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Le Maroc a essuyé un échec au sommet de l'Union africaine de Banjul, affirme le Président de la République

11.07.06

 

 

 

Alger, 11/07/2006 (SPS) Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, a affirmé dans les colonnes du quotidien algérois, Al Khabar, que le Maroc a essuyé un échec au sommet de l'Union africaine de Banjul et que ce dernier a renforcé la position de la RASD en son sein.

 

Dans un entretien accordé à ce journal arabophone, publié lundi, M. Abdelaziz a répondu sans détours aux questions de la journaliste, Limia F., sur des sujets d'actualité comme l'axe Rabat Paris Madrid, l'autonomie, le Corcas, le soutien militaire espagnol au Maroc, les perspectives de solution du conflit, le sommet de Banjul ou la position américaine vis-à-vis du conflit.

 

Nous reproduisons ci-après l'intégralité de cet entretien traduit de l'arabe par la SPS :

 

Question : Excellence, Monsieur le Président, vous avez adressé récemment au SG de l'ONU, Kofi Annan, un appel pour mettre fin à la répresion marocaine dans les territoires occupés. Peux-t-on savoir ce qui se passe réellement dans cette région, et si vous avez rencontré un écho pavorable du cٍté de l'ONU ?

 

Réponse : Après avoir perdu l'espoir dans les promesses de l'ONU et après avoir conlu que le Gouvernement marocain n'est pas disposé à organiser le référendum, le citoyen sahraoui, dans les territoires occupés, et même là où il se trouve au sud du Maroc, a décidé depuis le 21 mai 2005 de déclencher l'Intifada de l'indépendance pour réclamer pacifiquement son droit à l'autodétermination, la libération des prisonniers politiques sahraouis et le respect des droits humains. Les formes les plus atroces de tortures lui ont été infligées par la police marocaine, qui ont engendré des Chouhada (martyrs), des centaines de blessés parmi les manifestants, dont des dizaines ont été arrêtés. Le Maroc a également refoulé 21 délégations d'observateurs interationaux qui voulaient visiter El Aaiun. Nous avons attiré l'attention de l'ONU et l'avons appelé à assumer ses responsabilités vis-à-vis de cette situation compliquée et des pratiques barbares du Maroc. Jusqu'à présent la partie sahraouie a réussi, à travers cette Intifada, à attirer l'attention de la communauté internationale sur sa cause, surtout après que le SG de l'ONU, Kofi Annan, ait évoqué l'Intifada et son lot de répression dans son dernier rapport au Conseil de securité. Le Haut commissariat de l'ONU pour les droits humains pour sa part, a dépêché une délégation d'observateurs dans les zones occupées en plus des condamnations et autres blâmes de la part d'organisations internationales non gouvernementales.

 

Question : De nouvelles donnes sont apparues dans le dernier rapport du SG de l'ONU, présenté en avril dernier au Conseil de sécurité, qui laissent à craindre l'abandon du Plan de James Baker, la crainte est-elle justifiée ?

 

Réponse : Le plus important c'est la décision du Conseil de sécurité et comme vous le savez on n'y relève pas une tentative d'enterrer le Plan Baker. Au contraire il n'a pas entériné le chapitre consacré à cette question dans le rapport du Secrétaire général et surtout celui consacré à l'abandon du référendum. En plus la résolution du Conseil de sécurité a laissé la porte ouverte à toutes les alternatives et à plusieurs choix, dont justement le plan Baker.

 

Question : A présent que l'ONU ait clairement fait preuve de son incapacité d'exercer des pressions sur le Maroc pour organiser le référendum et de solutionner le conflit en cours et partant du soutien de l'Espagne et de la France aux manoeuvres marocaines, quelle est la prochaine initiative du Polisario pour arriver à l'indépendance ?

 

Réponse : La responsabilité de l'ONU dans la décolonisation du Sahara Occidental demeure entière. S'il est vrai qu'elle n'a pas fait ce qu'elle aurait dû faire comme pression sur le Maroc pour souscrire aux décisions du Conseil de sécurité, il n'en demeure pas moins que sa responsabilité dans la question reste entière. Actuellement nous travaillons sur trois axes. En premier lieu nous continuerons l'Intifada de l'indépendance dans les territoires occupés pour sensibiliser la communauté internationale et faire assumer à l'ONU ses responsabilités (en la matière NDLR). Deuxièmement, nous laisserons toujours la porte ouverte à la paix et continuerons à coopérer avec l'ONU pour l'organisation du référendum. Enfin, au nouveau diplomatque, nous maintiendrons le travail pour générer encore plus de soutien international.

 

Question : Les positions de l'Espagne et de la France sont claires vis-à-vis de la question, mais qu'elle est la position des Etats unis d'Amérique ?

 

Réponse : la position des USA est positive. Ils soutiennent le Plan Baker. Les USA préfèrent que le peuple sahraoui s'autodétermine. Ils ont refusé dernièrement d'entériner les accords de libre échange avec le Maroc avant d'en supprimer le chapitre relatif aux eaux territoriales sahraouies, sachant qu'aucun pays dans le monde ne reconnait au Maroc une quelconque souveraineté sur le territoire sahraoui.

 

Question : Vous avez participé récemment au sommet panafricain de Bajul, qui s'est caractérisé par la décalage dans leur position de certains pays africain, que s'est-il passé au sommet ? El qu'en est-il de la visite de Kofi Annan au Maroc en cette période ?

 

Réponse : Le dernier sommet (de l'Union africaine -NDLR)  a jeté la lumière sur la situation de la République sahraouie à travers le rapport du Secrétaire général, Alfa Omar Konaré. Le Maroc a entrepris toutes sortes de maneouvres imaginables sans pour autant réussir à faire bouger des pays contre nous, malgré que son ministre des affaires étrangères, Mohamed Benaissa, en personne, ait fait le déplacement vers la capitale gambienne, Banjul, en compagnie d'une délégation diplomatique. Ils s'attendaient à glaner des résultats de efforts annuels qu'ils ont déployés en encourageant des voix discordantes. Ils ont récolté un échec puisque le sommet a adopté à l'unanimité le rapport du Conseil exécutif relatif à la question du Sahara Occidental.

 

En ce qui concerne le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, nous nous sommes rencontrés à Banjul et il m'a fait part de son passage au Maroc avant d'arriver en Gambie. Il m'a indiqué que cette visite n'avait aucune portée politique. C'était plutôt une escale technique qui a permis à son avion de se ravitailler en kérosène. Mais le Gouvernement marocaine a saisi l'occasion pour organiser une rèception en son honneur pour faire croire à l'opinion des choses qui n'ont rien à voir avec la réalité.

 

Question : Le Conseil consultatif pour le Sahara Occidental qui vient d'ètre désigner par le royaume du Maroc a appelé le Polisario au dialogue, qu'elle est votre réponse à cet appel ?

 

Réponse : Le conflit maroco-sahraoui date de 31 ans. Après tant d'années, l'ONU est arrivée à des conclusions indéniables, tirées durant la pèriode de la guerre et aussi en ces temps de paix. La première de ces conclusions est que la question du Sahara Ocidental relève d'une décolonisation inachevée. La seconde est que les deux parties au conflit sont le Maroc et le Front Polisario. Donc il n'y a pas de place à une autre partie dans la question. Le Maroc a essayé de créer une troisième partie, mais ses tentatives ont échoué pour être dépassées par les évenements. En ce qui nous concerne, ce qu'ils appellent le Conseil cosultatif n'est autre qu'une manoeuvre marocaine parmi tant d'autres et nous ne dialoguerons jamais avec lui de quelque forme que ça soit. Cependant, je réitère notre volonté de dialoguer avec le Gouvernement marocain dans le cadre très clair qui est celui de l'ONU et sur une base bien précise, celle  du référendum d'autodétermination. Et, le fait que l'instance onusienne demeure saisie de la question, est une garantie de solution de ce conflit à travers le référendum.

 

Question : Le Gouvernement espagnol a acotroyé récemment une enveloppe de 10,5 millions d'Euro à l'armée royale marocaine pour acheter des appareils de surveillance sophistiqués dans le but de faire face à l'émigration illégale. Qu'en pensez-vous ?

 

Réponse : Nous dénonçons la politique de chantage menée par le Maroc contre l'Espagne. Le Gouvernement marocain use de la question de l'émigration illégale et celle des trois îles pour exercer des pressions sur l'Espagne afin d'influencer sa position sur la question (du Sahara Occidental -NDLR). Nous demandons au Gouvernement espagnol d'arrêter toute forme d'assistance pouvant avoir un aspect militaire ou toute autre soutien pour acheter des armes, parcequ'il (Maroc) l'utilisera, sans aucun doute, pour soutenir son effort de guerre et de répression contre le peuple sahraoui. (SPS)

 

010/090/600 111343 JUL 06 SPS

 

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