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TERRITOIRES LIBERES/IMMIGRATION

Les autorités marocaines abandonnent des dizaines d’immigrés africains à leur sort en plein désert du Sahara Occidental

(Reportage- envoyé spécial

13.10.05

 

Lâagued (territoires libérés) 13/10/2005 (SPS) Les autorités sahraouies ont réussit à recueillir plus de 40 immigrés clandestins, qui ont été abandonnés par les autorités marocaines à leurs sorts au milieu du désert du Sahara Occidental après les avoir maltraités, dépouillés de leurs passeports, argents et même leurs vêtements, a rapporté jeudi l’envoyé spécial de la SPS qui s’est rendu sur place. 

Alors que nous roulant en plein désert vers la région de Lâagued où on nous a rapporté que les autorités militaires sahraouies ont recueillit une dizaine d’immigrés clandestins en déplorable états, nous avons tombé, tout à coup sur un immigré, surgit de nulle part, seul et traînant le pas de fatigue. Nous nous sommes arrêté, recueillit le malheureux et poursuivit notre route. 

Une fois assuré que nous lui voulons pas de mal, Yaco Ampoma, du Gana, qui a 35 ans, marié et père de 5 enfants, nous racontait son histoire et celle de ses autres compagnons qu’il a perdu pendant une marche de trois jours dans le désert parce qu’il était très faible. "Nous étions quelques 160 immigrés, de plusieurs nationalités, nous étions arrêtés à Rabat ou à Nadour pour la plus part, enchaînés comme des bêtes, regroupés à Oujda, transférés de commissariats en commissariat comme des criminelles, nous avons été finalement transporté dans 4 busses, escortés par les gendarmes marocaines qui nous ont conduit vers une destination inconnu", a indiqué le jeune africain. 

"Après 4 jours, on nous a fait descendre des busses brutalement dans une sorte de base militaire marocaine, les militaires et les gendarmes marocains nous ont volé. Ils ont tous pris, notre argent, nos vêtements, même nos passeports ils les ont déchirés, et nous ont forcé à traverser une sorte de mur sous la menace d’armes", a-t-il ajouté, encore sous le choque. 

Une heure plus tard, nous sommes arrivé à une région où 16 immigrés ont été accueillit par l’armée sahraouie. Ils étaient assis, entrain de manger et de boire après avoir été recueillit par une patrouille sahraouie, qui a lancé le message appelant à l’assistance. De nationalités ghanéenne, nigérienne, sénégalaise et malienne, ces immigrés nous ont raconté la même histoire, exprimant leur indignation du traitement qu’ils ont subi de la part des autorités marocaines. 

"Il y a d’autres centaines qui sont regroupé par les autorités marocaines comme du bétail dans des camps. Ils les ont certainement conduit et abandonné dans le désert, peut être que quelques uns d’entre eux ont même trouvé la mort. Nous aurions été mort si cette patrouille du Polisario ne nous a pas trouvé", a assuré Timouthy Osemwenichal, un nigérien de 28 ans. 

Contactant un des officiers sahraouis qui a recueilli un autre groupe de 8 immigrés clandestin que nous avons rencontré au poste de frontière sahraouie à ElHamra, il a exprimé son inquiétude face à ce phénomène. "A part que c’est là un acte de pure barbarie de la part des autorités marocaines et une expression de mépris le plus totale des droits humains, c’est une vrais tragédie humaine, des vies humaines sont délibérément mises en danger. A cet heure même que je vous parle, nos patrouilles essaient de trouver d’autres immigrés, qui auraient été expulsés par les forces marocaines selon les récits de leur amis". 

Les immigrés clandestins ont appelé les Nations Unies et tous les organisations internationales "à faire quelques choses pour mettre un terme à ce massacre inhumain que le régime de Mohamed VI est entrain de commettre, chaque jours, je dit bien chaque jours contre ses frères africains", a martelé Conne Amadou, un jeune de 28 ans du Côte d’Ivoire. (SPS) 

060/090/000 132345 Oct 05 SPS

 

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MAROC/RASD/EMIGRATIONS CLANDESTINES
Plusieurs groupes d’émigrants clandestins jetés par Rabat en plein désert 

 

Bir Lehlu (territoires libérés), 13/10/2005 (SPS) Quatre groupes d’émigrants clandestins  ont été secourus par des unités militaires sahraouis aux alentours de quatre points différents du mur militaire de défense marocain long de 6.300 Km, qui partage le Sahara Occidental en deux parties, a annoncé une source gouvernementale sahraouie.

"Depuis hier, mercredi, nous avons localisé des émigrants clandestins jetés par le Gouvernement marocain dans le désert dans plusieurs tronçons des zones libérées de la République sahraouie, après qu’ils aient  été convoyés dans des conditions inhumaines depuis le nord du Maroc", a indiqué la même source.

Ces candidats infortunés à l’émigration "se trouvent dans un état d’épuisement total, assoiffés et affamés", a ajouté la même source, soulignant que "d’autres groupes, perdus depuis lundi dernier, n’ont toujours pas été retrouvés".

Les autorités sahraouies ont indiqué qu’elles "poursuivent toujours les recherches malgré le manque de moyens" et "surtout malgré que les autorités marocaines aient éparpillé ces centaines de personnes sur plusieurs points du mur de défense long de plus de 2.300 Km".

Pour le Gouvernement sahraoui, "le Maroc doit être sanctionné pour ces pratiques inhumaines", estimant que si des mesures internationales urgentes ne sont prises pour épauler les efforts de recherches de ces personnes condamnées à la mort par Rabat, pour les sauver, le nourrir et les héberger, en attendant de les rapatrier vers leur pays dans des circonstances garantissant leur sécurité et leur dignité, on pourra assister à une tragédie humaine". 

Dans une lettre au SG de l’ONU, Kofi Annan, le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, avait averti, le 11 octobre dernier, du danger pour leur vie à des milliers d’émigrants convoyés par le Maroc depuis le nord du royaume vers les zones désertiques du Sahara Occidental, appelant l’ONU à œuvrer pour éviter cette tragédie.

Le Sahara Occidental est un territoire qui se trouve "sous l’autorité et la responsabilité des Nations Unies, représentée par sa Mission pour l’organisation d’un referendum d’autodétermination au Sahara Occidental (MINURSO)", a relevé la lettre appelant M. Annan à "intervenir de manière urgente afin de mettre fin aux pratiques du Gouvernement marocain qui mettent en péril la vie des émigrants clandestins". (SPS)

010/090/100 131837 oct 05 SPS

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