassana Meki
31. Rashid Mohamed Bahia
32. Shtioui Mahdjub
33. Balla Sidi Mohamed
34. Tahlil Mohamed
35. Djenhi Khalifa
36. Houeid Mahmoud
37. Wali Admidan". 

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