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La Fédération Internationale Des Droits de l'Homme dénonce les tortures, enlèvements et disparitions au Maroc

11.02.04


Rabat, 11/02/2004 (SPS) La Fédération Internationale Des Droits de l'Homme (FIDH) dénonce dans un rapport ''accablant'', ce qu'ont constaté ses enquêteurs sur les tortures, enlèvement, disparitions et les assassinats pratiqués à grande échelle au Maroc, a indiqué un rapport à paraître prochainement que l'hebdomadaire marocain, Tel Quel, a publié mardi.

Les enquêteurs de la FIDH ont fait ''un vrai travail d'enquête et de recoupement'', a souligné le journal, indiquant qu'ils ont rencontré '' des dizaines de personnes : victimes, familles de victimes, journalistes, militants des droits de l'homme mais aussi avocats, procureurs, ministres (dont celui de la Justice et celui des Droits de l'homme)''.

Sous le titre ''arrestations ou enlèvements'', la Fédération s'interroge pourquoi bander les yeux aux ''suspects'' arrêtés et ''pourquoi mentir à leurs familles'', citant plusieurs exemples de personnes arrêtées et maintenues en détention arbitraire dans des annexes de la DST (Direction de la Sécurité du Territoire).

''Dans le secret de Témara'' (30 Km de Rabat) et dans ''d'autres lieux de détention et d'interrogatoire''' (...) ''dans des fermes et d'autres locaux après des aménagements sommaires, comme selon certaines informations, à Tit Mellil, dans la banlieue de Casablanca'', les Marocains subissent toutes les formes de tortures physiques et morales, selon l'organisation internationale.

''Interrogatoires sous la torture, tabassages en règle, viols et/ou menaces de viol sur la famille, brûlures de cigarettes, ''falaqa'' toute la panoplie des années noires est de nouveau en usage'', relève le rapport qui ''va
bientôt circuler dans nombre d'instances internationales'', selon l'organisation.

'' La détention au secret est systématiquement associée à la torture et aux mauvais traitements et des cas de viols sont signalés'', indique le rapport ajoutant que ''d'autres détenus déclarent avoir été brûlés avec des cigarettes et suspendus pendant des heures ou soumis à la torture de l'eau ingurgitée de force'' (...) ''plusieurs détenus qui ont refusé de signer les procès verbaux d'interrogatoire ont finalement signé sous l'effet de la torture''.

Le rapport cite ''le cas, connu, de Moul Sebbat'', et de deux autres interpellés ''morts dans des circonstances troublantes'', alors que ''les droits à un procès équitable des personnes interpellées en lien avec les événements du 16 mai, tels que garantis par la législation marocaine, ont été violés de manière quasi-systématique''

''Les enquêteurs de la FIDH ont visité les cellules et le parloir de la prison d'Oukacha (Casablanca), mais on ne les a pas laissés rencontrer les prisonniers'', a indiqué l'organisation.

Décrivant cette sinistre prison, la FIDH a constaté qu' ''Il y faisait une chaleur d'étuve et l'odeur de fauve y était repoussante. Des gardiens stoïques font le va et vient dans le couloir qui sépare les grilles. D'un côté les détenus, de l'autre les familles. Deux hordes hurlantes essayent de communiquer''.

Les quatre auteurs de l'enquête de la FIDH sont des ''personnalités connues pour leur engagement en matière des droits de l'homme'', parmi lesquelles figure l'actuel Président d'honneur de la Fédération elle même, Maître Patrick Baudouin avocat à Paris. (SPS)

010/090/730 112012 fev 04 SPS


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