|
|
|
SPS 13.04.04
|
|
Chahid El Hafed, 13/04/2004
(SPS) Les autorités coloniales marocaines ont expulsé du Sahara
occidental, le 5 avril dernier, un journaliste indépendant norvégien,
Erik Hagen, et l'on déporté vers la Mauritanie voisine, a rapporté
l'agence de presse norvégienne (NTB).
«M. Hagen se trouvait dans le territoire occupé du Sahara Occidental
pour rencontrer des militants des droits humains et d'anciens prisonniers
politiques, parmi eux Sidi Mohamed Daddach, qui, il y a 2 ans, avait reçu
le prix Rafto pour sa longue lutte en faveur d'un Sahara Occidental indépendant
», a précisé
la même source.
« J'ai été appréhendé dans la rue par
des officiers de police... qui m'ont demandé si j'étais M.
Erik. J'ai confirmé que c'était bien le cas et ils m'ont dit
que j'étais prié de m'entretenir avec le commissaire de police
de la ville », a déclaré Erik Hagen par téléphone
à l'agence norvégienne NTB depuis Nouadhibou en Mauritanie.
L'interrogatoire a duré plusieurs heures et était mené
par le commissaire lui-même. Le journaliste indépendant norvégien
a été accusé de soutien au mouvement de libération,
le Front Polisario.
« J'ai eu quelques heures pour faire mes bagages et j'ai été
mis dans le premier bus qui quittait la ville. Le voyage a duré 26
heures et 1000 km.
Pendant le voyage j'ai
été escorté par deux officiers de police. Ce n'est qu'en
arrivant à la frontière mauritanienne qu'ils m'ont rendu mon
passeport», a-t-il précisé.
Durant l'interrogatoire, il est apparu que les services de sécurité
marocains étaient en possession d'informations détaillées
sur le journaliste indépendant norvégien, actif également
au sein du comité norvégien de soutien au Sahara Occidental,
a indiqué la même source.
« Ils savaient ce que j'avais fait et ce que j'allais faire. Ils savaient
qui j'allais rencontrer, ils avaient mis sur écoute le téléphone
de mes personnes de contact », raconte M. Hagen.
Hagen pense aussi que des agents marocains en Norvège ont probablement
livré des informations.
« Durant l'interrogatoire ils m'ont demandé pour quelle organisation
j'avais travaillé auparavant en Norvège. Quand je les ai toutes
énumérées, ils m'ont dit qu'ils le savaient déjà
», devait-t-il ajouté.
Il mentionne
aussi d'autres faits suggérant que les agents marocains suivent de
près ce qu'écrivent lesjournalistes norvégiens.
Dans un cas,
des représentants de l'ambassade marocaine à Oslo se sont adressés
à la rédaction d'un magazine international norvégien,
avant même que le numéro soit publié. Le magazine contenait
un article sur les violations des droits humains au Sahara Occidental, dit
M. Hagen.
Les autorités
coloniales marocaines maintiennent le Sahara occidental en état de
siège permanant, interdit aux observateurs et médias étrangers,
depuis son occupation militaires en 1975 et ce malgré la présence
de l'ONU dans le territoire depuis 1991. (SPS)
010/090/666
131308 avr 04 SPS
SPS
RASD/JURISTES
L'Union des Juristes Sahraouis réclame la libération des
prisonniers sahraouis aux mains du Maroc
Genève, 13/04/2004
(SPS) L'Union des Juristes Sahraouis (UJS) a réclamé lundi,
devant la 60ème session de la Commission des droits de l'Homme à
Genève, la libération des prisonniers sahraouis aux mains
du Maroc et l'organisation d'un référendum d'autodétermination
pour le peuple sahraoui, a indiqué un communique de l'organisation
publié lundi.
Selon le texte parvenu à SPS, «la Commission des Droits de
l'Homme de l'ONU, se trouve dans l'obligation morale d'exercer des pressions
sur l'état marocain pour respecter les droits de l'homme au Sahara
Occidental conformément aux principes du droit international humanitaire».
A cet égard, l'UJS estime que le Maroc doit «établir
la vérité sur le sort des disparus sahraouis et ce par la
libération des vivants parmi eux et la restitution des dépouilles
mortelles de ceux décédés sous la torture dans les
geôles secrètes marocaines».
Rabat doit également, selon le communiqué, «libérer
inconditionnellement tous les détenus politiques sahraouis incarcérés
actuellement dans les prisons marocaines» et «respecter la convention
internationale relative à la protection des défenseurs des
droits de l'homme» ainsi que celle relative à la protection
des civils lors des conflits armés.
L'organisation réclame enfin «la levée du quadrillage
militaire, sécuritaire et médiatique que connaît le
Sahara Occidental» depuis son invasion militaire par les troupes marocaines
en 1975.
Pour l'UJS, «les violations des droits de l'homme au Sahara Occidental
ne peuvent cesser que par l'instauration de la paix dans la région.
Cette paix ne peut être réalisée que par l'organisation,
sous l'égide de l'ONU; d'un référendum d'autodétermination
permettant aux Sahraouis de se prononcer librement sur le statut politique
définitif du Sahara Occidental».
La Commission des Droits de l'Homme de l'ONU avait adopté, sans
vote, le 8 avril dernier, la résolution E/CN.4/2004/L.8 sur la question
du Sahara Occidental. La résolution a été présentée
par la Présidence de la Commission, assurée cette année
par l'ambassadeur de l'Australie Monsieur Michael Peter Floyd Smith, rappelle-ton.
(SPS)
010/090/330 131018 avr
04 SPS
|
|