SPS 001
RASD/FESTIVAL/MEDIAS
Le boycott par le Maroc du 15ème festival suscite de vives
réactions de la presse algérienne
(Envoyés spéciaux)
Alger, 12/08/01 (SPS)- La décision marocaine de retirer sa délégation du 15ème festival mondial de la jeunesse et des étudiants qui se tient à Alger du 8 au 16 août a suscité de vives réactions dans la presse algérienne parue samedi.
Sous le titre "provocation et sabotage" le quotidien "L'expression" constate que "la provocation marocaine ne semble pas du tout le fait du hasard", parce qu'elle a multiplié "les accrochages, les insultes et les invectives contre les organisateurs algériens et les participants sahraouis".
"Alors que l'un des thèmes majeurs de ce festival est la paix, la solidarité avec les peuples en lutte pour leur droit à l'autodétermination et au développement", relève le journal, les marocains ont fait la démonstration de leur sens de "la solidarité maghrébine".
Le journal constate que ce genre d'incidents dans des festivals ou des rencontres africaines, maghrébines ou internationales sont légions, puisque l'attitude marocaine est toujours marquée par "la provocation souvent violente contre les représentants du Sahara Occidental".
Pour sa part "Le Quotidien d'Oran" du samedi voit dans le retrait "prémédité" de la délégation marocaine du 15ème festival "un scénario" prévisible pour beaucoup de festivaliers. "Usant de la procédure de provocation, les marocains ont projeté leur retrait du festival avant même d'y prendre part", constate le journal.
Le retrait marocain "ne procède nullement du hasard", mais d'une tentative de "jeter le discrédit sur cet événement" sinon au-delà, "en éclaboussant l'Algérie à un moment où elle abrite un événement international qui la fuyait depuis quelques années", ajoute le journal.
L'incident est un autre élément à mettre à l'actif de cette "si difficile cohabitation au Maghreb" tant que les enjeux politiques et stratégiques de la région continuent de faire, de la part d'une partie de cet ensemble, "l'objet de surenchère" qui ne militent nullement à résoudre "un douloureux problème d'occupation coloniale", souligne le quotidien.
Pour le quotidien oranais, cet incident est venu comme pour rappeler que Rabat, mise dans une conjoncture difficile après le semé- échec de la "3ème voie" appuyée par le duo Annan - Baker sur la question du Sahara Occidental, est "prête à toutes les provocations pour impliquer la partie algérienne dans un conflit qui est et demeure maroco - sahraoui".
"Le Maroc sabote le festival" titre à la une "La Nouvelle République" qui s'attendait à ce que "e Maroc tente une manoeuvre de diversion" pour porter un coup à l'organisation du festival de la jeunesse.
Dans la manchette de sa première page, le journal s'interroge si les marocains sont des "sujets" de sa Majesté ou si ils sont des "citoyens" marocains, soulignant que la délégation marocaine a été sélectionnée parmi "des recrues de scouts et autres animateurs de petites maisons de jeunes qui chantent à longueur de journée les louanges de la monarchie alaouite".
Pour le quotidien algérois, la rencontre du festival mondial de la jeunesse est celle de "républicains" qui portent de l'espoir, de la démocratie et de la liberté, dont le préalable sine quo non est d'être conscient de son statut de "citoyen du monde et non de sujet".
"On peut chicaner les Sahraouis sur le fait d'être une petite nation par le nombre", ironise le commentateur, mais on ne peut que saluer le combat qu'ils mènent pour "être des citoyens républicains à part entière. (SPS)
010/ALG/000 120915 AOUT 01 SPS
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AI/MAROC/RAPPORT
Amnesty International relève de graves atteintes subies par
les Sahraouis
Rabat, 12/08/01 (SPS) - "Les quelques avancées apparentes en matières de droits de l'homme au Maroc ne touchent pas les Sahraouis et l'impunité est encore la règle", souligne Amnesty International (AI) dans son dernier rapport sur la situation des droits de l'homme au royaume de Mohamed VI.
Le rapport indique qu'à la fin de l'année 2000 "le sort de plusieurs centaines de personnes, dont une majorité de Sahraouis ayant "disparues" entre les milieux des années 80 et le début des années 90, n'avait pas reçu d'explications officielles".
Les autorités marocaines n'ont également pas reconnu officiellement la mort de 70 Sahraouis "disparus" qui étaient enfermés dans les centres de détentions secrets d'Agdiz, de Galat Megouna et de El Aaiun, ajoute le rapport, relevant que les violations des droits de l'homme ont touché majoritairement les Sahraouis.
L'ouverture du dossier des disparus au Maroc, constate AI, se fait au compte-gouttes et à des conditions qui répugnent à certaines familles des victimes. La gestion du dossier par le biais d'une commission d'arbitrage créée en 1999 est "lente". Quelque 148 dossiers sur 5819 demandes ont été examinés et les petits progrès n'ont guère touché "les centaines de "disparus" sahraouis pour lesquels aucun éclaircissement n'a été donné".
AI constate que la commission d'arbitrage a accordé des indemnités dans 68 cas, pour la plupart des survivants marocains de la sinistre geôle de Tazmamart. Par contre ceux qui ont perdu des proches n'ont toujours pas été indemnisé, car ils ont refusé de signer une déclaration sur laquelle ils s'engagent à respecter la décision de la commission qui vise par cette clause à leur soutirer toute possibilité de poursuite judiciaire contre les tortionnaires.
La question de l'impunité est donc au centre du problème et AI note qu'hormis cette possibilité d'indemnisation financière, la commission d'arbitrage n'a pas un mandat pour rechercher la vérité.
"Aucune enquête visant à rétablir les responsabilités n'a semble-t-il été menée au sujet des atteintes systématiquement perpétrées dans le passé; leurs auteurs présumés, y compris ceux qui ont commis des violations flagrantes sur de longues périodes, n'ont pas été différés à la justice", note le rapport 2001 de AI sur le Maroc.
Le texte relève "des centaines d'arrestations à caractère politique et une soixantaine de prisonniers condamnés à l'issue de procès inéquitables". "Cette année (2001 NDLR) encore des détenus auraient été torturés et les forces de sécurité ont souvent fait usage exécutif de la force pour réprimer les manifestants, conclut le rapport. (SPS)
010/QLG/710 121018 AOUT 01 SPS