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Des milliers de manifestants revendiquent à Madrid le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination

13.11.04


Madrid, 13/11/2004 (SPS) Une manifestation qui a réuni des milliers de personnes, venues de toutes les régions d'Espagne, s'est déroulée samedi à Madrid en soutien au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, a rapporté l'agence de presse algérienne, APS.

La manifestation qui s'est ébranlée à midi de la place Glorieta de Atocha, dans le centre de la capitale espagnole, a vu la participation de représentants de tous les partis politiques, d'organisations sociales, de jeunesses et d'ONG, ainsi que des citoyens.

Coïncidant avec le 30ème anniversaire des "tristement célèbres Accords Tripartites de Madrid" du 14 novembre 1975, la manifestation, organisée à l'appel de la Coordination Etatique des Associations Solidaires du Sahara Occidental (CEAS-SAHARA), a reçu le soutien des principales organisations syndicales espagnoles, Commissions Ouvrières (CC) et Union Générale des Travailleurs (UGT).

Le cortège était conduit par Brahim Ghali, délégué du Front Polisario à Madrid, Gaspar Llamazares, coordinateur du parti Izquierda Unida (gauche unie) et Jose Taboada Valdes, président de l'Association des Amis du Peuple Sahraoui.

Un immense drapeau de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), porté par des sympathisants de la cause sahraouie et une banderole sur laquelle était inscrit "30 ans ça suffit, maintenant le référendum d'autodétermination" ouvraient la marche, largement couverte par les médias.

Tout au long du parcours, les manifestants ont scandé des slogans en faveur du peuple sahraoui : "Stop aux trahisons", "Oui au référendum", "Sahara libre", "Justice pour les détenus et les disparus sahraouis", ont-ils lancé.

Arrivés devant le siège du ministère des Affaires Etrangères, quelques centaines de mètres plus loin, une délégation représentant toutes les associations espagnoles solidaires du peuple sahraoui a remis aux responsables du ministère un manifeste réclamant au Gouvernement espagnol d"'assumer, une fois pour toute, sa responsabilité historique à l'égard du peuple sahraoui, en exigeant l'application du Plan de Paix, à savoir le Plan Baker II".

Le manifeste appelle le Gouvernement à "prendre toutes les mesures nécessaires pour demander à l'ONU la stricte application du Plan de Paix et l'organisation urgente d'un référendum d'autodétermination en vue de clore définitivement le processus de décolonisation au Sahara Occidental". Le document demande à l'exécutif espagnol d'accorder à la Délégation du Front Polisario à Madrid le "statut diplomatique, en tant qu'unique et légitime représentant du peuple sahraoui, tel que reconnu par l'ONU et l'Union africaine (UA)".

Le manifeste appelle instamment les pays membres de l'Union européenne de "défendre activement" l'application du Plan de Paix et à rejeter "toute initiative qui prétend se substituer à ce Plan". Les rédacteurs du manifeste appellent par ailleurs le Gouvernement marocain à respecter ses "engagements contractés en vertu du Plan de Paix" ainsi que les droits de l'homme dans les zones occupées du Sahara Occidental.

Le contenu de ce manifeste a été lu à l'assistance, rassemblée Plaza de la Provincia, par l'écrivaine Lucia Etxebarria. Le philosophe Javier Sadaba est également intervenu, au nom du monde de la culture, pour dénoncer les "trahisons" dont a été victime le peuple sahraoui. "Notre Gouvernement détient la clef pour le référendum (d'autodétermination). Il doit faire preuve de cohérence et de courage en usant de cette clef", a-t-il affirmé.

Jose Taboada Valdes, de l'Association des Amis du Peuple Sahraoui, a dénoncé de son côté le fait que le Sahara Occidental soit le "dernier territoire d'Afrique colonisé".

Le délégué sahraoui à Madrid, Brahim Ghali, fortement ovationné par les manifestants, s'est d'abord félicité que la cause sahraouie recueille le soutien unanime de la société espagnole, soulignant que le référendum d'autodétermination est un droit que la communauté internationale reconnaît au peuple sahraoui, mais dont l'exercice a été "entravé par l'invasion marocaine et les Accords Tripartites de Madrid de 1975".

"Le Maroc rejette de manière frontale le Plan de Paix des Nations Unies et les résolutions du Conseil de Sécurité. Nous demandons à la communauté internationale et au Gouvernement espagnol d'exercer des pressions sur le Maroc jusqu'à ce qu'il cède à la légalité internationale", a dit M. Brahim Ghali.

Le coordinateur d'Izquierda Unida, Gaspar Llamazares, a de son côté appelé, dans des déclarations à la presse, le Gouvernement espagnol à une position "ferme, de soutien aux droits du peuple sahraoui".

"Cela fait 30 ans que le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination est confisqué (...). Il est temps que ce droit, devant lequel le Maroc a mis tant d'obstacles, soit mis en pratique. Le Gouvernement espagnol, indépendamment de sa couleur politique, a une obligation morale envers le peuple sahraoui", a-t-il affirmé. (SPS)

020/090/700 131116 Nov 04 SPS

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