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RASD/UNION EUROPEENNE/INTIFADA
Le Président de la République appelle l’UE à "conjurer les dangers" au Sahara Occidental




12.06.05



Chahid El Hafed, 12/06/2005 (SPS) Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, a attiré l’attention de l’Union Européenne sur "la gravité de la situation au Sahara Occidental", estimant que cela exige de l’UE "une action urgente pour éviter le pire, et conjurer les dangers", rapporte une lettre qu’il a adressé à Madame Benita Ferrero-Waldner, Commissaire Relations extérieures et politiques européennes de voisinage.

"Les graves événements qui ont eu pour théâtre les territoires du Sahara Occidental occupés" (…) ont engendré "une répression féroce et sans discernement contre des populations civiles sahraouies sans défense", ayant  pour "seul péché de manifester pacifiquement pour revendiquer le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, et leur droit à la liberté d’opinion et de mouvement", a-t-il rappelé

"Le bilan de la répression est lourd : des blessés dont plusieurs graves, plusieurs dizaines d’arrestations, des cas de disparition. En outre, la torture y est devenue une pratique courante et systématique, des domiciles ont été violés, les biens saccagés ou détruits et leurs propriétaires sahraouis expulsés", a-t-il précisé.

Répugné par "les images révoltantes de femmes bâillonnées, de jeunes piétinés par les forces de l’ordre marocaines transmises par des télévisions européennes", le Président de la République y voit "la preuve irréfutable de l’ampleur de cette répression qui n’a épargné aucune catégorie de la population sahraouie où qu’elle se trouve".

Il en déduira que qu’une telle situation est appelée "à perdurer et malheureusement à s’aggraver", tant il est vrai que ces manifestations au-delà de "la frustration et de la déception" qu’elles véhiculent face à "la passivité de la Communauté Internationale et l’abdication de l’ONU" sont avant tout l’expression "d’un rejet, on ne peut plus clair, de trois décennies d’occupation et de faits accomplis par la colonisation marocaine".

"On ne dira jamais assez que le conflit du Sahara Occidental est un problème de colonisation justiciable de l’exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination", a-t-il rappelé soulignant que le Maroc par "son intransigeance, par son refus déclaré de respecter et d’appliquer les résolutions pertinentes de l’ONU et du Conseil de Sécurité" (…)  " a réduit à néant les importants efforts déployés par la Communauté Internationale" (…) "et a empêché ainsi l’avènement d’une solution démocratique juste et pacifique du conflit".

Pour M. Abdelaziz, l’UE "ne peut et ne doit pas rester indifférente à la tragédie subie par le peuple sahraoui et aux forfaits perpétrés par le Maroc à l’endroit de celui-ci", sachant que  Rabat "est le pays qui reçoit le plus d’aide européenne de tous les pays du Maghreb, et maintient sur pied de guerre une armée de plus de 150.000 soldats au Sahara Occidental".

Il s’interrogera si l’UE "peut laisser faire indéfiniment le Maroc" alors qu’il est lié à celle-ci par des accords d’association dont "il viole les termes notamment ceux qui sont relatifs au respect des droits de l’homme et de la démocratie" et si elle continuera à coopérer avec lui "ignorant sa politique de violation du Droit et de la légalité internationale en signant de nouveaux accords de pêche et en encourageant des investissements impliquant le territoire du Sahara Occidental illégalement occupé par celui-ci".

"Il n’est plus un secret que des aides de l’Union Européenne sont détournées par le Maroc pour renforcer son dispositif militaire au Sahara Occidental avec des Radars et du matériel électronique sophistiqué", a-t-il relevé.

En outre, il appellera l’UE à condamner "la politique de répression et d’oppression menée par le Maroc contre les populations civiles au Sahara Occidental" et exiger du Maroc de "libérer tous les détenus politiques, de cesser  les pratiques de torture, et d’annuler les procès iniques contre les Sahraouis, de lever l’état de siège imposé aux territoires occupés et de permettre le libre accès à ce dernier à la presse et aux observateurs indépendants".

La lettre, dont une copie est parvenue à SPS, est également adressée à Josep Borrell Fontelles, Président du  Parlement Européen et à Jean-Claude Juncker, Premier Ministre du Luxembourg et Président du Conseil Européen, a-t-on indiqué. (SPS)

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SPS
RASD/FRANCE/ESPAGNE/MAROC/MEDIA
Le président sahraoui souligne l’échec des "solutions politiques" franco-espagnoles, titre "le Jeune indépendant"








Alger, 12/06/2005 (SPS) Le président de la République, Mohamed Abdelaziz, a lancé "un appel poignant" à la France et à son Président, Jacques Chirac, leur demander "d’essayer pour une fois la formule de l’autodétermination", pour le règlement du conflit du Sahara occidental, rapporte le quotidien algérien, "le Jeune indépendant", dans sa livraison du samedi.

Le Président sahraoui qui répondait aux questions des journalistes, en tant qu’invité du forum du journal d’El-Bilad, organisé au Centre international de presse algérien à Alger, a tenu d’emblée à "remercier vivement la société civile en France", qui réclame le respect des libertés fondamentales du peuple sahraoui et l’appuie dans son droit à s’autodéterminer librement"

Il retiendra que "si le citoyen français était informé de la réalité telle quelle (sur la question du Sahara occidental), sa sympathie nous serait sans doute acquise. Car en fait quelles sont les valeurs que nous défendons ? Ce sont bien celles concernant la liberté d’expression, les droits de l’homme, le vote libre et démocratique, la décolonisation, l’autodétermination… des valeurs que tout le monde respecte et défend", a-t-il relevé.

Cependant, déplorait-il, "la vérité reste méconnue en France, ce qui fait que la solidarité (française envers le peuple sahraoui) reste extrêmement limitée". Cela n’empêche pas que "nous valorisons grandement le rôle tenu par nos amis
Français", a-t-il ajouté.

Pour M. Abdelaziz, "la responsabilité du Gouvernement français reste grande dans ce qui se déroule au Sahara Occidental depuis 1976 jusqu’à ce jour". "Nous souhaitons saisir cette occasion pour dire au Gouvernement français et aux autres (allusion à l’Espagne) que les idées autour desquelles vous pivotez ne sont pas la solution", a-il affirmé.

"Les choses dont vous rêvez, les choses que vous tentez de faire passer à l’instar de la régionalisation, ou de l’autonomie qui, une fois est large, une autre fois restreinte… ne peuvent être la solution. Tant que vous les maintiendrez, nous ne pourrons pas évoluer", a-t-il martelé. "Le Maroc ne pourra pas avancer, la situation ne pourra pas non plus évoluer dans la région", assurait-il. Aussi, conseillait-il au Gouvernement français et au Gouvernement d’Espagne d’en finir avec les échecs.

"Vous qui, depuis 1975, avez tout essayé, sachez que la division et le partage du territoire n’a pas réglé le problème, le retrait de la Mauritanie et l’accaparement du territoire par le seul Maroc n’a pas non plus réglé le problème, de même les tentatives de présenter la question du Sahara  Occidental comme un conflit algéro-marocain, ou
comme une affaire marocaine interne", a-t-il ajouté.

Pour lui, c’est dans ce cadre qu’il faut interpréter la "solution politique" évoquée par les Français et les Espagnols. "Vous, Français, Espagnols, amis du Maroc, pour une fois, essayez autre chose, essayez ce que vous n’avez pas voulu essayer jusqu’à présent ; il est possible que ce soit là la solution".

"Essayez l’autodétermination, essayez un référendum d’autodétermination libre et démocratique. C’est là la clef !" avançait-il. Par le passé, "vous avez financé le Maroc, vous l’avez appuyé militairement, vous êtes même venus combattre à ses côtés avec vos Jaguar.

"On dit que les Sahraouis ne sont pas nombreux, soit ! On dit aussi que les Sahraouis sont pauvres, soit ! Qu’ils endurent trop, cela est vrai ! 30 ans d’endurance, les prisons, la faim, les maladies, la pauvreté, tout cela est vrai
comme il est vrai que les Sahraouis ont des droits et qu’ils sont déterminés à mourir pour leurs droits, accordez-leur leurs droits", poursuivait M. Abdelaziz, dans sa plaidoirie.

Rassurant, le Président de la République affirmera que "les Sahraouis ne peuvent constituer une menace pour la France, l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie ou l’Espagne. Ils ne constituent une menace pour personne. Ils n’ont qu’un carré de sable. Laissez-les vivre libres dans leur sable, et si vous voulez partager notre nourriture de sable, soyez les bienvenus".

S’adressant au Président français, M. Abdelaziz dira "Votre Excellence, Président Chirac, 30 ans de souffrances et de déchirements, cela est suffisant. Vaincre les Sahraouis ne vous gagnera pas en virilité. Vaincre les Sahraouis ne relève pas d’un esprit chevaleresque. Les Sahraouis n’ont ni bombes nucléaires ni armes ni terrorisme. Ce sont des gens pacifiques qui revendiquent la démocratie, cette même démocratie défendue par tous, Français, Algériens, Marocains, Espagnols, Américains", a-t-il conclu. (SPS)

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